Alliance des Réunionnais contre la pauvreté :

Lumière sur les "abandonnés de la retraite"


Publié / Actualisé
En plein débat sur l'allongement de l'âge de départ à la retraite et de la durée des cotisations, Jean-Hugues Ratenon, responsable de l'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP) estime "qu'on ne se pose pas les bonnes questions". Le représentant du collectif souhaite "mettre un coup de projecteur" sur ce qu'il appelle les "abandonnés de la retraite", à savoir les bénéficiaires du RSO (Revenu de solidarité), ceux qui jouissent d'une petite retraite et ceux qui sont au minimum vieillesse. Pour ce faire, l'ARCP a prévu d'organiser une "journée d'action", ce mardi 22 juin à partir de 10 heures sur la place des Droits de l'Homme à Champ-Fleuri.
En plein débat sur l'allongement de l'âge de départ à la retraite et de la durée des cotisations, Jean-Hugues Ratenon, responsable de l'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP) estime "qu'on ne se pose pas les bonnes questions". Le représentant du collectif souhaite "mettre un coup de projecteur" sur ce qu'il appelle les "abandonnés de la retraite", à savoir les bénéficiaires du RSO (Revenu de solidarité), ceux qui jouissent d'une petite retraite et ceux qui sont au minimum vieillesse. Pour ce faire, l'ARCP a prévu d'organiser une "journée d'action", ce mardi 22 juin à partir de 10 heures sur la place des Droits de l'Homme à Champ-Fleuri.
Jean-Hugues Ratenon dénonce d'abord le RSO, un dispositif spécifique aux départements d'Outre-mer, destiné à ceux qui ont plus de 50 ans, accumulé au moins 24 mois de RMI et renoncé au marché du travail. Il remplace le revenu minimal d'insertion et s'élève à 476,66 euros par mois, soit environ 13 euros de plus que le RMI (453,63 euros). 8 000 personnes bénéficieraient de cette aide à La Réunion. "C'est un couloir qui les conduira aux minimum vieillesse", explique t-il. "C'est un crime social", fustige t-il.

Selon Jean-Hugues Ratenon, l'objectif du RSO serait de "diminuer mathématiquement les chiffres du nombre de bénéficiaire du RMI ainsi que les chiffres du chômage". "Le gouvernement n'a pas de vision de création d'emploi de masse à La Réunion", juge le responsable de l'ARP. "Il y a en réalité 8 000 chômeurs de plus que les chiffres officiels", lance t-il.

Jean-Hugues Ratenon pointe aussi du doigt "l'injustice des petites retraites". "1/3 des plus de 60 ans sont au minimum vieillesse. 75% des 15 000 retraités agricoles vivent avec moins de 365 euros par mois. Peut-on laisser les gens vivre dans cette situation ?", s'interroge le responsable du collectif. "Aujourd'hui, on parle d'allongement de la durée des cotisations et de l'âge de départ à la retraite. Mais la question essentielle est celle du revenu minimum que tout retraité est en droit de bénéficier", affirme t-il.

Jean-Hugues Ratenon parle de "retraite au rabais" pour qualifier les montants versés à l'heure actuelle. ""La majorité des salariés réunionnais sont au Smic. 35% des jeunes de moins de 35 ans sont au chômage. Ces personnes risquent d'avoir une retraite d'un montant inférieur au seuil de pauvreté", souligne Jean-Hugues Ratenon qui souhaite la mise en place d'une retraite minimum à 880 euros par mois.

"Il faut prendre en compte les spécificités de La Réunion : le chômage de masse, la vie chère. La situation sur l'île est plus grave qu'en métropole", martèle le porte-parole de l'ARCP. Face à cette situation, le collectif a décidé d'organiser une journée d'action le 22 juin prochain à partir de 10 heures sur la place des Droits de l'Homme à Champ-Fleuri. "Nous devons dire stop. Il faut penser aux gens qui souffrent et aux oubliés du débat sur les retraites", termine Jean-Hugues Ratenon.

   

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