Protestation contre le plan de retour à l'équilibre financier :

Hôpital - Grève illimitée au CHU de La Réunion


Publié / Actualisé
Seule la CFDT de la fédération "Santé-Sociaux" appelle à la grève illimitée à partir de ce mardi 30 janvier 2018 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion. L'organisation dénonce le plan de retour à l'équilibre (PRE) de la direction. Notamment le non-renouvellement de plus de 1.200 contractuels. Ce mercredi 31 janvier à Paris, le directeur général Lionel Calenge va demander l'attribution d'une aide à l'investissement au Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins (COPERMO). Les syndicats ont voté contre ce PRE mais tous n'appellent pas à la mobilisation. Certains exigent le départ de la direction générale à l'origine selon eux du déficit de l'établissement : 35 millions d'euros en 2016 selon Monsieur Calenge. (Photo d'archives)
Seule la CFDT de la fédération "Santé-Sociaux" appelle à la grève illimitée à partir de ce mardi 30 janvier 2018 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion. L'organisation dénonce le plan de retour à l'équilibre (PRE) de la direction. Notamment le non-renouvellement de plus de 1.200 contractuels. Ce mercredi 31 janvier à Paris, le directeur général Lionel Calenge va demander l'attribution d'une aide à l'investissement au Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins (COPERMO). Les syndicats ont voté contre ce PRE mais tous n'appellent pas à la mobilisation. Certains exigent le départ de la direction générale à l'origine selon eux du déficit de l'établissement : 35 millions d'euros en 2016 selon Monsieur Calenge. (Photo d'archives)

 

Suppression de 155 postes et d’une centaine de lits dans le département, externalisation programmée du secteur logistique… Certains aspects de ce plan restent en travers de la gorge de la CFDT. Avec 30 millions d’euros d’économie prévus en cinq ans. Le Conseil de surveillance a validé ces mesures le 22 janvier. Les organisations syndicales, le Comité technique d’établissement (CTE), la Communauté médicale et la Commission des soins se sont opposés à ce PRE.

Le secrétaire général de la CFDT Expédit Lock Fat se trouvera ce mardi devant le piquet de grève au CHU Nord à Bellepierre.

"On lance le mouvement car il y a une demande de terrain. Il n’y a aucun projet de suivi des personnels dans ce plan. Nous voulons lui rajouter un volet social. Il n’y a rien pour les 1.200 contractuels", tacle le représentant syndical, joint par téléphone. Des négociations ont déjà été entamées avec la direction à ce sujet. Pas suffisant pour empêcher la grève prévue ce mardi devant le CHU Nord.

Il appelle à amplifier le mouvement ce 31 janvier, jour du COPERMO. "Il va y avoir 155 suppressions d’emplois. Les départs à la retraite non-remplacés sont un effet d’annonce. Il y a 53 redéploiements de poste mais il n’y a pas de commission spéciale pour suivre ces personnels." Le syndicaliste assure vouloir sauver le maximum d’emplois. Il a écrit ce lundi 29 janvier à Lionel Calenge pour lui demander d'organiser un nouveau CTE afin d’examiner à nouveau son plan.

Lire aussi : Le Conseil de Surveillance valide le plan de redressement

"Les représentants du personnel ont voté unanimement contre ce plan en comité technique d’établissement. Le directeur général doit à nouveau convoquer ce CTE pour rediscuter de ce dossier. C’est la loi. C’est une grève illimitée. Nous nous mobiliserons aussi mercredi pour maintenir la pression." Un mouvement national va aussi avoir lieu ce mardi dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Expédit Lock-Fat espère recevoir le soutien de cette catégorie de grévistes. Tout comme il espère le ralliement d’autres syndicats lors des prochains mouvements sociaux. C’est loin d’être gagné… Comme le confirme Isaline Tronc, secrétaire générale adjointe de la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de La Réunion (FAFPHR).

"Seule la CFDT appelle à la grève. Le syndicat a fait partie de ceux qui ont porté très haut la candidature de Monsieur Calenge. Notre syndicat ne veut pas prendre en otage les patients de l’hôpital. La grève est le dernier recours", tance la syndicaliste. Son organisation se compose d’une très grande majorité de médecins et d’autres personnels soignants. Selon elle, le CHU va obtenir une aide à l’investissement de la part du COPERMO.

Mais Madame Tronc espère surtout la nomination d’une nouvelle équipe de direction à la tête du Centre hospitalier universitaire. Elle ne reconnaît "aucune légitimité" à Lionel Calenge "pour décider des pistes d’économie car il y a eu une défaillance managériale", de sa part. "Il est arrivé en 2012, année de création du CHU, où il y avait un excédent budgétaire. 5 ans plus tard, on a un déficit de 110 millions d’euros dont au moins 70 millions de 2016 à 2017", commente-t-elle.

Des chiffres bien loin de ceux donnés par Lionel Calenge le 22 janvier. Selon le FAFPHR, il n’existe ni stratégie ni projet médicaux à l’heure actuelle. La continuité des soins serait menacée d’après ses représentants.

"Prenons le risque de gagner avec de nouveaux dirigeants ou avec une administration provisoire. Nous attendons du COPERMO une aide à l’investissement et une nouvelle équipe afin de gérer les fonds alloués. Il faut des personnes capables de les gérer", ajoute-t-elle.

Lire aussi : Le syndicat FAFPHR veut "rétablir la vérité"

Autre organisation à réagir : l’Union syndicale solidaires sud santé sociaux. Ses représentants assument d’ailleurs leur absence au CTE du 22 janvier, jour de l’examen du plan de retour à l’équilibre. "Un acte militant", affirment dans un communiqué Bernard Ramalingom, le secrétaire de section et Kim Demeurie, le secrétaire départemental.

D’après eux, ce projet va diminuer les capacités d’accueil et de fonctionnement du CHU. En cause : la suppression des 155 postes dans un contexte de fort chômage dans l’île.

"La section syndicale Sud Santé n’a eu de cesse de faire connaître son refus quant à ce plan de redressement qui prévoit entre autres un plan social d’envergure avec la fermeture définitive de 123 lits de Médecine/Chirurgie/Obstétrique, contre la création de 62 lits en Hospitalisation Ambulatoire. Cela revient à dire que la direction du CHU fait le choix de priver la population réunionnaise de 48 lits d’hospitalisation et de 155 agents", écrivent les syndicalistes.

Même les maires du Sud de l'île ont critiqué certains points du "plan Calenge". Mandaté par eux, le maire du Tampon André Thien-Ah-Koon a indiqué en leur nom ne pas vouloir "d'un CHU au rabais". En cause : les suppressions de postes et de lits dans plusieurs établissements.

Des critiques sévères adressés à propos de ce plan de retour à l'équilibre. Même si les syndicats, vous l’aurez bien compris, n’adoptent pas tous la même stratégie. Peut-être rejoindront-ils la grève illimitée lancée par la CFDT ? La tendance de la mobilisation de ce mardi donnera une idée de l'état d'esprit des troupes.

ts/www.ipreunion.com

   

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