Justice - Cour d'assises de Paris :

Perpétuité pour Mamodtaky


Publié / Actualisé
Mamod Abbas Mamodtaky a été condamné ce mardi 23 novembre 2010 par la Cour d'Assises de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité dans l'affaire de la tuerie de Fénoarivo (Madagascar). Il a été reconnu coupable d'assassinat et de tentative d'assassinat de 5 membres de la famille Remtoula, le 21 avril 2001. Ses coaccusés ont également été reconnus coupables. Son beau-frère, Abbass Khan, alias "Babar Ali", absent du procès, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Jean-François Crozet a écopé de 20 ans de réclusion et Riaz Damdjy de 10 ans de réclusion. Ce verdict est un soulagement pour la famille Remtoula. "Ils tombent dans les bras des uns et des autres, en larmes. Cette fois, pour les Remtoula, la justice est passée. Un moment d'émotion intense", relate le Journal de l'Ile. "Je suis émue, je suis soulagée. Merci mon dieu, merci la justice française", s'exclame Anita Remtoula, au micro de Radio Réunion. Mamodtaky a prévu de faire appel mais cette décision de justice constitue une étape importante dans une affaire marquée par une série de rebondissements.
Mamod Abbas Mamodtaky a été condamné ce mardi 23 novembre 2010 par la Cour d'Assises de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité dans l'affaire de la tuerie de Fénoarivo (Madagascar). Il a été reconnu coupable d'assassinat et de tentative d'assassinat de 5 membres de la famille Remtoula, le 21 avril 2001. Ses coaccusés ont également été reconnus coupables. Son beau-frère, Abbass Khan, alias "Babar Ali", absent du procès, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Jean-François Crozet a écopé de 20 ans de réclusion et Riaz Damdjy de 10 ans de réclusion. Ce verdict est un soulagement pour la famille Remtoula. "Ils tombent dans les bras des uns et des autres, en larmes. Cette fois, pour les Remtoula, la justice est passée. Un moment d'émotion intense", relate le Journal de l'Ile. "Je suis émue, je suis soulagée. Merci mon dieu, merci la justice française", s'exclame Anita Remtoula, au micro de Radio Réunion. Mamodtaky a prévu de faire appel mais cette décision de justice constitue une étape importante dans une affaire marquée par une série de rebondissements.
Dernier rebondissement en date, l'extradition de Mamod Abbas Mamodtaky de Madagascar vers la Métropole le 29 mai dernier. Une extradition inattendue puisque en mars dernier, le Conseil d'Etat malgache avait décidé d'annuler l'arrêté d'extradition vers La Réunion du commanditaire présumé de la tuerie de Fenoarivo. Les juges de la Haute Cour malgache privilégiaient la "territorialité des compétences". Mamodtaky ayant déjà bénéficié d'un non lieu de la juridiction malgache dans cette affaire en septembre 2002, la justice française n'avait plus son mot à dire, selon eux. De plus, les juges avaient également mis en avant "le principe d'interdiction pour un pays d'extrader ses propres nationaux".

Interrogé à l'époque, Maître Boniface, avocat de la famille Remtoula, estimait que "ce sont les juges de La Réunion qui ont ouvert les portes de la liberté à Mamodtaky". En effet, contre toute attente et en plein procès, la cour d'Assises de Saint-Denis avait annulé le 24 février 2009 toute la procédure pour vice de forme et libéré les quatre hommes poursuivis, à savoir Mamod Abbas Mamodtaky, Jean-François Crozet, Riaz Houssen Damdjy et Khizar Abbass Khan, alias "Babar Ali".
Ce fut le choc pour la famille Remtoula et pour beaucoup de Réunionnais qui crièrent au scandale.

Le 11 juin 2009, la cour de Cassation avait annulé l'arrêt de la cour d'Assises et ordonné la tenue d'un nouveau procès à Paris. Entretemps Mamode Abbas Mamodtaky avait quitté clandestinement La Réunion et rejoint Madagascar à bord d'un voilier. Ses trois co-accusés se faisaient également très discrets. Mamodtaky a finalement été interpellé et placé en détention par la justice malgache le 15 septembre 2009. Après un long suspense sur sa possible remise en liberté, l'homme a été extradé vers la Métropole le 29 mai dernier.

Jean-François Crozet, Riaz Houssen Damdjy avaient quant à eux été interpellés à La Réunion et transférés dans une prison de la région parisienne. Les trois hommes ont comparu devant la Cour d'Assises de Paris le 26 octobre dernier. Quant à Abbass Khan, alias "Babar Ali", il restait introuvable. Les débats auront duré 4 semaines avant que la cour de justice ne rende son verdict. Perpétuité pour Mamodtaky et Babar Ali. 20 ans de réclusion criminelle pour Jean-François Crozet et 10 ans pour Riaz Houssen Damdjy. La peine de ces deux derniers hommes est inférieure à celle requise par l'avocat général, 30 ans pour le premier et 12 à 15 ans pour le second.

Rappelons que les faits remontent au 21 avril 2001. Un commando d'une quinzaine de personnes armées s'introduit au domicile des Remtoula à Antananarivo. Les tirs fusent de toutes parts. 5 personnes sont tuées. Parmi les blessés, on compte Anita Remtoula alors épouse de Mamodtaky, et la mère de la jeune femme. Les soupçons se portent très vite sur Mamodtaky. L'un de ses proches, Khizar Abbass Khan "Babar Ali", est rapidement arrêté par la Justice malgache. Il reconnaît être le commanditaire de la tuerie et dédouane Mamodtaky. Peu de temps après, il est interné dans un hôpital psychiatrique malgache où il est déclaré mort dans les semaines suivantes.



La famille Remtoula ne se résigne pas pour autant. Étant de nationalité française, elle porte plainte en France. La Justice enclenche une procédure. En 2003, Khizar Abbass Khan "Babar Ali" est retrouvé bien vivant dans la banlieue parisienne. Il est arrêté et nie les faits. La France décide néanmoins de demander à Madagascar l'extradition de Mamodtaky. Jean-François Crozet, Riaz Houssen Damdjy sont également arrêtés. Les 4 hommes sont incarcérés à La Réunion en 2005. Ils y sont restés jusqu'à leur libération le 24 février 2009 par la cour d'Assises.



   

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