Un problème récurrent pour les usagers de l'Est et du Sud :

Eau trouble ou coupée, c'est la faute à la pluie


Publié / Actualisé
Comme à chaque épisode pluvieux, des usagers du Sud ou de l'Est de l'île sont confrontés à de longues coupures d'eau. Si ce que l'on appelle "l'or bleu" coule du robinet, il apparaît alors sale, marron, souvent impropre à la consommation. Pour remédier à ce problème dont se plaint une large partie de la population de ces régions, les collectivités lancent la construction d'unités de potabilisation, seul moyen de distribuer une eau claire, 365 jours par an. En attendant, les réseaux d'eau comme CISE et Sudeau demandent aux usagers de la patience et ne proposent aucune compensation financière à la gêne occasionnée.
Comme à chaque épisode pluvieux, des usagers du Sud ou de l'Est de l'île sont confrontés à de longues coupures d'eau. Si ce que l'on appelle "l'or bleu" coule du robinet, il apparaît alors sale, marron, souvent impropre à la consommation. Pour remédier à ce problème dont se plaint une large partie de la population de ces régions, les collectivités lancent la construction d'unités de potabilisation, seul moyen de distribuer une eau claire, 365 jours par an. En attendant, les réseaux d'eau comme CISE et Sudeau demandent aux usagers de la patience et ne proposent aucune compensation financière à la gêne occasionnée.

 

Pour le d'août 2017, période à laquelle les orages se font rares, le réseau de la CISE Réunion, a envoyé une dizaine d'alertes par mail précisant la dégradation de l'alimentation en eau sur de nombreux secteurs. Les communes de Sainte-Marie, les Avirons et Saint-Benoît étaient concernées. Saint-André également, après l'épisode de fortes pluies qui s'est abattue sur l'Est de l'île ce lundi, voit ses foyers consommer de l'eau marron, ou être victimes de coupures. car, selon le taux de turbidité, les services de la CISE doivent couper les vannes et arrêter la distribution. Le choix se résume donc au fait de consommer de l'eau impropre, ou de ne plus voir couler une goutte du robinet.

Certains usagers se sont résignés à ne consommer que de l'eau minérale, achetée en bouteille. Cette utilisation représente un budget, à ajouter à la facture d'eau qu'ils payent tous les mois. A Saint-André par exemple, les usagers, qui ont manifesté leur mécontentement devant les locaux de la CISE, n'ont vu aucune évolution de la qualité de l'eau qui sort de leur robinet. Florence, qui habite en couple à la Rivière du Mât les bas, ne consomme plus du tout d'eau du robinet depuis des années. "Nous achetons des packs d'eau en grande surface, des caddies entiers lors des promotions. Ensuite, on stock", explique la jeune femme. Une trentaine d'euros est à ajouter aux 60 euros de facture d'eau. Pire, certains n'osent même pas prendre de douche avec l'eau courante, cette dernière étant synonyme de boutons ou d'apparition de champignons, selon d'autres témoignages. Primilla explique avoir attrapé une maladie de peau à cause de l'eau courante, lorsqu'elle était enceinte. Cette dernière indique que sa voisine, "sous dialyse, a l'interdiction de toucher cette eau".

- La construction d'unités de potabilisation, la solution -

Les eaux concernées par une turbidité élevée sont majoritairement celles pompées en milieux naturels et zones superficielles. Résultat, ces bassins sont soumis aux aléas climatiques et l'eau devient trouble avec la pluie. " Cette coloration est générée par l’accélération et le soulèvement des petites particules que l’on peut avoir dans les bassins versants. Car nous collectons l’eau au niveau des rivières ou des courts d’eau et sur les zones superficielles" explique Alexandre Lamon, responsable de Lamon responsable du pilotage opérationnel de CISE Réunion et Sudéau, concernant le Sud de l'île. "Saint-Joseph et Saint-Philippe sont quasi-totalement alimentées par des eaux souterraines. Les usagers de ces communes ne rencontrent donc pas ces problèmes de turbidité. La commune du Tampon par contre, est majoritairement alimentée par des eaux superficielles ainsi que la commune de l’Entre-Deux". D'où les coupures récurrentes dans cette partie de l'île.

Les collectivités auraient en effet pris conscience de la qualité de l'eau défectueuse distribuée. La construction de deux unités de potabilisation est d'ores et déjà prévue par la commune de Saint-André. La première devrait voir le jour à l'horizon 2019. Un projet semblable devrait également naître dans les communes de la Casud. Mais des efforts ont déjà été fait avant la construction de la station dans la ville de l'Est, dont "les études sont déjà lancées et le marché prochainement notifié précise de son côté Jimmy Barret, responsable du service eau et assainissement de la mairie de Saint-André.

- Patience -

En 2014, "la CISE a engagé des travaux pour améliorer, pour une partie de la ville, la qualité de l’eau distribuée. Avant ces travaux, seuls 20% de la population n’étaient pas soumis à ces dégradations de la qualité de l’eau. Depuis le mois d'août 2016, suite à ces travaux, près de la moitié de la population est maintenant  alimentée par le forage et non plus par l’eau superficielle. Cela a permis aux usagers d’avoir de l’eau potable sans problème de turbidité" ajoute le responsable.

Des projets en cours de réalisation donc, mais toujours des désagréments auprès des usagers, qui n'omettent pas d'alimenter les réseaux sociaux de leurs mésaventures liées à la distribution d'eau potable. La seule chose dont peuvent se doter les usagers en attendant la consctruction des stations est la patience. Le chef d'agence Nord-Est de la CISE mesure le problème. "Je peux comprendre le désagrément que cela peut causer aux abonnés mais nous sommes obligés de couper" l'eau, après les intempéries. Mais "il va falloir attendre que l’usine de potabilisation puisse jouer son rôle. A partir de là, je peux vous assurer que l’on pourra distribuer de l’eau claire" promet Tony Espete.

Malgré les dysfonctionnements essentiellement liés à la météo, la collectivité Saint-Andréenne constate que son plan de réduction de la consommation d'eau porte ses fruits. En appliquant le principe du "pollueur-payeur", la commune constate que la consommation moyenne des abonnés de Saint-André a diminué ces dernières années. "En 2015 nous étions à 220 mètres cube d’eau par abonné consommée. Nous en sommes aujourd’hui à 205" termine Jimmy Barret.

Sans doute une maigre consolation pour les usagers régulièrement privés d'eau. D'autant que leur factures ne baissent pas les distributeurs ne prévoyant aucune compensation financière en cas de coupures.

jm/www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !