Manifestation devant la centrale thermique du Port :

"Les Réunionnais sont aussi compétents que les autres"


Publié / Actualisé
Près de 200 manifestants membres de la CFDT et de la CGTR se sont réunis très tôt ce mardi 9 août 2011 devant la centrale thermique du Port. La raison de leur colère, les choix de recrutement d'EDF qui a fait appel à des travailleurs européens pour le chantier. "Nous ne protestons pas contre les travailleurs européens mais pour l'embauche de travailleurs réunionnais", insiste Jacky Balmine, secrétaire général à la CGTR BTP. Une rencontre entre les manifestants et le directeur d'EDF, Patrick Bressot, a débuté à 14h45. En attendant l'issue de cette rencontre, le blocage du chantier est maintenu.
Près de 200 manifestants membres de la CFDT et de la CGTR se sont réunis très tôt ce mardi 9 août 2011 devant la centrale thermique du Port. La raison de leur colère, les choix de recrutement d'EDF qui a fait appel à des travailleurs européens pour le chantier. "Nous ne protestons pas contre les travailleurs européens mais pour l'embauche de travailleurs réunionnais", insiste Jacky Balmine, secrétaire général à la CGTR BTP. Une rencontre entre les manifestants et le directeur d'EDF, Patrick Bressot, a débuté à 14h45. En attendant l'issue de cette rencontre, le blocage du chantier est maintenu.
Les syndicats avaient prévenus qu'ils allaient se mobiliser. Ils l'ont fait. Près de 200 manifestants se sont réunis devant la centrale thermique du Port où 150 à 300 travailleurs européens sont en poste depuis un an et demi. Une véritable "provocation" pour Pierre Savigny, représentant de la CFDT BTP, "alors que le taux de chômage à La Réunion est au plus haut". "Nous ne protestons pas contre les travailleurs européens mais pour l'embauche de travailleurs réunionnais", insiste Jacky Balmine qui tient à ce "qu'on ne se trompe pas d'ennemi". "Notre ennemi, c'est le patronat qui pratique du dumping social à La Réunion", précise-t-il.

Selon un cadre d'EDF, 93% des ouvriers travaillant sur ce chantier sont des Réunionnais. "Les 7% qui restent sont des ouvriers européens qui exercent des compétences qui n'existent pas à La Réunion", explique-t-il. "Les travailleurs Réunionnais sont aussi compétents que les autres. Ils ont juste besoin d'être formés", rétorque Pierre Savigny. Jacky Balmine va plus loin : "Nous avons appris ce matin qu'une entreprise italienne allait venir sur l'île pour effectuer les travaux de peinture. Nous sommes à la limite de l'insulte. Cela veut dire qu'un travailleur réunionnais n'est pas capable de tenir un pinceau", s'insurge-t-il.

Les syndicats dénoncent également les conditions de travail de ces ouvriers européens. Ces derniers travailleraient près de 60 heures par semaine. "Les travailleurs qui sont là ne sont pas étrangers. Ils sont européens. A ce titre, nous exigeons que la réglementation européenne s'applique à ces ouvriers, comme elle s'applique à nous", commente Jacky Balmine. "Si on les faisait travailler 35 heures par semaine, des postes seraient libérés au profit des Réunionnais", propose le représentant de la CGTR.

C'est pour faire entendre leur mécontentement et leurs propositions que la CFDT et la CGTR se sont réunis devant la centrale thermique du Port ce mardi matin. Les premiers manifestants sont arrivés aux environs de 5 heures 30, empêchant ainsi les ouvriers de la centrale de pénétrer sur le chantier. Au fur et à mesure, la foule des mécontents a grossi.

Après différentes prises de parole, les manifestants ont décidé de pénétrer à l'intérieur du chantier. Ces derniers n'ont pas eu besoin de faire le forcing à l'entrée. "Le portail n'était pas fermé. On nous a quasiment laissé entré", indique Pierre Savigny, Après un sit-in d'environ une heure, un représentant d'EDF leur a demandé d'évacuer le chantier. Les membres des deux syndicats se sont exécutes tout en demandant à rencontrer un responsable sur le site. Ils ont obtenu gain de cause. Une rencontre avec Patrick Bressot a actuellement lieu. Ce dernier, qui était hors département, doit arriver sur l'île ce matin et rencontre les manifestants depuis 14h45. "Si on n'est pas entendu, tous les travailleur du BTP vont descendre dans la rue", prévient Jacky Balmine.

   

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