La vigilance reste de mise :

Plus aucun cas de rougeole signalé à La Réunion depuis un mois et demi


Publié / Actualisé
Le 21 juin l'Agence régionale de santé (ARS) communiquait des chiffres inquiétants, avec 77 cas de rougeole confirmés depuis le début de l'année 2019. Une explosion : en seulement un mois, de mai à juin, 29 nouveaux cas sont apparus. Alors aujourd'hui où en est-on ? Selon l'ARS, cela fait un mois et demi que plus aucun cas n'a été signalé. Mais cela ne veut pas dire que la vigilance n'est plus de mise, bien au contraire... Avec le retour des vacances, le risque de transporter et importer des maladies est renforcé. D'autant plus que le nombre de cas relevé début juillet était de 92... la maladie continue donc de circuler et tant que la couverture vaccinale n'augmente pas, la rougeole ne pourra pas être éradiquée à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le 21 juin l'Agence régionale de santé (ARS) communiquait des chiffres inquiétants, avec 77 cas de rougeole confirmés depuis le début de l'année 2019. Une explosion : en seulement un mois, de mai à juin, 29 nouveaux cas sont apparus. Alors aujourd'hui où en est-on ? Selon l'ARS, cela fait un mois et demi que plus aucun cas n'a été signalé. Mais cela ne veut pas dire que la vigilance n'est plus de mise, bien au contraire... Avec le retour des vacances, le risque de transporter et importer des maladies est renforcé. D'autant plus que le nombre de cas relevé début juillet était de 92... la maladie continue donc de circuler et tant que la couverture vaccinale n'augmente pas, la rougeole ne pourra pas être éradiquée à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

L'île a été très impactée par la rougeole, peut-être la maladie la plus contagieuse. Le docteur Frédéric Munoz, responsable veille et alerte sanitaire à l'ARS, tient bien à le rappeler : "Un seul cas peut impacter 20 autres personnes. La circulation a été importante à La Réunion, surtout durant le mois de mars. Nous avons identifié 92 cas depuis le début de l'année. C'est un chiffre très important, il fait de notre île l'une des régions de France les plus impactées."

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Le 21 juin dernier déjà, l'ARS communiquait des chiffres alarmants avec 29 nouveaux cas détectés en un mois, faisant passer le nombre total de cas à 77 depuis le début de l'année.

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Une bonne nouvelle cependant : le nombre de cas stagne. Plus aucun cas n'a été identifié depuis un mois et demi maintenant. "C'est notamment grâce à l'information et la sensibilisation des patients, et des personnels de santé" estime le docteur. Mais la vigilance reste de mise. "Ces dernières observations sont plutôt rassurantes, mais faussement rassurantes. La vigilance doit être maintenue et il faut continuer à surveiller les signes avant coureurs."

Attention au retour de vacances

Une inquiétude : le retour des vacances. Dans un communiqué datant du 19 août, l'ARS donnait les consignes à respecter en cas de départ ou de retour d'un pays à risque sur le plan des maladies infectieuses. "En cette période de retour de vacances, le risque d'importation de maladies en provenance des pays visités est particulièrement élevé, qu'il s'agisse de maladies contagieuses comme la rougeole ou de maladies transmises par les moustiques comme la dengue, le paludisme, le chikungunya ou le zika" écrivait l'ARS Océan Indien. L'agence recommande donc aux voyageurs de retour d'une zone à risque de consulter immédiatement un médecin en cas d'apparition de signes de ces maladies.

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Pour la rougeole il est important de rappeler que les principaux symptômes sont l'éruption cutanée et la fièvre."Si on a pas été vacciné, dès qu'on observe des symtômes compatibles, il faut consulter très rapidement son médecin traitant, qui peut alors prescrire un isolement", explique Frédéric Munoz. "Mais pour rester dans cette dynamique où nous n'observons plus de cas, il n'y a pas de secret, il faut se faire vacciner", ajoute-t-il.

Objectif : 95% des habitants vaccinés

Le taux de la couverture vaccinale devrait être prochainement réévalué par l'ARS. "Sur la première vaccination on est à 95%, mais il faudrait ce chiffre là aussi pour la deuxième vaccination, puisque ce vaccin se fait en deux vagues" détaille le docteur. "Pour la deuxième vaccination on tourne pour l'instant autour de 85%". Or il faut atteindre 95% pour éradiquer la maladie.

La durée d'incubation de la rougeole est en moyenne de 7 jours mais elle peut aller jusqu'à 18 jours, on peut donc parfois mettre du temps à s'en rendre compte. Il est possible d'avoir des cas secondaires très vite à cause de la très forte contagiosité de la rougeole. "Mais si on isole pas ces personnes là, ça peut se répandre très rapidement" explique Frédéric Munoz.

Scepticisme à la française

Selon le docteur, "beaucoup de personnes pensent que c'est une maladie bénigne. C'est parfois le cas, mais la rougeole peut prendre des formes réellement graves, mortelles. C'est une maladie avant tout respiratoire, et chez la femme enceinte ou le nourrisson ça peut être fatal..."

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Le 14 mai 2019, deux médecins non vaccinés avaient d'ailleurs défrayé la chronique. Ils avaient alors contaminé 6 personnes au Centre hospitalier universtaire CHU de Bellepierre. Une situation qui avait été compliquée à gérer pour l'ARS, devant procéder en un week-end à une investigation, cas par cas, afin de comprendre qui étaient les personnels de santé responsables. Il avait également fallu vacciner en urgence une centaine de personnes, par sécurité.

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La France fait partie des pays les plus sceptiques du monde en terme de vaccins. "Les personnes 'anti-vaccins" doivent prendre conscience des risques qu'elles représentent pour les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées comme les enfants de moins de 1 an" estime Frédéric Munoz. "On doit les protéger, c'est un effort de santé publique."

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

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