Grève dans l'Éducation nationale :

20 000 personnes dans la rue


Publié / Actualisé
Plus de 20 000 personnes selon les organisateurs sont descendues dans les rues de Saint-Denis ce mardi 15 avril 2003 pour protester, notamment, contre le projet gouvernemental de transférer la gestion du personnel non - enseignant de l'Éducation nationale aux collectivités locales. Il s'agit de la plus grande manifestation de ces 20 dernières années à La Réunion
Plus de 20 000 personnes selon les organisateurs sont descendues dans les rues de Saint-Denis ce mardi 15 avril 2003 pour protester, notamment, contre le projet gouvernemental de transférer la gestion du personnel non - enseignant de l'Éducation nationale aux collectivités locales. Il s'agit de la plus grande manifestation de ces 20 dernières années à La Réunion
"Je n'avais plus vu autant de monde dans la rue depuis 1981 et la manifestation contre le projet d'assemblée unique" commente un officier de police en contemplant la marée humaine qui a envahi la rue de Paris. Les représentants de l'intersyndicale (CGTR, FO, FSU, SGEN-CFDT, UNSA) ne cachent pas leur joie. "On s'attendait à une grosse mobilisation, mais à ce point-là, cela toutes nos espérances" lance un syndicaliste. En effet, les syndicats avaient misé sur la venue de 10 000 manifestants. Ils ont été au moins deux fois plus.Ils étaient en effet, plus de 20 000 personnes (15 000 selon la police), ce qui fait de cette manifestation la plus importante de ces deux dernières décennies en termes de participation.
Le rassemblement a commencé à partir de 9 heures devant les grilles du jardin de l'État. À 9 heures 45 alors que le départ du défilé n'avait pas encore été donné, la police demandait aux organisateurs de faire avancer la tête du cortège afin de permettre aux milliers de manifestants bloqués dans les rues avoisinantes d'arriver à proximité du jardin.

"Raffarin larg lo frin"

La foule grossissait à vue d'?il au fil des minutes. Au son des roulèrs (tambours) le cortège prenait son vrai départ vers 10 heures 20. Porté par quatre manifestants, un cercueil où les mots "l'Éducation nationale selon Saint-Luc (Ferry - ndlr), ouvrait la marche. "Oté Raffarin rouve la port, Réyoné lé dann shomin" (hé, Raffarin ouvre la porte, les Réunionnais sont dans la rue - en créole réunionnais) et "Raffarin larg lo frin" (Raffarin lâche le frein) ont été les slogans les plus appréciés.
Tout au long de la rue de Paris des centaines de manifestants, retardés par les embouteillages à l'entrée de Saint-Denis, rejoignaient la foule déjà compacte du cortège. La tête de la manifestation arrivait sur les pelouses de la préfecture à 11 heures 15. Au même moment, la queue du défilé se trouvait encore au jardin de l'État. Elle arrivera sur le Barachois trois quarts d'heure plus tard.

Poursuite de la grève

Les dirigeants de l'intersyndicale annonçaient alors que la poursuite du mouvement de grève "au moins pour mercredi et jeudi. Un représentant du gouvernement (Gilles de Robien, ministre des transports - ndlr) sera dans l'île. Il est évident que nous allons lui faire entendre notre voix" notait un syndicaliste. "Après les vacances de pâques, le comité de coordination trouvera le juste mot d'ordre pour continuer l'action" ajoutait-il.
Une délégation de l'intersyndicale a ensuite remis au préfet une motion dans laquelle notamment "le maintien au sein de la fonction publique d'État" et "le réexamen complet du dossier de réforme des retraites".
Dans un communiqué rendu public en fin de matinée, le préfet, Gonthier Friederici, note que le projet de transfert ne concerne que les personnels ATOS (agents techniciens ouvriers de service) et non par le personnel enseignant. Au nom du gouvernement, il propose qu'une "commission locale associant les élus, les représentants des personnels et des parents d'élèves soit rapidement constituée pour veiller" à la prise en compte "des fortes contraintes de l'Éducation nationale à la Réunion tant dans la procédure d'élaboration et de discussion du projet de loi à partir de fin mai". Le préfet termine en indiquant que "des adaptations, législatives et /ou réglementaires pourront être proposées en ce sens".
   

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