[VIDÉO] Élan de solidarité :

"Koulèr lo kèr": coiffer les SDF pour leur redonner confiance en eux


Publié / Actualisé
Laissés pour compte, en marge de la société, les sans domicile fixe finissent par faire partie du décor. Pourtant ces invisibles sont des centaines à La Réunion. Les politiques publiques sont insuffisantes, souvent inadaptées à la réalité du terrain et les budgets trop étriqués. Pourtant, ces sans domicile fixe sont là, dans cette situation qui résulte d'un accident de la vie, un accident de parcours, une rupture, la dégringolade sur l'échelle sociale. La plupart du temps, leur seule planche de salut, c'est le tissu associatif, très actif à La Réunion. L'association Koulèr lo kèr apporte aux SDF ce qui leur manque : de l'attention et de quoi reprendre confiance en eux. (Crédit photo Nikky Neko Photography)
Laissés pour compte, en marge de la société, les sans domicile fixe finissent par faire partie du décor. Pourtant ces invisibles sont des centaines à La Réunion. Les politiques publiques sont insuffisantes, souvent inadaptées à la réalité du terrain et les budgets trop étriqués. Pourtant, ces sans domicile fixe sont là, dans cette situation qui résulte d'un accident de la vie, un accident de parcours, une rupture, la dégringolade sur l'échelle sociale. La plupart du temps, leur seule planche de salut, c'est le tissu associatif, très actif à La Réunion. L'association Koulèr lo kèr apporte aux SDF ce qui leur manque : de l'attention et de quoi reprendre confiance en eux. (Crédit photo Nikky Neko Photography)

"Faire don de soi"

Au départ, un drame personnel puis une envie de rebondir plus forte que la tristesse. Aider les autres, se sentir utile, faire don de soi. Au départ, Koulèr lo kèr, c’est l’histoire de Stéphane et sa cousine Isabelle. Stéphane est coiffeur la kour depuis une vingtaine d’années, pour Isabelle, la coiffure, c’est son métier.

Au départ, Stéphane s’oriente vers les hôpitaux pour mener ses actions mais les démarches administratives le freinent. Il décide alors de sortir des sentiers battus, d’aller à la rencontre de ceux qu’on ne voit pas, ces invisibles qui hantent les rues, les sans domicile fixe. Stéphane arpentent alors les rues avec son matériel dans son sac à dos et un tabouret. Et ça prend tout de suite, l’émotion est au rendez-vous "un coup de peigne, une jolie coupe, un rasage de près, juste un soin, la gratitude dans leur regard, la reconnaissance, à chaque fois, ça me prend aux tripes. Pour moi ce n’est rien, juste un peu de mon temps mais pour eux, c’est énorme" s’émeut Stéphane.

Regardez

"Un bon geste en entraîne un autre"

Emballé, il décide d’embarquer Isabelle dans l’aventure. Déjà très active dans le milieu associatif, elle ne se fait pas prier. Et Stéphane se rend compte qu’offrir ces prestations à ces SDF dans leur environnement a un impact pour ceux qui passent souvent et qui ne les remarquent plus "ça donne envie aux passants de donner, d’aider, ça incite à faire un geste. Une femme est passée à côté de nous, elle n’a pas cherché à savoir qui nous étions, ce que nous faisions, elle a tendu deux tickets restaurant au SDF dont nous nous occupions et a juste dit ‘un bon geste en entraîne un autre’ puis elle est partie. Aujourd’hui, on peut dire que c’est notre philosophie."

Et Stéphane l’avoue, cette aventure débutée il y a six mois est cathartique "cette complicité, cette proximité avec eux, ça me procure un bien fou. C’est nous qui sommes riches d’eux pas le contraire. Les échanges sont sincères et viennent du cœur, c’est de plus en plus rare de nos jours."

Pas de jugement

Une mise à nue, mais aussi une confrontation brute avec une autre réalité "les SDF sont souvent stigmatisés, montré du doigt. Beaucoup de gens pensent qu’ils sont tous alcooliques et violents, il ne faut pas généraliser. Oui, il y en mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le droit d’être aidés et surtout, il faut essayer de comprendre qui ils sont et comment ils en sont arrivés là. E général, c’est un accident de la vie. On ne choisit pas d’être SDF, cela peut arriver à tout le monde."

Une à deux maraudes par mois

Et le bouche à oreille fonctionne, des personnes venues de tous horizons se sont greffées au projet. Une association est née en août dernier "Koulèr lo kèr". Ils sont maintenant une dizaine de bénévoles à œuvrer aux quatre coins de l’île. Une dizaine de maraudes réalisées, une centaine de SDF coiffés mais aussi des distributions de kit d’hygiène, de vêtements...

Une cagnotte solidaire

L’association veut aller plus loin. Une cagnotte a été ouverte pour pouvoir l’aider à financer ses prochaines missions "on aimerait acheter des choses qui sont essentielles quand on vit dans la rue à La Réunion, des casquettes, des lunettes de soleil, des imperméables… des choses anodines mais qui ont leur importance. Les kits d’hygiène que nous distribuons, sont élémentaires pourtant, pour eux, ça change tout, ça leur redonne confiance en eux, une meilleure estime d’eux-mêmes, leur regard change, c’est important."

Le dimanche 15 décembre, un Noël avant l’heure sera organisé, au programme pour les bénévoles de Koulèr lo kèr : des coupes, distribution de vêtements habillés, un bon repas, partager un moment convivial. Juste apporter un peu de chaleur humaine et de répit à ces femmes et hommes qui ne vivent pas mais survivent.

fh /www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Shabine, depuis son mobile, Posté
Bonjour,

j'aimerais rentrez en contact avec l'association.
Puis-je avoir les coordonnées.

Cordialement.
Riche de coeur, Posté
"On vit de ce que l'on obtient. On construit sa vie sur ce que l'on donne". (Winston Churchill)