Les syndicats pas muets pour autant :

1er mai : la fête du travail au temps du confinement


Publié / Actualisé
Ce 1er mai 2020 a un goût étrange chez les syndicats de tout bord : confinés, ils ne pourront pas participer au traditionnel défilé de cette journée internationale des revendications. Alors qu'une crise économique sans précédent menace la planète après la pandémie de Covid-19, beaucoup s'inquiètent d'ailleurs de l'avenir du code du travail français comme on le connaît aujourd'hui.
Ce 1er mai 2020 a un goût étrange chez les syndicats de tout bord : confinés, ils ne pourront pas participer au traditionnel défilé de cette journée internationale des revendications. Alors qu'une crise économique sans précédent menace la planète après la pandémie de Covid-19, beaucoup s'inquiètent d'ailleurs de l'avenir du code du travail français comme on le connaît aujourd'hui.

"Cette crise sanitaire a mis en lumière ce que nous dénoncions déjà : la précarité des emplois essentiels, la fragilisation de notre système de santé" souligne Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU. "Et l'urgence sanitaire a écorné un peu plus les droits du travail et des salariés" alerte-t-elle.

Elle s'inquiète des conséquences à venir pour les salariés les plus précaires, craignant que les "droits des travailleur-euses  ne doivent pas être sacrifiés au prétexte d’une situation d’exception". Si les réformes en cours, sur le chômage et la retraite notamment, ont été suspendues, rien n'indique le gouvernement les a totalement abandonnées. Et rien n'indique non plus qu'une refonte complète du code du travail ne soit adoptée afin de tenter de sauver les meubles après plus de deux mois d'asphyxie économique. "Il faut mettre un terme à la casse du service public" réclame-t-elle par ailleurs.

Des inquiétudes partagées par le secrétaire général de FO, Eric Marguerite, qui souligne que "cette crise sanitaire démontre bien que notre système de consommation n'est plus viable". Celui-ci réclame avant tout retour au travail des conditions sanitaires et de sécurité acceptable pour les salariés.

- Garantir la sécurité des salariés -

"Le jour d'après sera le jour d'avant" souligne-t-il cependant, peu confiant qu'un changement sera opéré par le gouvernement. S'il salue lui aussi la suspension des réformes en cours, il s'inquiète du fait qu'elles pourraient faire leur réapparition une fois l'ouragan du Covid-19 passé. "Il faut pouvoir garantir la sécurité aux salariés, ce qui n'est pas possible aujourd'hui, particulièrement dans les secteurs comme le BTP" regrette-t-il.

Un avis partagé par la CGTR BTP d'ailleurs : "relancer l’économie, oui, sinon nous pleurerons tous nos emplois perdus … Mais quand ? Et à quel prix ? Pas notre santé, ni celle de nos enfants et de nos gramounes" écrit Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR BTP. Comme la FSU, il fustige d'ailleurs la reprise des cours, et le retour obligatoire au travail pour certains corps de métier.

"Les patrons du BTP ont cédé devant la menace de l’Etat de leur couper l’indemnisation du chômage partiel : le BTP va reprendre ; appuyons nous sur l’accord régional qui protège un peu mieux les travailleurs … soyons intraitables dans nos entreprises sur nos conditions de sécurité et exemplaires dans notre vie de tous les jours" alerte-t-il

- "Défilons sur les réseaux sociaux" -

Chez les dockers de la CGTR, la chanson est la même : cette crise ne doit pas servir de faire-valoir à une refonte du code du travail, obligeant les salariés à abandonner des acquis sociaux bien ancrés. "Les pertes d'emplois, le chômage qui va frapper une partie des salariés, c'est une triste réalité à laquelle il va falloir faire face" déplore Danio Ricquebourg, secrétaire général de la CGTR Ports et Docks.

S'il admet que la reprise du travail est nécessaire, il s'interroge tout de même sur les conditions de travail de chacun : les employés seront-ils suffisamment protégés ?

Les syndicats ne se démontent en tout cas pas pour ce 1er mai : confinés, oui, mais pas muets pour autant. Les représentants syndicaux des dockers se sont d'ailleurs donnés rendez-vous au port à midi et demi pour une session d'applaudissement afin de remercier tout le personnel qui a continué à travailler pendant la crise.

L'intersyndicale veut continuer de sensibiliser à travers les réseaux sociaux. "Défilons sur les réseaux sociaux, ne laissons pas passer la fête du Travail." appelle Jacky Balmine. Au niveau national aussi, d'ailleurs, chacun s'organise à sa manière. "Casserolade", dépôt de fleurs en direct sur Facebook… Chacun y va de son imagination. Avant de pouvoir de nouveau manifester dans les rues bien sûr.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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    1 Commentaire(s)

    Kool, Posté
    La précarité des emplois, ce n'est pas gênant, cela facilite la fluidité et la diversité du travail, ce qui en soi est enrichissant. Ce qui compte socialement c'est la sécurité des revenus. Il serait bon de dissocier emploi et revenu, mais peu de moune en parle, à commencer par le revenu de base universel. Cause à Maslow.