Mouvement social :

Fronde contre la SIDR


Publié / Actualisé
Environ 200 employés de la SIDR (Société immobilière du département de La Réunion) sont entrés en grève illimitée ce mercredi 23 juin 2010. Ils demandent notamment la réouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) et de meilleures conditions de travail. Le président de la SIDR, Gino Ponin Ballom, étant hors du département, et le directeur général de la structure, Philippe Jouanen, n'ouvrant pas les négociations, les salariés ont pris le chemin du conseil général afin de faire part de leurs doléances. Après une entrevue avec le directeur de cabinet, Emmanuel Hoareau, les représentants syndicaux se sont entretenus avec Nassimah Dindar. L'occasion pour la présidente de la collectivité de régler ses comptes avec la SIDR. "Même si nous avons 40% des actions de la SIDR, ce n'est pas nous qui gouvernons. Toutes les décisions sont prises à partir de Paris et nous n'avons pas notre mot à dire", a t-elle lancé.
Environ 200 employés de la SIDR (Société immobilière du département de La Réunion) sont entrés en grève illimitée ce mercredi 23 juin 2010. Ils demandent notamment la réouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) et de meilleures conditions de travail. Le président de la SIDR, Gino Ponin Ballom, étant hors du département, et le directeur général de la structure, Philippe Jouanen, n'ouvrant pas les négociations, les salariés ont pris le chemin du conseil général afin de faire part de leurs doléances. Après une entrevue avec le directeur de cabinet, Emmanuel Hoareau, les représentants syndicaux se sont entretenus avec Nassimah Dindar. L'occasion pour la présidente de la collectivité de régler ses comptes avec la SIDR. "Même si nous avons 40% des actions de la SIDR, ce n'est pas nous qui gouvernons. Toutes les décisions sont prises à partir de Paris et nous n'avons pas notre mot à dire", a t-elle lancé.
"Nous ne pouvons plus continuer comme ça", lâche Jean Técher, porte-parole de l'intersyndicale, en faisant allusion à la situation qui règne au sein de la SIDR. "Depuis 2 ans, il n'y a pas de respect des procédures de licenciement et d'embauche. Les cadres sont sous pression. Certains salariés sont victimes de harcèlement moral. Les instances représentatives ne sont pas respectées non plus. Nous voulons également l'arrêt de l'externalisation des services et des activités au détriment de la SIDR", énumère le syndicaliste.

Les salariés souhaitent également la réouverture des négociations annuelles obligatoires. "Nous voulons une augmentation digne et raisonnable", affirme Jean Técher, soit 4,5%. Selon le porte-parole de l'intersyndicale, la direction de la SIDR aurait proposé une hausse de 1,5%. Les salariés demandent aussi la mise en place d'un équivalent du 14ème mois.

Les grévistes sont restés devant la SIDR toute la matinée en attendant une éventuelle arrivée du directeur, Patrick Jourdain. "Il a préféré aller faire une inauguration à Cilaos plutôt que de discuter avec nous", ironise Jean Técher. "Pourtant, nous sommes ouverts à la discussion", ajoute t-il. Face au silence de la direction, les manifestants ont pris le chemin du Département afin de faire part de leurs doléances. Ils ont été accueillis par le directeur de cabinet de Nassimah Dindar, Emmanuel Hoareau, qui leur a promis de faire remonter les revendications auprès du conseil d'administration de la SIDR.

Alors qu'ils s'apprêtaient à prendre le chemin de la préfecture, les représentants syndicaux ont pu s'entretenir brièvement avec Nassimah Dindar. Une fois les revendications des salariés présentés, la présidente du Département à faire part de son sentiment concernant la place du conseil général au sein de la SIDR. "Nous ne sommes pas respectés. À chaque conseil d'administration, des gens viennent de Paris et nous donnent des ordres. Ce ne sont pas les élus qui décident. Pourtant à La Réunion, c'est le conseil général qui gère la politique de logement social", a t-elle lancé.

"La gouvernance de la SIDR ne convient pas à la collectivité. Notre position n'est pas prise en compte. Dans cette situation, soit l'Etat doit racheter nos actions et prendre la gouvernance totale de la SIDR, soit il doit nous vendre la totalité des actions afin que nous puissions enfin prendre des décisions", a t-elle poursuivi. "Je ne vois pas pourquoi nous prenons la gouvernance de l'établissement si nous ne pouvons pas prendre de décision", a t-elle terminé.

La présidente du conseil général a par ailleurs annoncé qu'elle aimerait que les salariés de la SIDR participent à "la grande assemblée sur le logement" que la collectivité organisera "prochainement".

Mounice Najafaly pour
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !