Manifestation contre la réforme des retraites :

"Trop vieux pour travailler, trop jeune pour s'arrêter"


Publié / Actualisé
La crainte est palpable et les inquiétudes sont nombreuses "face à un gouvernement qui fait fi des protestations d'une partie de la population" selon les syndicats. "Aujourd'hui, un tier des retraités sont au minimum vieillesse à La Réunion et 50% des jeunes sont au chômage", explique Yvan Hoarau, secrétaire général de la CGTR. "Il y a un malaise avec les seniors, on est trop vieux pour travailler, mais trop jeune pour la retraite. Comment on va s'en sortir avec ce système", argue Danio Ricquebourg, secrétaire générale adjoint de la CGTR ports et docks. Philippe Manenc, secrétaire académique du SNEP-FSU renchérit : "plus de 50% des seniors n'ont plus de travail à partir de 55ans, la majorité des français vont avoir de grosses difficultés à toucher une retraite à taux plein".
La crainte est palpable et les inquiétudes sont nombreuses "face à un gouvernement qui fait fi des protestations d'une partie de la population" selon les syndicats. "Aujourd'hui, un tier des retraités sont au minimum vieillesse à La Réunion et 50% des jeunes sont au chômage", explique Yvan Hoarau, secrétaire général de la CGTR. "Il y a un malaise avec les seniors, on est trop vieux pour travailler, mais trop jeune pour la retraite. Comment on va s'en sortir avec ce système", argue Danio Ricquebourg, secrétaire générale adjoint de la CGTR ports et docks. Philippe Manenc, secrétaire académique du SNEP-FSU renchérit : "plus de 50% des seniors n'ont plus de travail à partir de 55ans, la majorité des français vont avoir de grosses difficultés à toucher une retraite à taux plein".
Les manifestants refusent le report à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite et à 67 ans le versement à taux plein des retraites. "Le taux de chômage à La Réunion est déjà entre 35% et 40%. En travaillant plus longtemps ça va être encore plus difficile", explique Jean-Paul Paquiny, secrétaire académique de la FNECEP-FO. La député-maire, Huguette Bello ne cache pas non plus son inquiétude et lâche agacée : "quand on sait qu'une femme à La Réunion travaille en moyenne 4 mois par an, elle devra donc attendre d'avoir 100 ans pour toucher une retraite à taux plein".

Tous s'accordent à dire que la retraite à 60 ans c'est possible et qu'il faut sauver le système par répartition. "Ceux qui veulent nous faire croire que le système par répartition n'est plus valable, veulent nous amener au système par capitalisation pour le bonheur des banques et des assurances. Avec ça la boucle est bouclée", lâche Paul Junot, secrétaire général de la CFTC. Et d'ajouter : " le conseil d'orientation des retraites démontrent que quelque soit le positionnement des curseurs la caisse des retraites sera déficitaire de plusieurs milliards en 2050".

A La Réunion, Les élus de la majorité sont dans le collimateur des syndicats, notamment ceux qui ont voté pour la réforme à l'Assemblée. "L'intersyndicale a demandé à être reçu par nos parlementaires, seul ceux de gauche nous ont reçu, à droite c'est le silence. C'est un mépris pour la population", lance Philippe Manenc. Même son de cloche pour Jean-Paul Paquiny : "à aucun moment j'ai entendu les parlementaires de droite dire qu'ils étaient pour la réforme. J'aurais aimé qu'ils s'expriment à ce sujet". Les mis en cause sont en effet René-Paul Victoria et Didier Robert tous deux député UMP. Ainsi, tous se demandent si les parlementaires ont conscience des difficultés sociales de La Réunion.

Pour autant, le combat ne semble pas toucher à sa fin. "Les potentialités de lutte sont là. Selon les résultats de la manifestation en métropole, nous ferons une réunion pour réfléchir aux suites à donner au mouvement", précise Yvan Hoarau. D'autres sont plus radicaux et proposent très rapidement un blocage de la France. "Toutes les confédérations devraient appeler à bloquer le pays, sinon les salariés ne pourront pas suivre une nouvelle manifestation", souligne Jean-Paquiny. Pour Paul Junot la partie n'est pas terminée: "pour nous c'est comme un match de foot, jusqu'à la dernière minute on y croit". Et d'ajouter : "on a déjà vu des retraits entre deux votes, je pense notamment au retrait du CPE, alors pourquoi pas cette fois-ci".

Julie Fioretti
   

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