Une centaine de salariés et d'éleveurs manifestent à la Plaine des Cafres :

La Sicalait toujours dans l'impasse


Publié / Actualisé
En grève depuis trois jours pour réclamer le départ du directeur Olivier Dekokere, les salariés de la Sicalait sont plus que jamais remontés contre leur conseil d'administration qui a rejeté leur demande ce mardi. Rejoints par leurs collègues de la filiale Fermes et Jardins et soutenus par certains éleveurs, ils sont au total près d'une centaine réunis ce mercredi 10 décembre 2014 devant le siège de la société à la Plaine des Cafres. Le mouvement de grève prend de l'ampleur pendant que les témoignages du malaise existant au sein de la coopérative se multiplient. Certains éleveurs menacent de renverser le conseil d'administration, tandis que d'autres se montrent solidaires de la direction de la Sicalait. Dans le même temps, ce sont 40 000 litres de lait qui sont perdus chaque jour depuis dimanche soir.
En grève depuis trois jours pour réclamer le départ du directeur Olivier Dekokere, les salariés de la Sicalait sont plus que jamais remontés contre leur conseil d'administration qui a rejeté leur demande ce mardi. Rejoints par leurs collègues de la filiale Fermes et Jardins et soutenus par certains éleveurs, ils sont au total près d'une centaine réunis ce mercredi 10 décembre 2014 devant le siège de la société à la Plaine des Cafres. Le mouvement de grève prend de l'ampleur pendant que les témoignages du malaise existant au sein de la coopérative se multiplient. Certains éleveurs menacent de renverser le conseil d'administration, tandis que d'autres se montrent solidaires de la direction de la Sicalait. Dans le même temps, ce sont 40 000 litres de lait qui sont perdus chaque jour depuis dimanche soir.

Du côté des grévistes de la Sicalait, mais aussi d’une bonne partie des éleveurs et désormais des salariés des magasins Fermes et Jardins, tous les regards sont tournés vers le directeur général Olivier Dekokere. Arrivé à ce poste il y a un peu plus d’un an, l’homme est parvenu à se mettre tout ce petit monde à dos.

"Nous connaissons de grosses difficultés, nous avons du mal à gagner notre vie, et lui il met la pression sur les éleveurs et les employés ! Nous voulons son départ !", lance ainsi Anthony Payet, éleveur laitier à la Plaine des Cafres. "Par le passé, le dialogue social a toujours existé. Mais actuellement, quand vous avez 80 ou 90 % du personnel qui parle de pressions, c’est que quelque chose s’est cassé", confie de son côté Alain Roumagnac, salarié d’un magasin Fermes et Jardins, évoquant lui "des préoccupations d’ordre économique concernant des décisions prises par la direction de la Sicalait".

"Féroce, méprisant, arrogant"

Mais c’est surtout au sein même du personnel de la Sicalait que les témoignages sont les plus édifiants. À un salarié lui expliquant ses difficultés à faire vivre sa femme et sa fille, le directeur Olivier Dekokere aurait par exemple répondu, devant plusieurs témoins : "Moi j’ai bien un chien..."

Brimades et pressions feraient ainsi désormais partie du quotidien de certains salariés, à l’image d’Alain Akono, en charge de la plateforme logistique située à l’Etang-Salé appelée communément le "magasin central". " C’est un comportement hebdomadaire... C’est une première, je n’ai jamais vécu ça... ", avoue-t-il, visiblement ému, décrivant M. Dekokere comme quelqu’un de "féroce, méprisant, arrogant".

Il raconte : "Ils ont redéfini une politique sur des engrais, des produits phytosanitaires, sans à aucun moment tenir compte de la logistique, sans savoir comment on allait livrer ces produits. Ils ont commencé à paniquer car nous arrivions en période cyclonique et que ces produits sont très mal stockés. Il fallait bien que quelqu’un prenne la responsabilité... Je me suis retrouvé dans une réunion "guet-apens" et j’ai pris... Depuis ce jour mon quotidien a changé."

Alain Akono décrit ce qu’il appelle des "tribunaux", soit "des entretiens surprises en fin de journée sur des questions qu’ils ont travaillées en amont et que je n’ai pas eu le temps de préparer". Et de poursuivre : "C’est une mise au placard. Si ce n’est pas du harcèlement, ça y ressemble énormément. C’est vous retirer des moyens de travail, c’est vous écarter des dossiers, c'est vous donner des objectifs inatteignables du jour au lendemain..."

"Nous allons basculer le conseil !"

Ce mardi, le conseil d’administration n’a pas voulu entendre parler d’un départ d’Olivier Dekokere, ce qui a eu le don de remonter une bonne partie des éleveurs. "Si le conseil ne décide pas, c’est nous qui allons le décider. On a quarante signatures d’éleveurs. Aujourd’hui notre but c’est de réunir ces éleveurs et de basculer le conseil pour renvoyer le directeur. La Sicalait appartient aux éleveurs ! Ce n’est pas le directeur ou le président qui ont mis la Sicalait en place, ce sont les éleveurs !", affirme Anthony Payet.

Dans le même temps, d’autres éleveurs se sont eux rangés du côté de la direction, laissant craindre une opposition entre "pro-grévistes" et "anti-grévistes". Une réunion a été organisée chez l'un d'entre eux à l'initiative du conseil d'administration de la Sicalait, à laquelle seuls certains éleveurs ont été conviés. Ils ont ensuite tenté de rallier, en vain, les partisans du départ d'Olivier Dekokere à leur cause.

Car le blocage de la Sicalait n’est pas sans conséquence, 40 000 litres de lait étant perdus chaque jour. "On sait très bien que cette grève n’arrange personne. Ce qu’on souhaite c’est que ce conflit ne s’éternise pas", assure Alain Roumagnac.

www.ipreunion.com

   

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