Covid-19 (actualisé) :

La Haute autorité de santé recommande de vacciner en premier les résidents des Ehpad


Publié / Actualisé
Alors que la vaccination est au coeur des préoccupations scientifiques actuelles dans la lutte contre la Covid-19, la Haute autorité de santé (HAS) donne des premières recommandations sur les populations à cibler en premier. Pour l'autorité sanitaire, il faut avant tout vacciner les personnes âgées et plus précisément les résidents des EHPAD. Une stratégie qui pourrait permettre de limiter le nombre d'hospitalisations graves et de décès afin de soulager aussi le système de santé. (Photo d'illustration AFP)
Alors que la vaccination est au coeur des préoccupations scientifiques actuelles dans la lutte contre la Covid-19, la Haute autorité de santé (HAS) donne des premières recommandations sur les populations à cibler en premier. Pour l'autorité sanitaire, il faut avant tout vacciner les personnes âgées et plus précisément les résidents des EHPAD. Une stratégie qui pourrait permettre de limiter le nombre d'hospitalisations graves et de décès afin de soulager aussi le système de santé. (Photo d'illustration AFP)

Qui protéger en priorité ? "Les plus vulnérables et ceux qui s'en occupent", a résumé lundi la présidente de la Haute autorité de santé (HAS), Dominique Le Guludec, au cours d'un point presse en ligne. Dans cette optique et sans grande surprise, la HAS a préconisé que les personnes âgées vivant dans les Ehpad, environ 750.000 personnes, et les salariés de ces établissements présentant "un risque de forme grave" en raison de leur âge ou de leur santé, soit 90.000 à 100.000 personnes, soient visés par la première phase de vaccination.

Avec plus de 16.000 morts parmi leurs résidents (sur un total de 52.000) et des restrictions de visites drastiques des familles, les Ehpad ont payé un très lourd tribut à l'épidémie de Covid-19.

Les personnes âgées concernées doivent l'être selon l'autorité "à l'arrivée des toutes premières doses" peut-on lire dans le communiqué de la HAS, "compte tenu du nombre limité de doses qui seront disponibles au démarrage de la campagne de vaccination". Ces recommandations "seront à actualiser et à adapter en fonction des données sur chaque vaccin, de leur disponibilité effective et des tensions éventuelles sur l'approvisionnement".

- Une vaccination en cinq phases -

• Pour cette future campagne de vaccination, l'autorité sanitaire définit "cinq phases progressives" avec une ligne directrice: "protéger en priorité les plus vulnérables et ceux qui s'en occupent", a expliqué sa présidente Dominique Le Guludec au cours d'un point presse en ligne. La vaccination des résidents des EHPAD serait donc la première phase.

• La deuxième phase devrait concerner l'ensemble des personnes âgées, en commençant par "les personnes ayant plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans", ainsi que les "professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans" ou présentant un facteur de risque de forme grave.

• Dans une troisième phase, suivraient "l?ensemble des personnes de plus de 50 ans ou de moins de 50 ans mais à risque de forme grave du fait de leurs comorbidités" ainsi que "l?ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social" et les "professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays" (sécurité ou éducation par exemple).

• La HAS recommande d'élargir dans un quatrième temps aux "professionnels dont l?environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos...)" et aux "personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d?infection par la Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus...)".

• Enfin, dans une cinquième et dernière phase, "sous réserve que les allocations de doses vaccinales auront été suffisantes pour vacciner chacune des populations prioritaires, la vaccination des personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité pourrait alors être initiée".

- Défi -

Emmanuel Macron avait assuré que la première étape commencerait "vraisemblablement dès fin décembre, début janvier, sous réserve de validation par les autorités sanitaires", en premier lieu l'Agence européenne du médicament (EMA), qui examine trois candidats vaccins (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca/Université d'Oxford). Les groupes pharmaceutiques ont rivalisé d'annonces prometteuses sur leur efficacité, mais sans publication scientifique détaillée.

Le Premier ministre, Jean Castex, a aussi promis jeudi que "la stratégie et l'organisation que nous mettons en place pour le vaccin" seraient présentées cette semaine, alors que des questions restent posées sur le rôle confié aux médecins généralistes et aux collectivités territoriales.

Une telle campagne de vaccination représente un défi logistique énorme, pour l'approvisionnement et le stockage des vaccins - ceux de Pfizer et Moderna nécessitent d'être conservés à très basse température - ainsi que pour toucher les populations concernées. Le gouvernement est aussi placé devant un défi de taille: convaincre de l'utilité et de l'efficacité d'un vaccin, alors que les enquêtes d'opinion font état d'une population réticente.

- La vie normale -

"Je pense que les choses vont évoluer à partir du moment où les vaccins seront disponibles, administrés", a espéré la présidente de la HAS. "Probablement que là, il va y avoir autre chose qui se passera, il va y avoir une information concrète. Là on est dans du spéculatif, avec beaucoup de fausses informations qui circulent", a ajouté Dominique Le Guludec.

Dans tous les cas, le retour à une vie normale prendra plusieurs mois. Pas avant "l'automne" 2021 et à condition que "80 à 90%" de la population se fasse vacciner, avait estimé la semaine dernière l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, qui guide les choix du gouvernement.

D'ici là, le risque d'un rebond épidémique et d'une troisième vague n'est pas écarté, avertissent les experts sanitaires. Dimanche, 9.784 nouveaux cas positifs avaient été enregistrés dans les 24 dernières heures par Santé publique France, loin du pic de près de 60.000 nouveaux cas comptabilisés en moins de 24 h début novembre. Le nombre d'hospitalisations liées au Covid-19 est stable, avec 28.284 patients dimanche (contre 28.139 samedi et 28.620 vendredi), après un pic de plus de 33.000 le 16 novembre.

La France a pu entamer une nouvelle phase de confinement allégé ce week-end, avec la réouverture des commerces et des limitations de déplacement pour se promener un peu moins strictes (3h et 20 km contre 1h et 1km depuis le 30 octobre). Emmanuel Macron a annoncé que si la situation s'améliore, en fixant l'objectif de 5.000 contaminations par jour, ce serait au tour des cinémas, théâtres et musées de rouvrir au 15 décembre, quand seront également supprimées les restrictions de déplacement en prévision des fêtes de fin d'année. Dimanche, le gouvernement a subi un nouveau camouflet, le Conseil d'Etat lui ordonnant de revenir "dans les trois jours" sur sa mesure limitant les cérémonies religieuses à 30 personnes.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com avec AFP

   

4 Commentaire(s)

Joseph, depuis son mobile, Posté
C'est dans ce genre de structures qu'ils ont trouvé bon, pour pratiquer le 1er essai de leur vaccin. C'est un labo actuel ouvert. J'espère que les familles suivront ça de très près.
Bouli, Posté
Que si le vaccin tue dans les hepad ça ne se verra pas malin les voyous
Lola, Posté
Messieurs dames n'oubliez pas que ceux qui ont inventés les fameux vaccins n'en porteront pas la résponsabilité en cas d'effet indésirable cela a été voté il y a peu de temps.
Lola, Posté
voyez combien les complotistes avaient raison , depuis le début ils l'annonçaient que cela allait arriver