Le directeur de la Sicalait répond aux grévistes demandant son départ :

Olivier Dekokère : "J'ai été choqué de lire dans la presse que j'étais raciste"


Publié / Actualisé
Depuis ce lundi 8 décembre, le directeur de la Sicalait Olivier Dekokère est sous le feu des critiques d'une grande majorité de son personnel, en grève illimitée pour demander son départ. Accompagné de Julien Huet, membre du conseil d'administration de la coopérative, il s'est exprimé ce mercredi devant la presse, évoquant des "malentendus" et des "incompréhensions" et prônant le retour au dialogue. "J'aime travailler avec les éleveurs, j'aime travailler avec mes salariés", a-t-il confié, ajoutant avoir été "choqué de lire dans la presse que j'étais raciste". De son côté, Julien Huet a affirmé qu'une "majorité d'éleveurs soutenaient le conseil et le directeur, parlant lui de "on-dit" voire d'un "complot" contre M. Dekokère. "De toute façon ce ne sont pas les salariés qui vont décider qui mettre en place, ça ne se passe pas comme ça... Et on trouvera des solutions pour collecter le lait", a également déclaré Julien Huet. Par ailleurs dans un communiqué lu aux grévistes ce mercredi soir, le Conseil d'administration de la Sicalait affirme avoir "entendu le malaise" des salariés "et les raisons qui (les) on poussé à déclencher ce mouvement de grève". Le communiqué reconnaît "certaines maladresses" du directeur et s'engage à "soigner la communication interne". Une communication restée sans effet sur les grévistes. Le mouvement de grève se poursuit.
Depuis ce lundi 8 décembre, le directeur de la Sicalait Olivier Dekokère est sous le feu des critiques d'une grande majorité de son personnel, en grève illimitée pour demander son départ. Accompagné de Julien Huet, membre du conseil d'administration de la coopérative, il s'est exprimé ce mercredi devant la presse, évoquant des "malentendus" et des "incompréhensions" et prônant le retour au dialogue. "J'aime travailler avec les éleveurs, j'aime travailler avec mes salariés", a-t-il confié, ajoutant avoir été "choqué de lire dans la presse que j'étais raciste". De son côté, Julien Huet a affirmé qu'une "majorité d'éleveurs soutenaient le conseil et le directeur, parlant lui de "on-dit" voire d'un "complot" contre M. Dekokère. "De toute façon ce ne sont pas les salariés qui vont décider qui mettre en place, ça ne se passe pas comme ça... Et on trouvera des solutions pour collecter le lait", a également déclaré Julien Huet. Par ailleurs dans un communiqué lu aux grévistes ce mercredi soir, le Conseil d'administration de la Sicalait affirme avoir "entendu le malaise" des salariés "et les raisons qui (les) on poussé à déclencher ce mouvement de grève". Le communiqué reconnaît "certaines maladresses" du directeur et s'engage à "soigner la communication interne". Une communication restée sans effet sur les grévistes. Le mouvement de grève se poursuit.

M. Dekokère, comment vivez-vous ce conflit ?

"Le sentiment que j’ai, c’est qu’on a sûrement des malentendus, que ces malentendus peuvent être levés, le tout c’est d’échanger. J’entends énormément de choses, je ne valide pas ce qui est dit. On n’attend qu’une chose, c’est que le dialogue soit ouvert et qu’on se rencontre. D’autre part, il me semble qu’il y a des salariés qui ont souhaité être à ces réunions et qu’ils ont été mis à la porte par leurs collègues représentant un syndicat. Je trouve dommage qu’on arrive à voir des groupes se créer parmi les salariés, parce que demain on va devoir travailler ensemble. On a réussi en 2014 à relever ce défi ensemble. La réussite c’est des chiffres, mais les chiffres viennent des éleveurs et des salariés, certes d’un mouvement insufflé par le conseil d’administration et la direction, mais les salariés ont réussi avec les éleveurs à relever ce challenge de plus d’un million de litres de lait en 2014."

Ce n’est pas cela qui est en cause, mais votre attitude et votre politique de management...

"Oui je l’entends. Échangeons. Il y a peut-être des incompréhensions de part et d’autre. En fonction des régions où on habite, on n’a pas forcément les mêmes façons de procéder. Il y a des incompréhensions. J’aime travailler avec les éleveurs, j’aime travailler avec mes salariés."

"J’ai un fonctionnement assez direct... Je suis du Nord..."

À quoi pensez-vous quand vous parlez de "régions différentes" et d’incompréhensions ?

"J’ai un fonctionnement assez direct... Je suis du Nord, j’ai travaillé dans d’autres départements de France, on n’a pas la même façon d’appréhender ou de comprendre les sujets."

On vous prête certains propos comparant des enfants à des chiens, et même la phrase suivante : "vous n’avez pas de chance, vous êtes noirs et réunionnais à la fois"...

"Je ne cautionne pas le deuxième propos et le premier est sorti de son contexte. Je ne répondrai pas plus que ça."

Reconnaissez-vous certains malentendus ?

"Il y a une nécessité d’avoir un dynamisme. On a fait beaucoup d’évolutions. Je peux comprendre les malentendus, qu’ils me les réexpliquent et qu’on reparte sur quelque chose de compréhensible de part et d’autre. Par contre, les objectifs doivent être menés ensemble et avec les compétences de chacun."

"Je suis directeur, j’ai des décisions à prendre"

On vous reproche un manque d’intégration dans le pays. Que répondez-vous ?

"J’ai de nombreux contacts non professionnels avec toutes sortes de gens, j’ai toujours été ouvert et ça m’a fortement choqué de lire dans la presse un dimanche que j'étais raciste."

Quand 90 % des salariés d’une entreprise sont en grève, ne se remet-on pas en cause lorsqu’on est manager ?

"Pensez-vous que même sans 90 % de salariés en grève on ne se remet pas en cause tous les jours ? Aujourd’hui, il y un souci, des difficultés d’échange, mais ce n’est pas aujourd’hui que je me remets en cause."

On vous reproche de penser avoir toujours raison, de trancher...

"Je suis directeur, j’ai des décisions à prendre et quand j’ai deux choix, je dois en faire un, donc je tranche."

"Il y a des salariés qui ne comprennent pas" cette grève

Etes-vous serein ?

"Serein, non, sinon ça voudrait dire que je ne me remets pas en question."

Vous sentez-vous incompris ?

"Incompris par certains, oui certainement. Mais il y a d’autres salariés qui ne comprennent pas, il y en  qui me disent qu’ils aimeraient venir travailler mais qu’ils n’y arrivent pas, il y en a d’autres qui ne comprennent pas la situation de ces salariés qui sont présents devant le siège de l’entreprise."

Certains prétendent que les deux dernières sociétés que vous avez dirigées ont fait faillite. Qu’en est-il ?

"Sous ma direction, je n’ai jamais eu aucune faillite, ni aucune liquidation."

Combien d’éleveurs sont de votre côté ?

"Il ne faut pas polémiquer sur les chiffres. Le sujet c’est qu’il faut que la coopérative reprenne son travail, qu’on collecte du lait car c’est notre métier, qu’on puisse livrer des produits à nos adhérents. Il faut reprendre pour les adhérents, mais aussi pour les clients des magasins."

"Il y a des questions qui doivent être levées"

Par quels moyens allez-vous obliger les salariés à reprendre le travail ?

"Mais je ne souhaite pas les obliger ! Il faut qu’on soit autour de la table. Ce qui a été proposé par le conseil, c’était d’échanger en préambule ensemble avec les représentants du personnel, d’ouvrir cette discussion aux cadres dirigeants de l’entreprise, puis à tous les employés de la Sicalait qui le souhaitent. Il y a des questions qui doivent être levées."

Combien de litres de lait ont-ils été perdus depuis le début de la grève ?

"Le lundi c’est notre plus grosse journée, on a collecté 58 000 litres de lait, hier 40 000, en gros on a jeté 50 % de la collecte hier. Sachez qu’on a un client qui a des produits qui sont faits avec du lait entier, donc il y aura des produits transformés qui ne seront plus dans les rayons..."

S’ils obtiennent une majorité, les éleveurs peuvent-ils convoquer une assemblée générale extraordinaire ?

"Non, il faut lire les statuts de l’entreprise. C’est le conseil qui convoque une assemblée générale, ordinaire ou extraordinaire. Et c’est le tribunal qui peut contraindre éventuellement le conseil à convoquer une assemblée générale et/ou à nommer un administrateur provisoire."

www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Lesklavage la pa fini, Posté
Monseigneur, merci dapprende à nou vive.... Peut être kin jour Nora in Kréol son place, au moins nora poin de malentendu "culturel"! Je suis diplômée et au chômage, le poste de monsieur n'entre pas dans mes compétences mais je suis certaine qu'il existe sur notre île des Réunionnais qui ont les compétences de monsieur. Toute baba figue y arrive pourvu na un cravate dan cou, faudrai nou tombe en admiration, arrête un pé don!
Alon Alon, Posté
Il serait bon d'aller voir de l'autre côté comment vont à présent les salariés de Delavaud Père et Fils et ceux des éleveurs de Challans suite à la liquidation judiciaire de leur boîte (supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunion.com)
Mangue carotte, Posté
Il semble que comme beaucoup de personnes ici encore ont des mentalités post coloniale. La vérité dans tout cela c'est que la plupart des postes de direction sont gérés par ces hommes et femmes de cet sorte là, à la Réunion.
Lacheté, depuis son mobile, Posté
Koi fé!! Na point la race po reconnaître ou aime pas "noir"!! ou oublie "je me créoliserais jamais"..ou la arrive ek out l esprit supériorité. .. po ou kréol lé plus bas que ou...air austral i fait le retour vers Paris...au cas où la oublié... ou c est un raciste????? ou donne à moins l envie de vomir...
AZERTY, Posté
Un directeur qui fonctionne sur des malentendus est un mauvais manager.
Par ailleurs on s'adapte à la culture dans laquelle on débarque sans préjugé d'un fonctionnement meilleur qu'un autre.
Les réponses de l'interviewé transpirent le néocolonialisme que les membres du conseil d'administration de la SICAlait semblent cautionner.
Ce directeur aurait-il eu le même comportement en Corse ?
Le gentillesse des Réunionnais les perdront.