Éducation nationale - emplois précaires :

Les TOS s'invitent au rectorat


Publié / Actualisé
Ce vendredi 14 décembre 2007, une vingtaine de personnels TOS (techniciens et ouvriers de service), emmenés par Christian Picard (syndicat UNSA) et Patrick Corré (CGTR), ont légèrement perturbé le repas de fin d'année du rectorat et provoqué l'annulation d'une Commission paritaire chargée de décider des promotions des enseignants.
Ce vendredi 14 décembre 2007, une vingtaine de personnels TOS (techniciens et ouvriers de service), emmenés par Christian Picard (syndicat UNSA) et Patrick Corré (CGTR), ont légèrement perturbé le repas de fin d'année du rectorat et provoqué l'annulation d'une Commission paritaire chargée de décider des promotions des enseignants.
C'est dans une ambiance somme toute bon enfant que les manifestants TOS ont envahi, sans brutalité, les locaux du rectorat où devait se tenir vendredi 14 décembre en début d'après-midi, une commission paritaire. Si les représentants du rectorat ont accueilli l'événement avec froideur, les syndicats des personnels enseignants présents pour la réunion ont quant à eux regardé les grévistes avec une certaine bienveillance. Il est vrai que tous manifestaient encore ensemble il y a quelques semaines pour la même cause, à savoir l'opposition au transfert des TOS. Quant aux autres membres du rectorat qui célébraient ce jour-là la fin de l'année, ils ont continué à festoyer et à danser. "Alors que la commission paritaire s'apprêtait à distribuer des bons points aux enseignants et que le personnel du rectorat faisait la fête, nous avons pensé que c'était pour nous le bon moment pour attirer une nouvelle fois l'attention sur le problème des précaires. C'est notre manière à nous de célébrer la fin de l'année" a expliqué, sans amertume, Christian Picard, à l'issue de la manifestation.

Ce qui attend les TOS au 1er janvier 2008

La loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 août 2004, autrement dit la loi de décentralisation, a opéré le transfert de 130 000 agents de l'Etat, dont 93 000 Techniciens et Ouvriers de Service (TOS), aux collectivités territoriales. Les personnels TOS des lycées d'enseignements général, professionnel et agricole ont donc été mis à disposition, le 1er janvier 2005, des Conseils régionaux, et les personnels TOS des collèges ont été mis à disposition des Conseils généraux. Actuellement, les agents se trouvent dans les "années d'option" (2006 et 2007). Cela signifie qu'avant le 1er janvier 2008, ils doivent avoir choisi soit d'intégrer la Fonction publique territoriale, soit de rester fonctionnaires d'Etat, mais en détachement pour le reste de leur carrière dans les collectivités. Sur le plan national, aujourd'hui, environ la moitié des agents a opté pour la territoriale. Les raisons en sont multiples : primes, indemnités, etc...

Une opposition quasi unanime, ferme et constante

Sauf qu'à la Réunion, personnels et collectivités restent contre les solutions proposées. Fonctionnaires territoriaux ou en détachement auprès de collectivités, il deviendra juridiquement et techniquement impossible aux TOS de muter d'une collectivité à l'autre et de passer d'un collège à un lycée, ou l'inverse. Par ailleurs, même en détachement auprès de collectivités, ils seront assujettis aux lois et règlements de la Fonction publique territoriale qui, dans certains aspects de déroulement des carrières, sont différents de ceux appliqués dans la Fonction publique d'Etat. Devant ces perspectives peu attrayantes et d'autres encore, plus complexes, nombreux sont les agents qui ne cessent de se battre pour rester dans le giron de l'Education nationale où ils estiment avoir plus de droits et d'avantages. De débrayages réguliers en manifestations massives devant le rectorat, les TOS et leurs syndicats tentent donc, par tous les moyens, d'attirer l'attention sur le manque - réel - de personnels dans les établissements, et de montrer qu'ils sont définitivement contre le transfert sous toutes ses formes.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !