Deuxième journée de grève dans le Bâtiment :

Les grévistes durcissent le ton


Publié / Actualisé
Le ton se durcit dans le conflit qui oppose la patronat à l'intersyndicale du BTP. Selon cette dernière, 65% des entreprises ont été touchées par le mouvement de grève ce mardi 4 mai 2004. Du Nord au Sud en passant par l'Ouest, les manifestants ont mené un "travail d'explication" qui s'est à chaque fois soldé par l'arrêt de l'activité
Le ton se durcit dans le conflit qui oppose la patronat à l'intersyndicale du BTP. Selon cette dernière, 65% des entreprises ont été touchées par le mouvement de grève ce mardi 4 mai 2004. Du Nord au Sud en passant par l'Ouest, les manifestants ont mené un "travail d'explication" qui s'est à chaque fois soldé par l'arrêt de l'activité
80 à 85% des salariés du BTP en grève. 65% des entreprises fermées. L'intersyndicale CGTR -- CFDT -- FO et CFTC tirait un bilan positif de la deuxième journée de grève générale. "C'est le plan de marche qu'on s'était fixé. Tout se déroule pour le mieux actuellement", se félicitait Gilles Fontaine, délégué CFDT. L'objectif final est de contraindre les deux syndicats patronaux -- la FRBTP et la Cacep -- à signer la convention collective dans les mêmes termes négociés depuis deux ans.
En phase pendant des mois, les deux parties s'opposent depuis la reprise de l'activité dans le BTP sur l'application de l'article 14 de la nouvelle convention, relative à la prime de panier et de déplacement. Les représentants syndicaux voudrait voir cet avantage financier (un peu plus de 600 euros) être appliqué à l'ensemble des salariés du BTP quel que soit le type de contrat les liant à l'entreprise. Le patronat met en exergue le coup "exhorbitant" d'une telle mesure, dénonçant alors les accords passés.

Manifestations

Après une première journée de grève, le ton est monté d'un cran mardi. Du Nord au Sud en passant par l'Ouest, les grévistes ont sillonné les zones industrielles à la recherche des entreprises du BTP encore en activité. "Il faut être efficace et faire comprendre à nos camarades qu'ils ont tout intérêt à nous rejoindre dans la lutte. On ne peut pas laisser tomber la convention", lançait Alain Naillet secrétaire général de la CGTR BTP. Ce "travail d'explication" s'est partout soldé par la fermeture des entreprises, souvent au grand dam de leur dirigeant.
Ainsi, à Profilage de la Réunion, le directeur Pascal Bouquerel a dénoncé "cette intrusion" visant à stopper net toute sa chaîne de production. "On ne peut pas livrer, mais qu'on nous laisse tout de même produire", insistait-il. En vain.

Rideaux baissés

En fin de matinée, la quasi totalité des sociétés des zones industrielles du Port dont l'activité est liée à celle du BTP avait baissé leur rideau. Les sites de production de ciment et d'agrégats avaient cessé toute activité. "Les patrons commencent à trembler. La victoire est proche. Il faut continuer à être solidaire et à maintenir la pression", lançait le secrétaire général de la CGTR BTP.
Sera-t-il entendu? Alain Naillet aura l'occasion de le savoir dès ce mercredi matin. Mardi en effet l'intersyndicale regrettait la faible mobilisation -- un peu plus de 200 salariés sur les quelque 14 000 que compte la branche -- et lançait un appel à la mobilisation. Un regroupement doit avoir lieu devant les grilles de la CGTOI ce mercredi matin à 8 h avant un rassemblement devant la préfecture à 10 h. Les grévistes pourraient ensuite s'inviter à l'assemblée générale de la FRBTP prévue aujourd'hui et dans la foulée rendre "une petite visite" à la Cacep.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !