Appel à témoignages :

Discrimination et services publics, le Défenseur des Droits interroge les Ultramarins


Publié / Actualisé
Le Défenseur des Droits lance un appel à témoignages auprès des habitants des Outre-mer, "afin de mieux comprendre leurs difficultés d'accès aux services publics et les éventuelles discriminations dont ils sont victimes," écrit l'institution sur son site. L'enquête ne dure pas plus de dix minutes. Elle sera en ligne jusqu'à fin mai 2019. En ligne de mire, la dématérialisation des services publics, ce passage au tout numérique qui laisse des milliers de personnes sur la route...
Le Défenseur des Droits lance un appel à témoignages auprès des habitants des Outre-mer, "afin de mieux comprendre leurs difficultés d'accès aux services publics et les éventuelles discriminations dont ils sont victimes," écrit l'institution sur son site. L'enquête ne dure pas plus de dix minutes. Elle sera en ligne jusqu'à fin mai 2019. En ligne de mire, la dématérialisation des services publics, ce passage au tout numérique qui laisse des milliers de personnes sur la route...

"C’est pour mieux connaître la situation des personnes d’Outre-mer par rapport à l’accès aux droits, aux services publics et aux discriminations dont elles seraient éventuellement victimes," que cette enquête est lancée, indique Didier Lefèvre, délégué du Défenseur des Droits à La Réunion et à Mayotte.

Depuis le début du mois de février, chaque habitant des Outre mer, des Antilles à la Polynésie française en passant par La Réunion, peut répondre au questionnaire. Anonyme, cet appel à témoignages devra également préparer la venue sur l’île de Jacques Toublon, Défenseur des Droits en septembre 2019.

Accès aux soins, aux droits, à l’éducation, amélioration du service public, chômage, pauvreté… Les thèmes soulevés par le questionnaire sont des revendications des Gilets Jaunes réunionnais. Si l’initiative "n’est pas directement liée au mouvement social, elle se pose les mêmes questions… Elle essaye de comprendre les discriminations, les inégalités. On essaye de renter dans les détails," précise Didier Lefèvre.

A La Réunion, environ 800 réclamations sont envoyées à l’institution par an. "Ce sont surtout des sollicitations en rapport à des dysfonctionnements du service public et des discriminations,"  détaille Didier Lefèvre.

Dématérialisation des services publics

Des chiffres qui pourraient augmenter… En janvier dernier, Jacques Toubon mettait ainsi en garde contre une dématérialisation "à marche forcée" des services publics dans un rapport. Demander des allocations, payer ses impôts, renouveler sa carte grise… Tout passe et passera par Internet. Si les démarches en ligne peuvent faciliter la vie de certains, pour d’autres, elles sont un véritable cauchemar. Pire, elles pourraient être un nouveau facteur d’exclusion.

Face au numérique, tous les Français ne sont pas égaux et pour Jacques Toubon, les habitants des Outre-mer pourraient être fortement impactés. "L’accès au matériel informatique et à une connexion internet de qualité, reste difficile dans les territoires ultramarins. L’Outre-mer n’a pas bénéficié contrairement à la métropole du développement des offres de forfaits "low cost" et de la baisse des prix," écrit-il ainsi dans ce rapport.

Le Défenseur des Droits cite l'exemple d'un couple résidant en Guadeloupe qui a constaté que le virement de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), dont ils étaient bénéficiaires, ne parvenait plus sur leur compte en banque. "Ils se sont déplacés à la CAF et ont été informés qu’une notification de suspension de l’AAH leur avait été envoyée par courriel via leur compte CAF, mais que les délais pour déposer un recours amiable étaient dépassés. Or, âgés de 75 et 86 ans, ils ne disposaient ni d’un ordinateur, ni d’une connexion internet. L’abonnement internet coutant 40 euros par mois, ils indiquent ne pas en avoir les moyens financiers. Après l’intervention du Défenseur des droits, la CAF a accepté leurs recours contre la décision," signale le rapport de l'Institution.

Un questionnaire pour tous et toutes

Grâce aux réponses de cet appel à témoignages lancé depuis le début du mois, le Défenseur des Droits pourra alerter ou sensibiliser les pouvoirs publics.

Pour répondre au questionnaire c'est ICI

Pour Didier Lefèvre, il "est intéressant car nous pouvons avoir l'opinion de personnes qui ne saisissent pas forcement le Défenseur des Droits. Ce ne sont pas des réclamations mais des témoignages." Il touche toutes les populations, et même les mineurs de plus de 16 ans peuvent participer. Vous avez jusqu'au mois de mai...

nt/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Blabla, Posté
un questionnaire en ligne destinés à ceux qui ont des difficultés avec les démarches en ligne, les publics déconnectés, illetrés.... C'est se moquer des difficultés rencontrées par ces personnes. Pensez-vous atteindre ces personnes avec votre questionnaire dématérialisé?
Michel, Posté
j'ai rempli le questionnaire du Défenseur des Droits, dont je crois qu'il n'a pas vérifier le questionnement. Il ne concerne en rien la problématique des difficultés de la population à accéder à internet et de comprendre la démarche mise en place.. Complètement à côté de la plaque. L'exemple donné dans le papier du journaliste est trop succinct. Combien de jeunes, aguerris au sms ne peuvent pas remplir un questionnaire de Pôle Emploi et bien d'autres paperasses, qu'il soit à un guichet ou sur une page informatisé. Je ne suis pas pour un mouvement social qui perdure avec en toile de fonds des revendications sans fondements. Combien sommes nous jeunes et moins jeunes, être en capacité de solliciter le Défenseur des Droits?