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Les "précaires" au conseil général et à la Trésorerie


Publié / Actualisé
À l'appel du collectif "Emploi en danger", une quarantaine d'agents du conseil général employés sous contrats précaires (contrat emploi solidarité - CES -, et contrat emploi jeunes - CEJ) ont manifesté devant les grilles du Palais de la Source ce mercredi 14 décembre 2005. Ils réclament leur intégration au sein de la collectivité. Pour leur part, les "précaires" de l'Éducation nationale ont brièvement occupé le Trésor public à Saint-Denis avant d'être évacués par la police
À l'appel du collectif "Emploi en danger", une quarantaine d'agents du conseil général employés sous contrats précaires (contrat emploi solidarité - CES -, et contrat emploi jeunes - CEJ) ont manifesté devant les grilles du Palais de la Source ce mercredi 14 décembre 2005. Ils réclament leur intégration au sein de la collectivité. Pour leur part, les "précaires" de l'Éducation nationale ont brièvement occupé le Trésor public à Saint-Denis avant d'être évacués par la police
"Le conseil général emploie 560 agents en contrats précaires. La moitié d'entre eux est déjà au chômage. Les autres le seront d'ici la fin de l'année. Certains travaillent depuis près de 10 ans pour la collectivité et ils sont maintenant jetés comme de vieilles chaussettes parce que les CEJ et les CES sont supprimés par l'État" Julie Boyer, porte-parole des "précaires" du conseil général, ne décolère pas. Avec une quarantaine de ses collègues, elle est venue manifester devant le Palais de la Source où les conseiller généraux se réunissaient en assemblée plénière. Les manifestants demander que ces personnels soient intégrés au conseil général.

"Vieilles chaussettes"

"Il existe 310 postes vacants" affirme Julie Boyer. "Il faut attribuer ces emplois en priorité aux CES et CEJ qui sont en fin de contrat" ajoute-t-elle. Pour le moment aucun poste n'a été proposé à ces "précaires". "C'est même pire que cela. On licencie des agents qui ont toujours bien fait leur travail et on les remplace à leur poste par des personnes totalement inexpérimentées. Ce n'est pas sérieux et c'est surtout préjudiciable pour la collectivité" note encore Julie Boyer.

Rien de concret

Soutenus par la FSU - UNATOS et le SGPEN-CGTR, les précaires ont attendu plus de deux heures sous le soleil jouant à cache-cache avec la police en faisant mine de vouloir pénétrer dans l'enceinte par l'une ou l'autre des portes. Finalement Nassimah Dindar, présidente du conseil général, est sortie les voir. "Vous n'aviez pas fait de demande de rendez-vous. J'étais dans l'obligation de lancer la séance plénière de l'Assemblée et d'écouter l'intervention du préfet avant de pouvoir venir à votre rencontre" expliquait Nassimah Dindar. Après un rapide échange de propos pas toujours amènes, la présidente demandait aux policiers de laisser entrer tous les manifestants. Elle les recevait quelques instants plus tard.Il fallait s'y attendre, rien de bien concret n'est sorti de l'entrevue. Nassimah Dindar a rappelé que sa collectivité n'a pas les moyens financiers nécessaires pour intégrer les 560 agents concernés. Elle a par contre confirmé qu'elle s'engageait à titulariser 120 personnes en trois ans. Elle s'est une nouvelle fois déclarée favorable à la tenue d'une table ronde entre sa collectivité, le conseil régional et l'État afin de trouver une solution au problème général des "précaires" qu'ils soient du conseil général ou de l'Éducation nationale.

Le Trésor investit

"Mais de ce point de vue les choses semblent bien mal engagées puisque le recteur comme le préfet refusent d'organiser cette table ronde" commentait un peu plus tard Christian Picard, dirigeant de la FSU. Sa centrale syndicale, le SGPERN -CGTR, soutenu par le SAIPER et SUD ont effet manifesté en début d'après-midi à la Trésorerie de Saint-Denis. Comme ils l'ont fait à la sous-préfecture de Saint-Pierre, au service des cartes grises de la préfecture à Saint-Denis et au rectorat, les manifestants ont investi les lieux. La revendication est toujours la même: le refus du licenciement au 31 décembre 2005 quelque 500 "précaires" employés par l'Éducation nationale en tant que TOS (techniciens et ouvriers de service).

Poussés dehors

Les manifestants ont reçu le soutien des employés du Trésor syndiqués à la CGT et à SUD. Ces agents se sont mis en grève symboliquement. Robert Monniaux, trésorier payeur général est venu à la rencontre des "précaires". Il s'est engagé à relayer les revendications des manifestants au préfet, "mais ensuite, je vous demanderais de bien vouloir évacuer les lieux dans le calme" ajoutait-il. Ladite évacuation avait lieu une demi-heure plus tard. Portés ou poussés dehors par la police, les manifestants se sont ensuite dirigés par le Palais de Justice tout proche suivis de près par la police. Elle n'a pas eu à intervenir. Les "précaires" ont quitté les lieux un peu plus tard. Mais ils ont promis qu'il "n'y aurait pas de trêve de Noël".
Rappelons que l'intersyndicale de la fonction publique a lancé un préavis de grève illimitée à partie de la rentrée de février 2006 pour protester contre les licenciements et contre le transfert des TOS de l'Éducation nationale aux conseil général et régional.
   

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