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Cinéma : la place vous coûtera (sans doute) plus cher !


Publié / Actualisé
Entrée en vigueur le 1er janvier 2016 dans les Outre-mer, la TSA, taxe spéciale additionnelle menace le secteur du cinéma ultramarin. Progressive, chaque année, elle gagne des coûte plus cher aux exploitants de salles obscures. Ils affirment n'avoir d'autre choix que de répercuter son coût sur le prix des billets.
Entrée en vigueur le 1er janvier 2016 dans les Outre-mer, la TSA, taxe spéciale additionnelle menace le secteur du cinéma ultramarin. Progressive, chaque année, elle gagne des coûte plus cher aux exploitants de salles obscures. Ils affirment n'avoir d'autre choix que de répercuter son coût sur le prix des billets.

La TSA, taxe spéciale additionnelle kézako ?

En métropole, elle existe depuis 1948. Jusqu’au 1er janvier 2016, elle ne s’appliquait pas dans les Outre-mer. Perçue par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), elle permet de mutualiser les fonds des exploitants de salles de cinéma pour soutenir la production française et la modernisation des petites salles partout sur tout le territoire. En 2022, elle devrait s’aligner au taux métropolitain de 10,72% du chiffre d’affaire des exploitants. En 2019, elle sera de 4% dans les Outre-mer.

Le SECOM vent debout contre la TSA

Jusqu’ici, le SECOM, le très discret syndicat des exploitants de salles de cinéma d’Outre-mer faisait plutôt profil bas, mais cette fois, il s’insurge. L’objet de la grogne : un rapport de l’inspecteur des finances sur l’impact de la Taxe Spéciale Additionnelle (TSA) dans les Outre-mer transmis le 20 octobre dernier au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Ce document, les exploitants de salles de cinémas n’ont pas encore pu le consulter, ce qu’ils demandent ardemment. Car ce rapport peut tout changer, il pourrait leur servir de base à la demande d’un taux réduit de la TSA si il prouve que la taxe est à l'origine d'une désertification des salles obscures. 

Qu’en pensent les exploitants de cinéma réunionnais ?

Grégoire Cordeboeuf, le directeur du Cinepalmes s’est récemment rapproché du SECOM. Il s’agace "Les recettes de cette taxe ne restent pas à La Réunion, elles servent à financer et à moderniser les petites salles en métropole." La TSA a eu un impact direct sur le prix de la place au Cinépalmes. En 2017, le billet est passé de 9 à 10 euros. "Nous n’avions pas le choix" affirme Grégoire Cordeboeuf, "cette taxe augmente chaque année et nous avons fait le calcul, si rien n’est fait, les réunionnais paieront la place de cinéma entre 12 et 15 euros en 2022." Le directeur botte en touche sur une possible hausse du prix de la place en 2019 "nous n’avons encore rien décidé" finit-ll.

Yves Éthèves, le propriétaire du Ciné Cambaie n’a pas adhéré au SECOM "du fait du conflit d’intérêts nécessairement existant, étant précisé que ce syndicat a pour adhérent un vice-président auto-proclamé  et concurrent direct des sociétés du groupe ETHEVE qui, de manière quotidienne et acharnée, mène à son encontre une politique de déstabilisation commerciale et judiciaire." Yves Éthèves, lui, se dit favorable à l’instauration de la TSA dans le département "l’application de cette taxe est également essentiel du fait des aides pouvant être allouées en accompagnement des projets de développement dans ce domaine, La Réunion souffrant d’un sous-équipement en termes d’écrans et à fortiori d’un accès aux films limité, fragilisant l’accès à la culture pour tous." Cette année, la place est passée de 9 à 9,40 euros au Ciné Cambaie. "En 2019, on restera à 9,40 euros au premier semestre, après on verra… Si hausse il y a, ce sera 9,90 ou 10 euros la place, pas plus. Et cela n’est lié en rien à la TSA, ce sera pour proposer aux réunionnais des équipements dernier cri." explique Yves Éthèves. 

Que veut le SECOM ?

Si deux vision s’opposent à La Réunion, le SECOM, lui, est remonté et se pose des questions "le CNC veut la fermeture des cinémas des DROM ?". Le SECOM mène un combat au niveau national et européen. Ce qu’il veut : le gel de la TSA à 3%. Mais le gouvernement ne semble pas décidé à reculer, la sénatrice Nassimah Dindar a interpellé la ministre de la Culture en mai dernier à ce sujet, la réponse est tombée en septembre et elle est sans appel, l’extension de la TSA aux Outre-mer y est décrite comme étant "la seule solution pour enrayer l'appauvrissement de l'offre cinématographique dans les départements d'outre-mer (DOM), remédier à son manque de diversité et au sous-équipement en salles de cinéma."

Le fameux rapport que réclame le SECOM pourrait peut-être changer la donne…

fh/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Godard, depuis son mobile, Posté
équipement dernier cri certes mais programmation d une pauvreté à en pleurer
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