Municipales 2020 :

Le casse-tête des temps de parole


Publié / Actualisé
Depuis le 3 février 2020, les médias télévisés et les radios sont soumis au principe de respect des temps de parole. Derrière cette notion se cache non pas celle d'égalité des temps de parole mais celle d'équité des temps de parole, dont les contours sont définis et contrôlés par le CSA. Ce qui peut parfois susciter l'incompréhension de candidats ou de la population qui estiment que certains sont privilégiés au détriment d'autres. On vous explique comment ça marche (Photo rb/www.ipreunion.com)
Depuis le 3 février 2020, les médias télévisés et les radios sont soumis au principe de respect des temps de parole. Derrière cette notion se cache non pas celle d'égalité des temps de parole mais celle d'équité des temps de parole, dont les contours sont définis et contrôlés par le CSA. Ce qui peut parfois susciter l'incompréhension de candidats ou de la population qui estiment que certains sont privilégiés au détriment d'autres. On vous explique comment ça marche (Photo rb/www.ipreunion.com)

Un véritable casse-tête

Mesurer le temps de parole des candidats relève d’un véritable casse-tête. Si en temps normal, les médias sont soumis au principe de pluralité, devant offrir la parole à toutes les franges du paysage politique français, les règles deviennent plus strictes à chaque période électorale. Les municipales des 15 et 22 mars prochains n’échappent pas à la règle.

Depuis le 3 février, et jusqu’au 13 mars à 23h59, la presse télévisée et les radios sont soumises à une règle particulière dictée par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), celle du respect des temps de parole. On aurait pu penser que cela signifie que chaque candidat doit avoir exactement le même temps de parole qu’un autre candidat. Cela est bien plus complexe.

Au principe d’égalité qui exigerait en effet le strict respect d’un temps de parole commun à tous les candidats, le CSA impose le principe d’équité des temps de parole, c'est-à-dire que ces médias doivent veiller à assurer aux partis et groupements politiques un temps d’intervention équitable au regard des éléments de leur représentativité.

Comment mesure-t-on l’équité du temps de parole ?

Le CSA se base sur plusieurs critères pour attribuer les temps de paroles. D’abord, les résultats obtenus lors des précédents scrutins, notamment les municipales de 2014, les présidentielles et législatives de 2017, et les européennes de 2019. Les sondages d’opinion sont aussi des indicateurs permettant aux médias de calibrer au mieux les temps de parole. Enfin, " l’animation de la campagne électorale ", et notamment la présence des candidats sur le terrain. Il n’est donc pas rare de voir  des partis

Chaque semaine, les médias adressent au CSA un décompte précis des temps de parole des candidats. C’est l’instance de contrôle qui appréciera alors si le temps de parole a été respecté, à la fin de la période de campagne électorale, ou s’il faut procéder à un rééquilibrage.

A noter que les compteurs sont remis à zéro au second tour. 

Les exceptions au principe

Contrairement à la télévision et à la radio, la presse écrite et les médias en ligne ne sont pas soumis à ce principe de respect des temps de parole. S’ils se doivent, par éthique, d’offrir la parole à tous les candidats, ils n’ont aucune obligation de rééquilibrer ce temps de parole en fonction de la taille de l’article qui est consacré à tel ou tel candidat.

Autres exception, cette fois lors des débats télévisés ou bien à la radio, où les candidats sont soumis au principe d’égalité des temps de parole. Il n’est pas rare d’entendre les journalistes indiquer aux candidats qu’il leur reste une minute de temps de parole ou bien qu’ils sont en retard par rapport aux autres orateurs. L’équilibre des temps de parole doit être, là, minutieusement respecté.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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