Grève dans l'Éducation nationale :

Le rectorat bloqué


Publié / Actualisé
En réponse aux propos de Luc Ferry n'excluant pas le recours à la force en cas de perturbation des examens, 500 grévistes de l'Éducation nationale ont bloqué les accès du rectorat vendredi 30 mai 2003 toute la journée. Une bousculade avec la police a eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu pénétrer dans le bâtiment. Les esprits se sont ensuite calmés. L'intersyndicale appelle à la manifestation le mardi 3 juin à Saint-Denis et à Saint-Pierre
En réponse aux propos de Luc Ferry n'excluant pas le recours à la force en cas de perturbation des examens, 500 grévistes de l'Éducation nationale ont bloqué les accès du rectorat vendredi 30 mai 2003 toute la journée. Une bousculade avec la police a eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu pénétrer dans le bâtiment. Les esprits se sont ensuite calmés. L'intersyndicale appelle à la manifestation le mardi 3 juin à Saint-Denis et à Saint-Pierre
Les premiers grévistes sont arrivés devant le rectorat vers 6 heures du matin. Des groupes se sont formés devant les trois entrées du bâtiment empêchant toute entrée ou sortie. Les personnels non grévistes ne pouvaient entrer et les vigiles se trouvant à l'intérieur ne pouvaient sortir.
Chez les grévistes se sont évidemment les propos de Luc Ferry, ministre de l'Éducation nationale, qui étaient au centre des commentaires. Alors qu'il assistait jeudi 29 mai 2003 au 84e congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) en Moselle, Luc Ferry, ministre de l'Éducation nationale, n'a pas exclu le recours aux forces de l'ordre en cas de perturbation des examens par les grévistes de l'Éducation nationale. Il a qualifié la situation dans l'île de "presque insurrectionnelle". Il avait ajuté "La Réunion a toujours voulu être traitée comme le reste de la Métropole (...) la fermeté sera de mise là-bas comme ailleurs".

Tension

Les grévistes n'ont pas du tout apprécié. "On se demande sur quoi se base Luc Ferry pour dire que nous sommes en état d'insurrection. Franchement, vous trouvez que nous avons l'air d'insurgés avec nos bouteilles thermos pleines de thé et nos sandwichs?" plaisantait un gréviste.
Le climat plutôt bon enfant s'est brusquement tendu à l'arrivée d'un fourgon de police devant l'un des portails. Tapant dans leurs mains et Scandant "la police avec nous", les grévistes se sont assis devant les grilles pour empêcher le véhicule d'entrer à l'intérieur. Le policier qui se trouvait au volant n'a pas hésité. Il a littéralement foncé dans la foule acculant les manifestants contre les grilles. C'est finalement grâce au sang-froid des grévistes que les choses n'ont pas dégénérées.

Cachée dans les feuillages

Mais un regain de tension a eu lieu vers 9 heures lorsque les gardes mobiles ont pris position à proximité des entrées. Une demie -heure plus tard, le ton est franchement monté. Les gendarmes ont essayé d'entrer dans le rectorat par le portail situé côté université. Les manifestants s'y sont opposés. Après un rapide ralé poussé, les gendarmes se sont repliés. Ils sont finalement entrés dans l'enceinte du bâtiment par une porte dérobée située au fond d'un chemin de terre et cachée par les feuillages.
Le reste de la journée s'est déroulé sans incident.
En fin de matinée, le recteur Christian Duverger, a été reçu par le préfet. Les représentants de l'intersyndicale les ont rejoints un peu plus tard. Les discussions ont débouché sur un nouveau constat de désaccord entre les deux parties. Le recteur a confirmé que si le travail ne reprenait pas au rectorat d'ici lundi, il serait impossible d'organiser le bon fonctionnement des examens et notamment du bac. Il a également indiqué que toutes les mesures avaient été prises pour assurer le déroulement des examens sans avoir recours "à la force et la coercition".
Les syndicalistes ont estimé que la responsabilité d'une éventuelle perturbation des épreuves serait à mettre au compte du gouvernement et de son "intransigeance".
Les épreuves du du CAP sont prévues pour le lundi 2 juin au matin. Le bac devrait avoir lieu à partir du 13 juin.

Deux manifestations

Dans une conférence de presse tenue en milieu d'après-midi, les syndicats ont une nouvelle fois appelé au durcissement du mouvement et ont maintenu les mots d'ordre de manifestation pour le mardi 3 juin à Saint-Denis et à Saint-Pierre.
Au même moment, le recteur recevait au lycée de Bellepierre une soixantaine de chefs d'établissements du secondaire pour faire avec eux le point de la situation. Une cinquantaine de grévistes se sont rendus sur place. Il n'y a pas eu de tension. Par ailleurs, les locaux du conseil général à Saint-Pierre ont été occupés par quelque 200 manifestants.
Les grévistes ont prévu de rester devant le rectorat - un piquet de grève dormira sur place -, jusqu'à lundi au moins.
   

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