Le Chaudron - Le Port :

Le calme après les troubles


Publié / Actualisé
Une gendarme blessé par un tir de carabine, un début de pillage au Jumbo Score, le point banque de Groupama dévasté, une dizaine de voitures brûlées, des abris bus vandalisés, des poubelles calcinées, les rues jonchées de galets et de douilles de grenades lacrymogènes. Ce mercredi 11 mars 2009, le Chaudron s'est réveillé sous le choc d'une nuit d'émeute. Même sentiment au Port, où des heurts, moins violents qu'à Saint-Denis, ont lieu dans la nuit entre jeunes et forces de l'ordre. On dénombre au total 22 interpellations et 20 membres des forces de l'ordre blessés dont le gendarme atteint par le tir de carabine. Le COSPAR (collectif contre la vie chère) ne condamne pas les faits, mais appelle au calme. Des rencontres entre le patronat et les dirigeants de la grande distribution, d'une part, et le collectif d'autre part sont programmées à la préfecture pour ce mercredi.
Une gendarme blessé par un tir de carabine, un début de pillage au Jumbo Score, le point banque de Groupama dévasté, une dizaine de voitures brûlées, des abris bus vandalisés, des poubelles calcinées, les rues jonchées de galets et de douilles de grenades lacrymogènes. Ce mercredi 11 mars 2009, le Chaudron s'est réveillé sous le choc d'une nuit d'émeute. Même sentiment au Port, où des heurts, moins violents qu'à Saint-Denis, ont lieu dans la nuit entre jeunes et forces de l'ordre. On dénombre au total 22 interpellations et 20 membres des forces de l'ordre blessés dont le gendarme atteint par le tir de carabine. Le COSPAR (collectif contre la vie chère) ne condamne pas les faits, mais appelle au calme. Des rencontres entre le patronat et les dirigeants de la grande distribution, d'une part, et le collectif d'autre part sont programmées à la préfecture pour ce mercredi.
Inhabituel pour un jour de semaine, le parking de Jumbo Score Chaudron est presque vide de voitures. Des petits groupes d'employés discutent. D'autres balayent et entassent des détritus en tout genre dans des chariots. Il y a des morceaux de verre et de fer, des galets et des douilles de grenade. Il y a aussi deux cartouches. "C'était très chaud ici hier soir" commente un employé chargé de la maintenance. "On a cru revivre les émeutes de 1991 lorsque le Score a été entièrement pillé" ajoute son collègue. "À l'époque, j'étais du côté des lanceurs de galets" se souvient un vigile. "Et moi, j'étais déjà du côté que ceux qui les recevaient" rétorque un autre vigile. Le climat est plutôt détendu.

"On rigole maintenant, mais hier ce n'était pas le cas. On a peur quand les gens ont commencé à entrer dans le magasin" lâche un riverain en montrant les dégâts. Les vitres de l'hypermarché ont entièrement été brisées, l'un de ses rideaux métalliques à moitié arraché et la guérite des vigiles a été caillassée. Quelques personnes ont ensuite réussi à s'introduire dans la grande surface et ont commencé à emporter quelques articles. L'intervention de la police a arrêté la tentative de pillage. Mais les émeutiers ont mis le feu à un conteneur de textile situé dans l'arrière-cour de la grande surface. Plus tard, ils dévasteront également le point banque de Groupama situé plus en amont dans la rue.

Un peu plus loin, dans la rue Leconte de Lisle et au rond-point des établissements Cadjee, des carcasses de voitures sont encore fumantes. Les abris bus ont été dévastés. Des équipes d'agents communaux nettoient le site. Une pelleteuse écarte les véhicules brûlés de la chaussée, d'autres balayent les éclats de verre ou entassent en gros tas les galets et les douilles de grenades que manifestants et forces de l'ordre ont échangés mardi dans la nuit. "J'espère que la nuit prochaine sera calme et que nous n'aurons pas à recommencer le travail demain matin" confie un employé communal.

Au Port, où les affrontements entre manifestants et forces de police ont été moins importants, l'heure était aussi au nettoyage ce mercredi matin. Des voitures et des poubelles ont été brûlées dans le quartier Titan et dans le haut de la rue de la Commune de Paris.

Estimant que les événements de la nuit sont "le reflet d'une société en détresse et de la désespérance des plus défavorisés, le COSPAR n'a pas condamné les faits, mais appelle au calme. Il n'exclut pas de mener d'autres actions en précisant qu'elles n'auront pas lieu devant les grandes surfaces. "Mais il est certain qu'il faut rester mobilisés puisque c'est grâce à la mobilisation de la population que nous avons pu obtenir quelques avancés" commente Jean-Pierre Rivière, porte-parole du collectif.

Le COSPAR a obtenu 150 des 200 euros d'augmentation qu'il réclame pour les bas salaires, 3 euros de baisse sur la bouteille de gaz (il en demande 5), 4 et 6 centimes de diminution (il en demande 10), e gel des loyers en logements sociaux, ansi qu'une baisse restant encore à négocier sur 100 familles de produits vendus dans les grandes surfaces (le collectif réclame 20% de baisse sur 500 articles de consommation courante).

Ce mercredi, le COSPAR rencontre le patronat et la grande distribution en préfecture.
   

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