Tribune libre d'Huguette Bello :

Bruny Payet, "c'est un monument du monde politique et syndical qui s'en va"


Publié / Actualisé
C'est un Monument du monde politique et syndical qui s'en va. Bruny Payet a marqué fortement l'Histoire de La Réunion tant sa contribution est importante. Bruny Payet est un grand combattant de la liberté et de la démocratie. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
C'est un Monument du monde politique et syndical qui s'en va. Bruny Payet a marqué fortement l'Histoire de La Réunion tant sa contribution est importante. Bruny Payet est un grand combattant de la liberté et de la démocratie. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Résistant, il a combattu le nazisme et le fascisme en s’engageant dans les Forces Françaises Libres. Lieutenant de vaisseau, à la fin de la guerre, sa soif de connaissances le mène à l’Ecole Supérieure d’Electricité de Paris dont il fut le premier ingénieur Réunionnais.

En plus d’être un homme politique soucieux de l’intérêt général, conseiller général, conseiller régional, et un gestionnaire reconnu en tant que secrétaire général de mairie, Bruny Payet s’est dévoué corps et âme à la cause des travailleurs à qui il a apporté grandeur et fierté. Homme d’action d’une grande rigueur, il a porté et concrétisé, par ses nombreux combats, l’espoir d’un monde meilleur pour les travailleurs.

Il a porté haut les valeurs progressistes et mené tous les combats ; avec les travailleurs pour sauver l’usine de Quartier Français, pour l’égalité du SMIC qui en 1970 n’était qu’à 68% du SMIC métropolitain et ce combat de 50 années a abouti enfin en 1996 ; pour le 20 décembre chômé et férié ; contre la déportation de 631 enfants et aussi de travailleurs dans le cadre du Bumidom ; contre l’ordonnance scélérate exilant des fonctionnaires réunionnais. Contre l’apartheid et pour la fermeture du Consulat d’Afrique du Sud ; pour " l’Océan Indien zone de paix " et contre la création d’une base militaire à Pierrefonds, dans le sud de l’île, et d’une base de radionavigation du système mondial américain Oméga à Saint-Paul ; Ce ne sont là que quelques exemples des nombreuses luttes menées par Bruny Payet.

Il a dévoué sa vie pour la cause des travailleurs et la défense de leurs droits avec un acharnement qui lui a valu oppression et répression mais jamais il n’a courbé la tête. Même lorsque le 6 juin 1968, le préfet Vaudeville ordonna l’assaut du siège de la CGT à la Cour Basil à Saint-Denis pendant la grève illimitée déclenchée le 27 mai pour l’égalité du SMIC.

Les hautes qualités humaines de Bruny Payet expliquent le respect et l’admiration que La Réunion lui porte. Homme à principes, homme simple et désintéressé, il incarne l’exemplarité, la ténacité et le courage de l’Homme réunionnais. Il est une référence de probité pour tous ceux qui aspirent à des responsabilités ou les ont en charge.

J’en appelle à Nelson Mandela afin qu’il dise avec nous, à l’intention de Bruny Payet : " Pour être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes... c’est vivre de manière à respecter et renforcer la liberté des autres. " Bruny, tu as été, tout au long de ta vie, un homme libre, un Réunionnais libre. Merci à toi, Bruny, d’avoir respecté, fait respecter et renforcer la liberté de tes sœurs et frères.

Que la jeunesse réunionnaise suive ton exemple !

J’adresse toute mon affection et mes condoléances attristées à ta famille, à tes proches.

Huguette Bello

   

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