Ex salariés de l'Arast :

Les grévistes menacent de bloquer tout Saint-Denis


Publié / Actualisé
L'écrivain et journaliste Jules Bénard a annoncé "mettre fin" à sa grève de la faim, ce lundi 16 janvier 2012, en raison de problèmes médicaux. En solidarité avec les anciens salariés de l'Arast, il avait cessé de s'alimenter depuis le samedi 7 janvier 2012. Jules Bénard se plaint notamment de vertiges et de problèmes d'équilibre. Les cinq autres grévistes de la faim poursuivent leur action. Par ailleurs, au cours d'une conférence de presse, ce lundi, les ex-Arast ont lancé un ultimatum de moins de 24 heures à Nassimah Dindar, présidente du conseil général. "Sans solutions avant demain midi (mardi midi - ndlr), tous les accès principaux menant à Saint-Denis seront bloqués mercredi matin" menace Carmen Allié, en grève de la faim depuis 27 jours et extérieure au dossier.
L'écrivain et journaliste Jules Bénard a annoncé "mettre fin" à sa grève de la faim, ce lundi 16 janvier 2012, en raison de problèmes médicaux. En solidarité avec les anciens salariés de l'Arast, il avait cessé de s'alimenter depuis le samedi 7 janvier 2012. Jules Bénard se plaint notamment de vertiges et de problèmes d'équilibre. Les cinq autres grévistes de la faim poursuivent leur action. Par ailleurs, au cours d'une conférence de presse, ce lundi, les ex-Arast ont lancé un ultimatum de moins de 24 heures à Nassimah Dindar, présidente du conseil général. "Sans solutions avant demain midi (mardi midi - ndlr), tous les accès principaux menant à Saint-Denis seront bloqués mercredi matin" menace Carmen Allié, en grève de la faim depuis 27 jours et extérieure au dossier.
Alors que le conseil général estime avoir fait "une proposition constructive" pour sortir de la crise Arast, le mouvement des anciens salariés et des grévistes de la faim mobilisés devant les grilles du Département ne faiblit pas.

Ce lundi 16 janvier 2012, Ibrahim Dindar, vice-président du conseil général, faisait part de sa surprise face à la poursuite de cette mobilisation. "Nous sommes étonnés que cette affaire ne prenne pas fin. Nous avons rencontré le représentant du défenseur des droits et le président de la CFTC pour trouver une solution. Nous avons fait une proposition qui répond aux revendications de paiement des indemnités. Or, on nous en demande toujours plus", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le vice-président du conseil général a rappelé que sur les 1 200 salariés de l'Arast, 965 ont déjà été indemnisés sur décision de justice, soit par le conseil général, soit par l'AGS (assurance de garantie des salaires). Reste alors la question du règlement des indemnités des autres anciens salariés. Le conseil général a proposé d'avancer 50% des sommes que verseraient l'AGS à 241 personnes qui, volontairement, n'ont pas lancé de procédure en justice, et qui auraient droit à des indemnités entre 500 et 2000 euros. Le conseil général a proposé de faire la même chose pour 87 ex-salariés qui sont aujourd'hui en attente d'une décision du conseil des prud'hommes.

Cependant, la discussion du vendredi 13 janvier entre le conseil général, le représentant local du défenseur des droits et le président de la CFTC s'est interrompue. "On a arrêté la négociation parce qu'on allait dans des histoires de créances salariales et ça devenait dangereux. Nos avocats nous ont conseillé la prudence parce que nous n'étions plus dans le cadre des indemnités légales", explique Ibrahim Dindar. "Nous n'irons pas plus loin que ce que nous avons déjà proposé", ajoute-t-il.

Par ailleurs, il a insisté sur le fait qu'il "faut faire cesser les tensions". "On a dérapé", avoue-t-il, "mais après s'être fait traité de tous les noms, c'est compréhensible que les nerfs ont lâché", indique-t-il. "On ne veut pas personnaliser le dossier sur la personne. On veut dépolitiser la situation, c'est pourquoi Nassimah Dindar n'est pas là aujourd'hui", poursuit Ibrahim Dindar. Le vice-président du Département espère une sortie de crise rapide.

Malgré les propositions du conseil général, les anciens salariés mobilisés devant les grilles du Département et cinq des six grévistes de la faim continuent leur action. Le journaliste et écrivain Jules Bénard, épuisé, a en effet décidé de cesser sa grève de la faim. "J'ai tenu neuf jours, mais en raison de problème de santé, je dois arrêter, j'ai des problèmes d'équilibre et de vertige. Je poursuis tout de même le combat auprès de mes amis", confie-t-il.

Pour Paul Junot, secrétaire général de la CFTC, en grève de la faim depuis 27 jours, les paroles du conseil général ne suffisent plus. "Les déclarations de bonnes intentions ne sont pas satisfaisantes, nous voulons la signature d'un protocole d'accord, en présence de toutes les parties concernées : le conseil général, les AGS, l'inspection du travail, un représentant de la délégation Arast, et un médiateur qui pourrait être le défenseur des droits", déclare-t-il.

Le secrétaire général de la CFTC ne veut rien lâcher sur la question des créances salariales. "C'est une revendication que nous avions déjà formulée. Il s'agit de permettre la continuité du contrat de travail, ce qui représente le paiement du salaire durant la période entre la date de liquidation et la date de jugement", explique-t-il.

Les anciens salariés ont ainsi décidé de lancer un ultimatum au conseil général. "Si nous ne passons pas à des actions plus fortes, rien ne bougera. Cette situation ne peut plus durer. Le Département a jusqu'à ce mardi, 12 heures, pour signer un accord. Dans le cas contraire, Saint-Denis sera paralysé, les principaux axes routiers seront bloqués", annonce Carmen Allié, en grève de la faim depuis 27 jours.

Par ailleurs, les représentants de la société civile ont donné une conférence de presse ce lundi pour demander une résolution rapide dans le conflit de l'Arast. "Nous félicitons l'avancée de vendredi. Il faut maintenant ranger les couteaux aux vestiaires. Il faut que les ex-salariés, le conseil général et l'AGS se réunissent rapidement autour d'une table pour signer une sortie de crise", demandait Isnelle Gouljar, présidente de la Ligue des droits de l'Homme.

Samia Omarjee pour
   

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