Fin de la grève des employés communaux :

"Avancée vers la titularisation"


Publié / Actualisé
Les employés communaux ont suspendu leur mouvement de grève ce mardi 17 février 2004. Un groupe de travail réunissant les syndicats, les maires et l'État définira le contenu et les modalités d'un plan de titularisation des agents. "C'est une grande avancée" a estimé Jean-Pierre Rivière, porte-parole de l'intersyndicale CFDT, CGTR, FO, SAFPTR, UNSA. Les journaliers communaux étaient en grève depuis lundi
Les employés communaux ont suspendu leur mouvement de grève ce mardi 17 février 2004. Un groupe de travail réunissant les syndicats, les maires et l'État définira le contenu et les modalités d'un plan de titularisation des agents. "C'est une grande avancée" a estimé Jean-Pierre Rivière, porte-parole de l'intersyndicale CFDT, CGTR, FO, SAFPTR, UNSA. Les journaliers communaux étaient en grève depuis lundi
Répondant à l'appel lancé la veille par l'intersyndicale plusieurs centaines d'employés communaux (plus d'un millier selon les organisateurs, 400 selon la police) se sont rassemblés dans les jardins de la préfecture dès le début de la matinée avec le même mot d'ordre "titularisation des journaliers communaux". Dans un premier temps, il était question de défiler jusqu'au siège de l'association des maires situé quelques centaines de mètres plus loin. Comme la veille, les locaux sont restés fermés et soigneusement gardés par les gendarmes mobiles. Les grévistes ont finalement décidé de rester sur place.
L'ambiance était un peu plus tendue que la veille. Une partie des grévistes ont commencé à bloquer la circulation en face de la préfecture. Les dirigeants syndicaux sont rapidement intervenus. "Une rencontre avec l'association des maires et le préfet est prévue pour 11 heures. Attendons de voir ce que vont donner ces négociations avant de durcir notre mouvement" conseillait Lucet Gangnant de l'UNSA.

Acclamations

L'arrivée de Jean-Yves Langenier et de Maurice Gironcel, respectivement maire communiste du Port et de Sainte-Suzanne allait désamorcer la tension. Sous les acclamations des manifestants, les deux élus entraient dans la préfecture pour assister à la réunion avec le préfet et les syndicats. "Nous comprenons parfaitement la revendication et la grève des employés communaux. Demander à être titulariser est tout à fait légitime. Nous devons trouver des solutions afin que cette titularisation puisse se faire dans les plus brefs délais" notait le maire du Port. Sa ville fait partie des 11 communes qui ont aligné les salaires et les grades des employés non-titulaires sur la grille de la fonction publique territoriale de métropole. Seul reste à régler dans ces villes le versement du sur salaire appliqué à La Réunion à toutes les rémunérations de la fonction publique. "C'est l'État qui a fixé cette règle, il est donc logiquement qu'il supporte la charge financière représentée par cette charge. Car il est évident qu'aucune commune n'a les moyens d'assumer cette charge" disait encore Jean-Yves Langenier. "L'État se doit donc de participer à la réflexion en vue de trouver une solution réaliste à ce problème complexe" ajoutait-il.
Bruno Mamindy-Pajany, maire divers droite de Sainte-Rose, arrivait en préfecture peu de temps après. Il était lui aussi acclamé. Fridelin Courtois, premier adjoint au maire UMP de Saint-Philippe était lui aussi présent.

Arrivée discrète

Quant à Jean-Louis Lagourgue, maire divers droite de Sainte-Maire et président de l'association des maires, et Daniel Gonthier, maire divers droite de Bras Panon, ils ont préféré éviter les portes centrales et sont entrés par une porte de côté à l'abri des regards. Et pour cause. Lundi soir Jean-Louis Lagourgue s'était dit prêt à recevoir les employés communaux... après les élections régionales et cantonales. Déjà mécontents de trouver portes closes à l'association des maires, les grévistes n'ont pas du tout appréciés la prise de position.
La réunion entre l'État, le Bureau de l'association des maires et l'intersyndicale a commencé vers 11 heures 30. Elle a duré 3 heures et demie.

Protocle

Entretemps, une partie des manifestants ont bloqué la circulation à deux reprises. La seconde fois, des dirigeants syndicaux sont sortis de la salle des négociations pour demander aux grévistes de garder leur calme. "Nous vous demandons un peu de patience. Les choses sont en train d'avancer dans le bon sens. L'État est en train de s'engager dans la négociation" annonçait un syndicaliste. La tension retombée et les manifestants acceptaient de lever leur début de barrage.
Moins d'une heure plus tard, la réunion se terminait. Brandissait le protocole d'accord Jean-Pierre Rivière faisait le "V" de la victoire. "On a gagné" disait un manifestant. Le porte-parole de l'intersyndicale lisait le protocole dans intégralité. "L'intersyndicale, des maires et le représentant de l'État décident la mise en place d'un groupe de travail (...) pour définir le contenu et les modalités de mise en ?uvre d'un plan de titularisation" se réjouissait-ils sous les acclamations des grévistes.

6 maires sur 24

"Le groupe de travail se réunira pour la première fois le vendredi 20 février et nous aurons les résultats de ces travaux fin avril" annonçait encore Jean-Pierre Rivière. "Nous n'avons rencontré que 6 maires sur 24, ce protocole n'engage qu'eux et pas tous les autres maires, mais c'est une avancée positive" commentait un autre syndicaliste. "Tous les maires seront obligés d'assister aux réunions du groupe de travail. Je ne vous pas comment ils pourraient faire l'impasse sur la détermination de leur personnel. La machine est lancée" concluait Jean-Pierre Rivière.
Le mouvement de grève est suspendu. Le travail reprend donc normalement dans les services communaux et les cantines scolaires.
   

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