Grève à la centrale thermique du Gol :

Réquisition électrique


Publié / Actualisé
La grève se poursuit à la centrale thermique du Gol, mais il n'y aura plus de coupures de courant. En effet, "pour ne pas remettre en cause la vie économique et sociale de l'île", le préfet a en effet décidé ce mardi 23 novembre 2004 de réquisitionner du personnel gréviste. L'usine sucrière du Gol recommence donc à fonctionner
La grève se poursuit à la centrale thermique du Gol, mais il n'y aura plus de coupures de courant. En effet, "pour ne pas remettre en cause la vie économique et sociale de l'île", le préfet a en effet décidé ce mardi 23 novembre 2004 de réquisitionner du personnel gréviste. L'usine sucrière du Gol recommence donc à fonctionner
En panne d'électricité depuis lundi 16 heures - lorsque les grévistes de la centrale thermique ont décidé d'arrêter la production électrique -, la vie économique de l'île a été lourdement perturbé tout au long de la journée de mardi. De très nombreuses entreprises de l'île ont subi des coupures. L'une des conséquences les plus importantes en cette période de campagne sucrière a été la fermeture de l'usine sucrière du Gol qui ne pouvait plus recevoir les cannes. Mardi, tous les centres de réception de l'Ouest et du Sud sont donc restés fermés à la grande colère de planteurs. "Nous ne volons pas nous mêler d'un conflit interne à la centrale du Gol, mais nous voulons pas non plus être pris en otages et laisser nos cannes se dessécher aux champs" commentait, mardi, Éric Soundarom de la CGPER (confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion). Mardi matin, bord de leurs tracteurs, ce syndicat et celui des Jeunes Agriculteurs ont organisé une opération escargot entre l'usine sucrière du Gol, la plateforme des Caserne et la sous-préfecture de Saint-Pierre "pour demander que l'État arbitre un conflit" indiquait Éric Soundarom.

Réquisition

Ils ont obtenu gain de cause. En milieu de journée, le préfet Dominique Vian a procédé à la réquisition du personnel nécessaire à la reprise des activités de la centrale et donc de la production d'électricité. La décision prenait effet le jour même. 12 salariés ont été réquisitionnés. "Nous ne nous opposons pas à la réquisition, mais la grève n'est pas terminée" précisent les grévistes en notant que le préfet a aussi demandé aux deux parties de se revenir à la table des négociations. "Nous, nous sommes prêts à le faire, nous attendons un geste de la direction" disent-ils.

Coupures tournantes

Rappelons que les salariés de la centrale thermique du Gol se sont mis en grève lundi en fin d'après-midi arrêtant la production en mettant hors circuit les chaudières et la turbine. La centrale couvrant plus de 20% des besoins en électricité de l'île, EDF ne pouvait faire face à la demande. Elle devait procéder à des délestages tournants. De lundi à mardi soir, "environ 20 000 clients (particuliers et professionnels - ndlr) ont été concernés par une coupure d'une heure" explique EDF dans un communiqué rendu public. Elle précise aussi qu'elle a mobilisé tous les moyens de production dont elle dispose, hors la centrale du Gol, mais que cela est "resté insuffisant pour répondre à la forte demande".

Prime supprimée

C'est l'attribution d'une prime pour travaux pénibles et salissants qui est à l'origine du conflit. Dans un premier temps, cette prime avait été attribuée aux salariés par la direction. L'accord avait même fait l'objet d'un protocole signé en septembre 2004. 1 800 euros avaient ensuite été versés à chaque agent au titre des arriérés pour les deux années précédentes.
Mais la direction nationale de la centrale thermique et le ministère de tutelle ont ensuite estimé "que les tâches exécutées par les salariés du Gol ne pouvaient être considérées comme des travaux pénibles et salissants et qu'ils ne pouvaient pas bénéficier de la prime" explique Max Banon de la CGTR EDF. Du coup, non seulement la gratification ne sera plus versée "mais la direction locale réclame en plus le remboursement des 1 800 euros" proteste un salarié. "Même si la prime ne peut s'appliquer localement, il est toujours possible de trouver un accord local permettant aux salariés de la percevoir. C'est ce que nous demandons à la direction" note Max Banon.
La grève se poursuit donc à la centrale thermique du Gol. Elle s'est même étendue à celle de Bois Rouge. Mais il ne devrait plus y avoir de coupures de courant.
   

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Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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