Grève dans l'Éducation nationale :

Ralé-poussé devant la préfecture


Publié / Actualisé
Moment de tension ce jeudi 17 avril 2003 après-midi au Barachois à Saint-Denis. Alors que le ministre des Transports, Gilles de Robien, se trouvait à l'intérieur de la préfecture en compagnie des parlementaires, les gendarmes sont intervenus pour faire dégager les abords du bâtiment où se trouvaient des centaines de grévistes de l'Éducation nationale. Deux personnes ont été interpellées
Moment de tension ce jeudi 17 avril 2003 après-midi au Barachois à Saint-Denis. Alors que le ministre des Transports, Gilles de Robien, se trouvait à l'intérieur de la préfecture en compagnie des parlementaires, les gendarmes sont intervenus pour faire dégager les abords du bâtiment où se trouvaient des centaines de grévistes de l'Éducation nationale. Deux personnes ont été interpellées
Il fallait s'y attendre la deuxième dernière journée de visite à La Réunion de Gilles de Robien, ministre de l'Équipement, des transports et du logement, a été marquée par plusieurs manifestations du personnel de l'Éducation nationale. En grève depuis le lundi 7 avril 2003, les manifestants protestent contre le projet de transfert du personnel non - enseignant de l'Éducation nationale aux collectivités locales et contre le projet d'alignement des retraites du public sur celle du privé.
Tôt jeudi matin 400 manifestants se sont massés devant la mairie de Saint-Louis (Sud) où le ministre était attendu pour une présentation par le maire saint-louisien, Cyrille Hamilcaro, des projets d'aménagement de la commune. Comme la veille à la DDE (direction départementale de l'Équipement) le représentant du gouvernement a fait son arrivée sous les huées des grévistes mais également sous une pluie diluvienne.
Au même moment à Saint-Denis 200 manifestants, dont beaucoup de personnels ATOS (agents techniciens ouvriers de service) de l'Université faisaient le tour des Facultés pour faire cesser les cours. Le doyen de l'Université prenait alors la décision de faire fermer le campus.
Satisfaits, les manifestants rejoignaient alors leurs collègues qui se trouvaient déjà sur les pelouses de la préfecture au Barachois.

Grand pique-nique

L'intersyndicale avait en effet, appelé les grévistes à "un grand pique - nique républicain" pour faire écho au "déjeuner républicain" auquel Gilles de Robien avait convié les parlementaires.
Un important dispositif de sécurité avait été déployé, mais l'ambiance était plutôt bon enfant. Si certains parlementaires, René-Paul Victoria le député-maire UMP de Saint-Denis par exemple, étaient copieusement sifflés par les grévistes, certains étaient chaleureusement applaudis. Ainsi c'est sous les applaudissements et les cris d'encouragement que la députée communiste Huguette Bello a traversé la foulé avant d'entrer en préfecture. Et pour cause, dès le début du conflit, le parti communiste réunionnais a pris position contre "l'absence de concertation imposée par le gouvernement".
La tension a commencé à monter vers 13 heures 30 lorsque le convoi ministériel en provenance du stade de la caserne Lambert (où Gilles de Robien est arrivé en hélicoptère) est entré dans la cour de la préfecture en évitant les manifestants. Ces derniers ont alors rapidement contourné le cordon de gendarmes mobiles et ont pris position devant les deux entrées du bâtiment aux cris de "Raffarin démission". Une partie des grévistes débordait sur la chaussée entravant de fait la circulation mais ne l'interdisant pas. Du coup de nombreux automobilistes klaxonnaient en signe de soutien en arrivant au niveau du groupe de manifestants.
Une heure plus tard, ordre était donné aux gendarmes de faire dégager la rue et les abords du bâtiment. Ce qui a été fait sans ménagement mais sans heurts non plus. La police a toutefois procédé à l'arrestation de deux manifestants relâchés quelques heures plus tard.

"Ne pas se laisser impressionner"

L'intervention des forces de l'ordre a fortement déplut à l'intersyndicale. "Nous n'avons commis aucune dégradation, il est scandaleux que nous soyons traités comme nous l'avons été, mais il n'est pas question que nous nous laissions impressionne" s'insurgeait Vincent Cellier de la FSU en appelant au durcissement du mouvement.
Lorsqu'il a quitté la préfecture vers 15 heures 15 pour se rendre à la DDE, Gilles de Robien a encore longuement été hué. Margie Sudre, députée européenne UMP, a subi le même sort lorsqu'en sortant du bâtiment, elle a voulu aller à la rencontre des manifestants. Elle n'a pas pu s'exprimer. Huguette Bello par contre a encore été applaudie. "À chaque fois que ce gouvernement dit qu'il veut la concertation, cela se terminer dans la rue. C'est bien la preuve que dans ce dossier comme dans d'autres il veut agir par diktat et la fonction publique a raison de se mobiliser contre cela" disait-elle sous les applaudissements des manifestants.
Vers 15 heures 30 Gilbert Romain, porte-parole de l'intersyndicale, appelait à "une grande manifestation" à Saint-Pierre le mercredi 23 avril. "Si au lieu de nous écouter le gouvernement persistait dans l'attitude qui a été la sienne aujourd'hui, alors il faudra que chacun prenne ses responsabilités" disait-il.
La grève est bien entendu reconduite jusqu'à cette date.
   

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