Un hommage national à Samuel Paty est aussi prévu :

Les élèves débutent leur semaine avec un protocole sanitaire renforcé


Publié / Actualisé
Ce lundi 2 novembre 2020, les enfants et adolescents de La Réunion entament leur deuxième semaine de cours post-rentrée. Un lundi marqué par le renforcement du protocole sanitaire et par un second hommage à Samuel Paty, professeur assassiné le 18 octobre dernier, alors que la Métropole fait sa rentrée scolaire sous le signe du reconfinement (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce lundi 2 novembre 2020, les enfants et adolescents de La Réunion entament leur deuxième semaine de cours post-rentrée. Un lundi marqué par le renforcement du protocole sanitaire et par un second hommage à Samuel Paty, professeur assassiné le 18 octobre dernier, alors que la Métropole fait sa rentrée scolaire sous le signe du reconfinement (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Une rentrée qui pourrait aussi être turbulente en Métropole, puisque que les syndicats appelaient à la mobilisation ce dimanche sur les réseaux sociaux. La raison de leur colère : la suppression du temps de discussion entre professeurs avant l'hommage à Samuel Paty. "Ce n'est pas quelque chose qui nous concerne directement, ayant fait notre rentrée la semaine dernière" explique Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU Réunion.

Pas d'appel à la grève à La Réunion donc, mais un agacement tout aussi palpable. "Que ce soit concernant l'hommage ou le protocole sanitaire, il existe un réel manque de considération et de communication de la part de notre ministère" continue-t-elle.

Le rendez-vous est donc donné à 14 heures ce lundi à La Réunion, pour rendre hommage à Samuel Paty. "A part une minute de silence, qu'on observera à la même heure qu'en Métropole, je ne vois pas vraiment ce qu'on va pouvoir faire de plus" souligne Marie-Hélène Dor.

Cet attentat à l'encontre d'un professeur a d'ailleurs incité les autorités à renforcer la protection des professeurs, en signant notamment une convention entre le rectorat, la justice et les forces de l'ordre.

Ce lundi une autre convention de partenariat entre la gendarmerie, le rectorat, et le collège Henri Matisse sera par ailleurs signées, afin "de favoriser et de dynamiser le lien Gendarmerie-Nation, de sensibiliser des élèves aux problématiques relatives à la défense et à la sécurité nationale et de développer leur sens de la citoyenneté".

- Le masque porté dès six ans -

A noter par ailleurs qu'à La Réunion le renforcement du protocole sanitaire intervient alors que dès la première semaine de reprise, 37 élèves et 12 personnels ont été testés positifs à la Covid-19.  Dès ce lundi, les enfants de plus de six ans sont aussi invités de porter un masque au sein des établissements scolaires, avec l'accord de leurs parents. Ces masques ne seront pas fournis par l'Education nationale, bien qu'un quota d'appoint soit disponible. Il revient donc aux familles de les fournir à leurs enfants.

Les établissements doivent aussi continuer à limiter au maximum les brassages d'élèves, à la cantine et dans la cour de récréation. Les règles de nettoyage et de désinfection restent les mêmes : il faut le faire le plus fréquemment possible.

Une directive qui laisse perplexe. "Il y a bien trop de "si possible" dans ce protocole. Pour que nous soyons en capacité de respecter ces règles, il faut investir dans du personnel supplémentaire, ce qui ne sera pas fait" souligne Marie-Hélène Dor, qui s'interroge par ailleurs sur la pertinence d'éviter les brassages d'élèves.

Un avis partagé par la SNUipp-FSU, la branche des professeurs des écoles de la FSU. "Il faut recruter des enseignants pour diminuer les effectifs par classe, investir dans les locaux scolaires pour assurer l'aération et la présence de points d'eau" interpelle le syndicat concernant ces nouvelles demandes. Il a donc demandé au rectorat que le lundi 2 et le mardi 3 novembre soient réservés à la préparation de ces nouvelles règles. Il n'a pas obtenu gain de cause.

Ce nouveau protocole, légèrement renforcé, survient alors que la défiance vis-à-vis de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, est à son comble. Ce dimanche, syndicats et professeurs appelaient à sa démission sur les réseaux sociaux.

Pour sa part Olivier Véran, ministre de la Santé, n'a par ailleurs pas exclu une fermeture des lycées en cas d'aggravation de la crise, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche. Une décision qui irait à contre-courant des affirmations du gouvernement, qui assure que la plupart des contaminations des élèves et personnels a lieu en dehors de l'école.

"C'est une affirmation dont j'aimerais avoir la preuve. De plus, même si c'était le cas, ça ne changerait rien : les élèves et personnels continuent d'aller en cours, jusqu'à que leur contamination soit confirmée" conclut Marie-Hélène Dor.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Une minute de silence pour ce garçon à qui nous pensons chaque jour , c est bien.
Ça n empêchera pas les récidives hélas, on l'a vu, mais ça lancera un dialogue nécessaire avec les enfants.
Et peu importe s il n y a pas eu de rencontre préalable avec les syndicats. Les professeurs sont des enseignants
Qui savent expliquer ...
Eve, Posté
Mais vous n'avez pas honte de montrer des photos avec des classes avec si peu d'élèves ? Où avez vous pris cette photo ? Un scandale ... Je suis outrée
MÃ'véLang, Posté
Pour ceux qui ne veulent pas participer à la mascarade et qui ne sont pas hypocrites, sont-ils obligés de rester à la maison ?Je ne vois pas pourquoi on m'impose de lui rendre hommage, où est la démocratie, où est la liberté ?