La Ville a réalisé une cartographie des panneaux interdits :

Saint-Denis : stop à la pub pour l'alcool près des écoles et centres de loisirs


Publié / Actualisé
90% des panneaux publicitaires dionysiens ne pourront plus faire la publicité de l'alcool. En effet, la Ville de Saint-Denis a décidé d'appliquer la réglementation qui interdit la publicité sur l'alcool à moins de 200m des écoles, des lycées et des centres de loisirs. Les services de la Ville ont donc réalisé une cartographie précise des lieux d'implantation des panneaux publicitaires afin de faciliter le contrôle de cette réglementation. Une action qui s'inscrit dans la volonté politique des élus dionysiens de lutter plus largement encore contre l'addiction à l'alcool dans le cadre du Contrat Locale de Santé. Saint-Denis serait la première ville de France à appliquer aussi strictement le respect de la réglementation, selon les élus dionysiens.
90% des panneaux publicitaires dionysiens ne pourront plus faire la publicité de l'alcool. En effet, la Ville de Saint-Denis a décidé d'appliquer la réglementation qui interdit la publicité sur l'alcool à moins de 200m des écoles, des lycées et des centres de loisirs. Les services de la Ville ont donc réalisé une cartographie précise des lieux d'implantation des panneaux publicitaires afin de faciliter le contrôle de cette réglementation. Une action qui s'inscrit dans la volonté politique des élus dionysiens de lutter plus largement encore contre l'addiction à l'alcool dans le cadre du Contrat Locale de Santé. Saint-Denis serait la première ville de France à appliquer aussi strictement le respect de la réglementation, selon les élus dionysiens.

Désormais, la Ville de Saint-Denis veut faire respecter la réglementation qui interdit la publicité pour l'alcool près des écoles et centres de formation ou de loisirs pour la jeunesse. Mais pour Ericka Bareigts, députée de la 1ère circonscription et pour Monique Orphée, ex-députée de la 6ème circonscription, la lutte contre la publicité pour l’alcool est un combat qui remonte bien avant cette première Journée sans alcool .

En 2016, dans le cadre de la loi Egalité réelle portée par la Ministre des Outre-Mer qui était alors Erika Bareigts, la députée d’alors, Monique Orphée, avait proposé un amendement visant à interdire tout affichage publicitaire concernant les boissons alcooliques à proximité d’un établissement scolaire ou centres de loisirs pour la jeunesse. Amendement qui a été intégré à la loi pour Egalité Réelle.

Une cartographie précise des panneaux publicitaires

En juillet 2017, la préfecture émettait un arrêté pour faire appliquer cet amendement sur l'ensemble de La Réunion. Parallèlement, la Ville de Saint-Denis a réalisé une cartographie précise des panneaux publicitaires concernés par l'interdiction de publicité pour l'alcool, panneaux signalés sur la carte par des points noirs. 90% des panneaux publicitaires dionysiens sont concernés.

Avec ce outil, les forces de l’ordre sont invitées à verbaliser tout contrevenant. " Le but est de protéger la jeunesse, particulièrement sensible aux messages publicitaires. Et notamment à ceux sur l’alcool, trop fréquents à La Réunion. Vous ne verrez que rarement des publicités pour des tomates, mais pour l’alcool, ça ne manque pas ", regrette Ericka Bareigts.

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La lutte contre l'alcool, un enjeu du Contrat local de Santé

Pour la Ville de Saint-Denis, cette action s'inscrit dans la suite logique du Contrat Local de Santé (CLS) que la municipalité a signé avec l'Agence régionale de Santé et la Préfecture. " L'enjeu du Contrat Local de Santé est de coordonner les acteurs dans la mise en oeuvre d'actions concrètes que proposent les associations et les divers intervenants sur le domaine de la santé et notamment de la prévention", explique Gabrielle Fontaine, élue en charge du Pôle Santé à la Ville de Saint-Denis. 

L'élue dionysienne précise que la lutte contre l'addiction à l'alcool est l'une des priorités inscrites dans le CLS : "Nous ne pouvons pas vouloir favoriser l'épanouissement de la jeunesse et la laisser face à une sollicitation publicitaire pour consommer de l'alcool lorsqu'elle sort de son établissement scolaire ou de son domicile", souligne Gabrielle Fontaine.

La Ville de Saint-Denis, via son Pôle Santé, soutient activement le réseau associatif dionysien fortement impliqué dans la lutte contre l'alcoolisme, qui organise des tournois sportifs, des journées de sensibilisation, des missions d'informations dans les Centres de Loisirs des Jeunes (CLJ).

Annuler l'exonération de taxes sur les alcools locaux

Autre sujet de bataille, soutenu par la députée Ericka Bareigts, l'application de la taxe de Droit Commun pour les alcools consommés à La Réunion. Actuellement, les alcools locaux sont taxés à minima, "un dispositif d'exonération de 80% des taxes destiné à aider les planteurs mais qui est un scandale de santé publique", dénonce le Dr David Mété, chef du service d'addictologie au CHU Nord et président de la FRAR, qui assistait à la présentation de ce dispositif de pistage des panneaux publicitaires.

A La Réunion, une bouteille de rhum peut ne coûter que 5 à 6 euros alors qu'elle coûterait plus du double en métropole", précise Ericka Bareigts, reprenant là un thème cher au Dr David Mété. Néanmoins, la députée tient à préciser que cette action contre la publicité sur l'alcool, comme la revendication d'une taxation plus dissuasive, "ne vise pas à fragiliser l'économie réunionnaise mais à protéger les jeunes et les moins jeunes de l'abus d'alcool".

Quant à Monique Orphée, elle lance un appel en direction de la Région Réunion qui bénéficie d'une taxation sur le rhum : l'ancienne parlementaire attend de la Région que cette taxation "soit utilisée au moins pour partie pour financer des actions de prévention contre l'alcool", afin de ne pas laisser la quasi-exclusivité de cette mission aux associations. 

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450 décès dûs à l'alcool chaque année à La Réunion

L’alcool à La Réunion, c’est 450 décès par an, soit des suites d’accidents, soit de violences intrafamiliales ou conjugales soit de pathologies induites par un excès de d’alcool.

La Réunion est en troisième position sur le plan national pour les arrestations pour fait d’ivresse sur la voie publique. Et en quatrième position pour le taux de décès liés à la consommation d’alcool.

On peut toujours se consoler en se disant qu’il y a donc pire que soi. Mais les élus dionysiens ne choisissent pas cette voie de facilité. Bien au contraire, ils souhaitent que d'autres municipalités réunionnaises suivent leur exemple, en se montrant draconniennes quant à l'application de l'arrêté préfectoral.

ml/www.ipreunion.com

   

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