Manifestation contre la politique du gouvernement :

5 000 personnes dans la rue


Publié / Actualisé
5 000 personnes (3 500 selon la police) ont manifesté ce jeudi 10 mars 2005 à Saint-Denis. Elles ont répondu à l'appel des syndicats du privé et du public regroupés en intersyndicale. Les manifestants protestaient contre la politique du gouvernement en matière d'enseignement et de réforme des 35 heures. Ils réclamaient également "des hausses de salaires et de l'emploi pour tous"
5 000 personnes (3 500 selon la police) ont manifesté ce jeudi 10 mars 2005 à Saint-Denis. Elles ont répondu à l'appel des syndicats du privé et du public regroupés en intersyndicale. Les manifestants protestaient contre la politique du gouvernement en matière d'enseignement et de réforme des 35 heures. Ils réclamaient également "des hausses de salaires et de l'emploi pour tous"
"Peu importe le nombre exact de manifestants. Nous n'allons pas entrer dans une bataille de chiffre. Une seule chose compte: la mobilisation d'aujourd'hui est importante, c'est une belle manifestation" notait Yvan Hoarau, secrétaire général de la CGTR , lors d'une brève allocution sur les marches de l'Hôtel de Ville de Saint-Denis. Les manifestants ont fait halte devant le bâtiment pour que "René Paul Victoria, le député-maire de Saint-Denis entendent nos revendications et les rapportent à l'Assemblée nationale" soulignaient les syndicats.

"Ras-le-bol "

Regroupés en intersyndicale, la CGTR, la CFDT, FO, la CFTC, l'UNSA, le SNUI FSU et le SAIPER ont relayé localement l'appel national à protester contre la politique du gouvernement. La ligue lycéenne en lutte contre le projet de loi Fillon sur la réforme de l'enseignement s'est joint à l'appel. Ils ont été 5 000 à répondre présents. Les manifestants se sont rassemblés devant le jardin de l'État dès le début de la matinée. "Regardez, il y a des gens de tous les secteurs. Certains d'entre eux n'étaient plus descendus dans la rue depuis bine longtemps. C'est dire le ras-le-bol de la population" remarquait un syndicaliste. La cinquantaine bien entamée, la casquette visée sur la tête pour se protéger d'un soleil de plombs, il ajoute: "c'est normal que les gens soient mécontents. Le gouvernement les prend ouvertement pour des imbéciles et il détruit les acquis sociaux".

"Raffarin démission",

En scandant "privé, public solidarité", "du travail pour tous", ou encore "Raffarin démission", le défilé a emprunté un itinéraire inhabituel. Au lieu de descendre la rue de Paris comme à l'accoutumé, les manifestants ont tourné dans la rue Monseigneur de Beaumont, pour ensuite emprunter la rue Jean Chatel et la rue Maréchal Leclerc avant de revenir dans la rue de Paris et de descendre vers la préfecture. Point de repère intéressant: alors que la tête du défilé était arrivée dans les jardins de la préfecture, les derniers manifestants n'avaient pas encore dépassé le monument aux Morts, plusieurs centaines de mètres plus haut.

"Escroquerie"

Yvan Hoarau qui n'a pas caché pas sa satisfaction devant la mobilisation, précisait dans son discours, "nous devons rester mobiliser, car nous avons affaire à une politique globale de casse du service public, de casse sociale et de privatisation". Il affirmait "les travailleurs doivent rester vigilant notamment lorsque le gouvernement par le biais d'une escroquerie intellectuelle veut leur faire croire qu'ils vont gagner plus en travaillant plus. En fait ils vont gagner moins en travaillant plus".

"Non à l'Europe des profits"

Prenant la parole après lui Éric Marguerite, dirigeant de FO, notait "nous somme face à un gouvernement atteint de surdité face aux revendications des travailleurs. C'est un gouvernement qui au nom du profit veut démanteler le service public, casser les acquis sociaux, appauvrir les travailleurs". Il lançait ensuite "nous allons bientôt avoir à nous prononcer sur la constitution européenne. Si c'est une Europe du profit que cette constitution veut mettre en place, alors il faut prendre ses responsabilités et dire "non" à cette Europe là".
Les manifestants sont arrivés devant la préfecture vers midi. Il n'y a pas eu l'habituelle remise de motion. "Le gouvernement sait déjà ce que nous voulons" commentait un syndicaliste. Après différentes prises de paroles, la manifestation s'est dispersée dans le calme.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !