Filière lait :

Veille syndicale armée à la Sicalait


Publié / Actualisé
Ce lundi matin 22 décembre 2014, à la Sicalait, les différents protagonistes du conflit social, de la crise sanitaire et économique se sont observés, et continuent de le faire. La CGPER qui est entrée dans le débat, à la demande d'éleveurs fort soucieux de la viabilité de leurs entreprises et de la filière, soutient leur revendication pour la convocation d'une assemblée générale extraordinaire de la Sicalait, avec pour finalité la reprise en main de l'outil par les éleveurs coopérateurs. Quant à la CDFT, ses troupes ont repris le travail, mais sont prêts à relancer leur mouvement de grève si le directeur Dekokère réapparaît.
Ce lundi matin 22 décembre 2014, à la Sicalait, les différents protagonistes du conflit social, de la crise sanitaire et économique se sont observés, et continuent de le faire. La CGPER qui est entrée dans le débat, à la demande d'éleveurs fort soucieux de la viabilité de leurs entreprises et de la filière, soutient leur revendication pour la convocation d'une assemblée générale extraordinaire de la Sicalait, avec pour finalité la reprise en main de l'outil par les éleveurs coopérateurs. Quant à la CDFT, ses troupes ont repris le travail, mais sont prêts à relancer leur mouvement de grève si le directeur Dekokère réapparaît.

Pour la CGPER, Isabelle Payet, élue de la Chambre d'agriculture, éleveur de son état, porte-parole du syndicat dans cette affaire, avec Jean-Bernard Maratchia, premier vice-président du conseil d'administration de la Chambre et Olivier Bardeur, la matinée n'a pas permis d'engager la moindre discussion ou négociation avec la hiérarchie de la Sicalait. Néanmoins, la Confédération paysanne de la Réunion réaffirme son soutien aux éleveurs laitiers qui l'ont sollicitée. Leur volonté, portée par la confédération, porte sur la convocation d'une assemblée générale extraordinaire de la Sicalait avec pour finalité la dissolution du conseil d'administration et la mise en place d'une nouvelle équipe dirigeante.

Une pétition est en cours de signature auprès de tous les adhérents de la Sicalait de façon à fonder démocratiquement cette exigence. Cette pétition vient compléter celle qui avait été soumise précédemment aux seuls adhérents livreurs de lait ; un document qui donnait une majorité de 49 voix sur 73 pour la convocation d'une assemblée générale extraordinaire.

Mais, explique Mme Payet, nombre d'adhérents de la Sicalait ne livrent plus de lait… et il convient de recueillir leur avis pour agir. Pour Isabelle Payet, "éleveurs et salariés sont très motivés et très déterminés, car c'est leur avenir qui est en cause, leur outil de travail et leur filière…"

Pour information, la Sicalait qui a produit plus de 20 millions de litres de lait par an aurait à peine dépassé les 16 millions sur les derniers exercices, qu'elle comptait 151 éleveurs laitiers en 2000, quand il n'en reste que 73 aux dernières nouvelles, dont 48 connaissent de graves problèmes économiques, du fait des maladies qui déciment leurs troupeaux.

Selon Maurice Gigan (CFDT), "les salariés ont repris le travail, mais sont prêts et décidés à relancer leur mouvement de grève si d'aventure Olivier Dekokère se manifeste sur le site". Ce qui n'a pas été le cas à l'heure où nous écrivons. La plus grande défiance est exprimée à l'endroit du nouveau président, Julien Huet, dont l'élection est contestée, comme la démission-texto de Patrick Hoarau, son prédécesseur. Maurice Gigan souligne que dans la matinée un fort parti d'éleveurs était présent sur le site… Des éleveurs prêts à bloquer le véhicule de fonction d'Olivier Dekokère s'il se présentait, quitte à le laisser regagner ses pénates librement, mais à pied…

Quant à la mobilisation de la CGPER à la demande d'éleveurs laitiers, Maurice Gigan en prend acte, mais souligne que dans cette affaire il y a deux problématiques et deux combats, certes différents, mais convergents.

Néanmoins, il est un point sur lequel les deux parties sont en phase, le nécessaire départ du directeur Dekokère, quelle que soit l'issue de la crise…

Philippe Le Claire pour Imaz Press Réunion

   

1 Commentaire(s)

Fleur jaune , Posté
Vu au travers de la Presse le feuilleton SICA LAIT "les salariés veulent la tête du Directeur" enflamme nos campagnes et déchaine les commentaires chacun ayant choisi son champion.

Si la mayonnaise a aussi bien pris c'est qu'on y trouve ce qui convient a la préparation des fêtes du du 20 Décembre : un Directeur "raciste?" face à des salariés "responsables ?"qui ne veulent pas d'augmentation mais simplement libérer leur Coopérative et les éleveurs d'un mauvais choix de Directeur .. Ce n'est pas une grève pour gagner plus ;c'est le juste combat de la fierté péi contre la goyave de France .

Ce type de conflit n'est pas exceptionnel . Mais comment est il possible que le Conseil l'ait ignoré ,jusqu'à laisser les tensions se transformer en bezement avec comme seule alternative:la tête du Directeur ou la capitulation et la rancoeur des salariés ?.

Si le feuilleton a conservé tout son intérêt c'est que le Conseil d'Administration a mis le paquet pour nous surprendre. Il a su ménager le suspense pendant la semaine de grève a coup d'infos , d'intox, de contradictions et de réunions en des lieux secrets de Saint Pierre, la ou se décide ce qui est bon et ce qui ne l'est pas ; Le Président a su nous émouvoir en annonçant sous les vivats le départ du Directeur avant de prendre l'avion pour décompresser laissant ainsi le champ libre au vrai Boss qui en 24 heures a réécrit le scénario , échangé un Président usagé devenu indocile contre un tout neuf et renvoyé le personnel à sa place avec un DRH pour lot de consolation .

Hélas, les administrateurs ne sont pas élus pour faire leur numéro ou celui qu'on leur a programmé mais pour gérer ensemble leur coopérative et leurs filiales .Comment est il possible qu 'un Conseil d'Administration traine une semaine pour prendre une décision puis la renier (version A) ou puisse se vanter de n'en avoir pris aucune (version B)?
A l'évidence le Conseil d'Administrationde la Sicalait ne sait pas et ne peut pas fonctionner



Si le Conseil d'Administration n'a pas su dans un premier temps aider son Directeur à éviter le bézement , si le Conseil n'a pas su en une semaine de grève trouver une sortie honorable , si le Président a cru légitime d'annoncer la décision de licencier le Directeur et en a été puni ; c'est que contrairement a ce qu'ils croient ce n'est pas eux qui ont les cartes en mains.

S'il ne s'agissait que du fonctionnement de la Coopérative laitière ils pourraient décider ce qu'il leur semble juste et bon pour leurs élevages laitiers comme par le passé . Mais la SICALAIT est devenue par ses filiales CILAM et URCOOPA un enjeu trop important, qui va bien au delà de la production de lait local, ce qui explique que le PDG actionnaire de la filiale CILAM soit membre de poids au Conseil d'administration de la Sicalait et soit son représentant au Conseil d'URCOOPA.

Ainsi les quelques décisions importantes qui dépendent de la SICA LAIT comme les choix des président ou des directeur généraux a la sicalait ou a urcoopa ,ou les conditions de cessions d'actions de la CILAM , peuvent rester cohérentes avec les intérêts de la sociétés filiale ,ce qui peut etre légitime ,et ceux de son actionnaire .

Le conflit Personnel -Directeur à la Sicalait aurait pu rester une affaire interieure a la Sicalait et etre traité par le Conseil sans intervention extérieure. Même ,si le conflit venait a durer quelque temps encore , la perte de lait des éleveurs pouvait être réglée comme d'autre fois par une subvention . Mais l'intervention du Président de la SICALAIT a obligé a remettre brutalement les pendules a l'heure quitte a enkyster un conflit salarié-direction et à diviser durablement en clans les administrateurs et les éleveurs.
Il n'était en effet pas tolérable pour la CILAM, qui doit gérer ses propres conflits sociaux, de voir sa maison mère aller jusqu'à céder aux salariés la tête d'un Directeur qu'elle avait elle même choisi pour la Si calait.
Il devenait risqué pour la CILAM , et pour son PDG encore actionnaire important, de voir le Président de la SICALAIT casser sa laisse en décidant d'agir, avec ou sans l'aval de son Conseil selon les versions .

Le mal est fait, l'imbroglio juridique et humain a la SICALAIT sera difficile a dénouer et empoisonnera encore longtemps la vie et les relations des administrateurs, des salariés et des éleveurs . Mais l'essentiel aura été qu'une fois encore les activités industrielles des Bas et leur manager ne soient pollués par les énervements ,si mauvais pour le business, des éleveurs des Hauts .