Des éleveurs tentent de forcer le barrage des grévistes :

Cilam : opération coup de poing en pleine nuit


Publié / Actualisé
Aux environs de 2 heures du matin dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 juillet 2014, une trentaine d'éleveurs et de membres du personnel de Sicalait (dont du personnel d'encadrement), accompagnés de trois camions, ont tenté de forcer le barrage des grévistes devant les grilles de la Cilam. Une opération de force marquée par de nouvelles insultes et bousculades qui a profondément choqué les personnes présentes. Face à la résistance des grévistes, les éleveurs ont ouvert les vannes de deux camions afin de déverser leur cargaison de lait sur la chaussée, avant de finalement quitter les lieux. Ce vendredi matin, deux bus ont été affrétés pour emmener tout un contingent de salariés non grévistes à la sous-préfecture de Saint-Pierre afin d'y déposer une motion réclamant la libération des accès. (photo D.R.)
Aux environs de 2 heures du matin dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 juillet 2014, une trentaine d'éleveurs et de membres du personnel de Sicalait (dont du personnel d'encadrement), accompagnés de trois camions, ont tenté de forcer le barrage des grévistes devant les grilles de la Cilam. Une opération de force marquée par de nouvelles insultes et bousculades qui a profondément choqué les personnes présentes. Face à la résistance des grévistes, les éleveurs ont ouvert les vannes de deux camions afin de déverser leur cargaison de lait sur la chaussée, avant de finalement quitter les lieux. Ce vendredi matin, deux bus ont été affrétés pour emmener tout un contingent de salariés non grévistes à la sous-préfecture de Saint-Pierre afin d'y déposer une motion réclamant la libération des accès. (photo D.R.)

Il était près de 2 heures du matin quand la dizaine de salariés de la Cilam tenant le piquet de grève devant l’usine de Saint-Pierre ont vu débarquer ce qu’ils ont appelé un "commando". Soit une trentaine de personnes, éleveurs et membres du personnel de la Sicalait, appuyés par trois camions citernes remplis de lait. Leur objectif : faire céder le barrage des grévistes et pouvoir enfin pénétrer à l’intérieur du site.

Après deux jours plutôt calmes ayant suivi les violentes échauffourées de ce mardi 1er juillet entre grévistes et non-grévistes – lors desquelles l’un des grévistes, Jean-Noël Lebon, avait été étranglé puis hospitalisé -, le ton est donc de nouveau monté entre éleveurs et grévistes cette fois. Selon les dires de ces derniers, ils ont dû faire face en pleine nuit à un groupe d’hommes "déterminés et agressifs", dont certains appartenant au personnel d’encadrement de la Sicalait.

Les camions ont tenté d’avancer peu à peu en direction des grévistes qui se sont allongés devant les véhicules. Ralé-poussé, bousculade, insultes s’en sont suivis pour tenter de les déloger. Une fois encore, le dialogue que certains ont tenté d’instaurer s’est avéré impossible, les grévistes étant forcés de prévenir les forces de l’ordre.

De leur côté, les éleveurs ont ouvert les vannes de deux camions de la Sicalait afin de déverser leur cargaison de lait sur la chaussée, avant de finalement quitter les lieux.

Quelques heures auparavant, l’Union régionale Sud de la CGTR avait publié un communiqué pour dénoncer "le mépris de la direction", notamment vis-à-vis de Jean-Noël Lebon, qui dû être de nouveau hospitalisé ce jeudi et qui fait partie des salariés assignés devant le tribunal ce vendredi à 13 heures. "C’est tout simplement intolérable", estime l’URS CGTR.

"La direction n'a cessé de manipuler les salariés non grévistes pour les monter contre leurs collègues grévistes. Certains salariés confient aujourd'hui, à propos de la pétition, qu'on leur avait présenté ce document comme s'agissant d'un état de présence", poursuit le syndicat. "Nous venons d'apprendre qu'une manifestation de salariés non grévistes, encadrée par la direction, aura probablement lieu demain matin (ce vendredi, ndlr) en direction de la sous-préfecture de Saint-Pierre", ajoute-t-il.

Ce vendredi matin, aux environs de 10 heures, deux bus ont en effet été affrétés afin d'emmener tout un contingent de salariés non grévistes à la sous-préfecture de Saint-Pierre. "Nous allons déposer une motion pour dire qu'on veut travailler et qu'il faut libérer les accès car la majorité veut travailler aujourd'hui", a confié l'un de ces salariés, Gérald Ramalingom, au micro de RTL Réunion.

"Si ce conflit venait à durer, il est plus que probable que l'on se dirige vers un véritable carnage", conclut quant à lui le communiqué signé par le secrétaire général de l’URS CGTR, Pascal Hoareau, qui exige "l'ouverture immédiate des négociations afin d'éviter que d'autres épisodes aussi dramatiques ne se produisent".

www.ipreunion.com

   

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