Social - Action des anciens salariés de l'ARAST :

Barrage devant l'AGS


Publié / Actualisé
Depuis 12 h ce lundi 11 janvier 2010, une trentaine d'anciens salariés de l'ARAST (association régionale d'accompagnement social territorialisé) bloque la circulation au carrefour des rues Félix Guyon et jean Chatel (Saint-Denis). Le siège de l'AGS se trouve à proximité. Les manifestants sont venus réclamer à l'association pour la gestion du régime d'assurance des créances des salariés, le versement de leurs indemnités de licenciement. Pour leur part, 200 ex employés de l'ARAST sont toujours regroupés au conseil général où 6 personnes ont entamé une grève de la faim.
Depuis 12 h ce lundi 11 janvier 2010, une trentaine d'anciens salariés de l'ARAST (association régionale d'accompagnement social territorialisé) bloque la circulation au carrefour des rues Félix Guyon et jean Chatel (Saint-Denis). Le siège de l'AGS se trouve à proximité. Les manifestants sont venus réclamer à l'association pour la gestion du régime d'assurance des créances des salariés, le versement de leurs indemnités de licenciement. Pour leur part, 200 ex employés de l'ARAST sont toujours regroupés au conseil général où 6 personnes ont entamé une grève de la faim.
"AGS voleur", "AGS done nout largen", scande le petit groupe de manifestants devant le siège de l'association pour la gestion du régime d'assurance des créances des salariés. Vendredi Éric Marimoutou, directeur de la structure a envoyé un courrier au liquidateur judiciaire de l'ARAST. Il l'informait officiellement du refus de l'AGS de verser leurs indemnités aux ex salariés.

D'où la décision de 5 ex employés et d'un syndicaliste de commencer une grève de la faim. D'où aussi le blocage devant l'AGS. Rappelons que cette structure et le conseil général se renvoient la balle quant au problème du versement de ces indemnités.

L'AGS estime que le Département à l'obligation légale d'intégrer les travailleurs sociaux. Elle ajoute que cette intégration entrainerait automatiquement une continuité d'activité et qu'il n'y aurait donc pas de licenciement...ni d'indemnités à verser. Le conseil général affirme au contraire que les salariés ont été licenciés de fait par la décision du tribunal de commerce de liquider l'association d'aide à domicile. Le total des indemnités est évalué à plus de 25 millions d'euros. Une somme que l'AGS, déjà en difficulté, aura sans doute du mal à payer...

L'intersyndicale CGTR-CFDT-US-Solidaires abonde d'ailleurs dans ce sens. "Il y a reprise déguisée d'activités et partant, le conseil général doit verser des indemnités. C'est quand même le budget annuel de l'AGS qui est sollicité sur ce seul conflit: quid alors malheureusement des nombreux futurs licenciés dans cette période de crise?" notent les syndicalistes dans un communiqué publié lundi après-midi. "On en peut se défausser sur l'AGS, sur le tribunal ni sur les syndicats" ajoute encore l'intersyndicale.

Une déclaration de Nassimah Dindar, présidente du conseil général, a par ailleurs renforcé la détermination des anciens travailleurs sociaux. Interrogée par des radios ce lundi matin, la présidente du Département a en effet "indiqué que pour débloquer une somme aussi importante que celle promise (estimée à environ un million d'euros - ndlr), il faut obligatoirement réunir une commission permanente. Ce qui, selon elle, ne peut pas être fait dans les conditions présentes" explique Paul Junot, dirigeant CFDT qui a décidé de se mettre en grève de la faim pour soutenir les anciens salariés.

Les "conditions présentes" font allusion à l'occupation de l'hémicycle par les grévistes. À 10 heures, Nassimah Dindar ne s'était pas encore exprimée sur le sujet devant les ex salariés. Vendredi, le conseil général avait décidé de verser une aide d'urgence de 1 000 euros aux travailleurs sociaux qui percevaient moins de 2 500 euros nets par mois. Cette aide serait valable un mois pour les ex employés ayant signé une convention de reclassement personnalisée (CRP) auprès du Pôle emploi, et de trois mois pour les autres. Rien n'a été décidé pour la suite.

En attendant, les anciens employés occupent toujours le siège du conseil général. "Nous resterons là tant que nous n'aurons pas obtenu notre dû" préviennent-ils. Ce revirement n'a fait que renforcer la détermination de Sophia, ex-aide à domicile, Mimose, ex-technicienne d'intervention sociale et familiale, Yolaine, ex-responsable de secteur, Lucie-ex chef de service, Corinne-ex agent administrative et de Paul Junot, dirigeant de la CFTC. Ils sont donc en grève de la faim depuis ce lundi matin.

En milieu de matinée, le club du 3ème âge les Émeraudes de Bellepierre (Saint-Denis) est venu apporter des vivres aux grévistes. "Regardez, les gens nous soutiennent de plus en plus. On est prêt à soutenir un siège" sourit un ancien employé. Les ex-salariés de l'ARAST confirment qu'ils ont l'intention de rester au Conseil Général tant qu'ils n'auront pas obtenu satisfaction. "Nous serons là lorsque Nicolas Sarkozy viendra les 18 et 19 janvier et nous serons encore là après s'il le faut" disent-ils.


   

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