Loi de "sécurité globale" :

Mais de quoi ont peur le gouvernement et une partie des forces de l'ordre...


Publié / Actualisé
Le droit d'informer et la liberté d'expression sont-ils en voie de disparition ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser dans le cadre de l'examen par l'Assemblée Nationale de la loi dite "sécurité globale". Vendredi dernier, l'article 24 a déjà été voté. C'est celui qui fait fortement polémique, il interdit la captation de l" image du visage ou tout autre élément d'identification" des forces de l'ordre quand elle porte "atteinte" à leur "intégrité physique ou psychique". Le texte laisse place à une interprétation large et fait surtout planer la menace d'une atteinte grave à ces deux libertés fondamentales. Mais de quoi ont donc peur le gouvernement et une partie des représentants des forces de l'ordre ? (Photo rb/www.ipreunion.com)
Le droit d'informer et la liberté d'expression sont-ils en voie de disparition ? C'est la question qu'on peut légitimement se poser dans le cadre de l'examen par l'Assemblée Nationale de la loi dite "sécurité globale". Vendredi dernier, l'article 24 a déjà été voté. C'est celui qui fait fortement polémique, il interdit la captation de l" image du visage ou tout autre élément d'identification" des forces de l'ordre quand elle porte "atteinte" à leur "intégrité physique ou psychique". Le texte laisse place à une interprétation large et fait surtout planer la menace d'une atteinte grave à ces deux libertés fondamentales. Mais de quoi ont donc peur le gouvernement et une partie des représentants des forces de l'ordre ? (Photo rb/www.ipreunion.com)

A l’origine, le texte portait sur un renforcement des pouvoirs de la police municipale, dans un contexte de hausse des violences et de menace terroriste. Mais le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a cru bon d’ajouter des dispositions relatives à la vidéo-surveillance (notamment par drone) et surtout à l’interdiction de diffusion malveillante d’usages des forces de l’ordre sous peine d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende.

Après une levée de bouclier massive, notamment du monde la presse qui voyait sa liberté d’informer ouvertement mise à mal, Gérald Darmanin a finalement accepté d’apporter dans cet article 24 des garanties sur "le droit d’informer", précisant que l’intention malveillante contre les forces de l’ordre doit être "manifeste". Une modification qui n’a guère apaisé les esprits, "l’intention manifeste" étant un principe flou soumis à l’appréciation des juges

Lire aussi :"Sécurité globale" : l'Assemblée vote la mesure controversée, avec des garde-fous

Cette loi, malgré ses aménagements, est et reste profondément liberticide, faisant peser une épée de Damoclès sur chaque journaliste prenant l’initiative de capter une image, avec l’intention de faire son métier, celui d’informer, mais qui pourrait être interprétée comme malveillante par un juge.

En effet, sur quels éléments le juge, qui n’était pas sur le théâtre de la manifestation ou de l’opération des forces de l’ordre, pourra-t-il se baser pour juger du caractère malveillant ou non de la couverture médiatique ? Qui le juge préfèrera-t-il croire entre un journaliste et un représentant des forces de l'ordre en cas de poursuite devant les tribunaux ? A partir de quel moment peut-on estimer qu’il y a atteinte à "l’intégrité psychique" d’un policier ou d’un gendarme ? Comment ne pas craindre des abus et des faux témoignages de représentants de forces de l’ordre alors que certains sont capables de masquer volontairement et avec préméditation leur RIO (référentiel des identités et de l'organisationen intervention), rendant alors leur identification impossible, ce qui avait d’ailleurs été pointé du doigt par l’ancien ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner durant la crise des gilets jaunes.

Lire aussi : Face aux nouvelles accusations de violences policières, l'exécutif infléchit son discours

Cette protestation du monde la presse, et des Français en général est donc tout à fait légitime, tant cette loi porte des atteintes graves aux libertés fondamentales de notre pays.

On peut aussi s’interroger sur la pertinence de cet article 24 alors que des lois existent sur le droit à l’image et la protection de tous les citoyens contre l’exploitation malveillante de leur image. Ces lois ne suffisent-elles pas d’elles-mêmes ? Les forces de l’ordre ont-ils besoin d’une loi spécifique ? Est-ce la récente médiatisation d’images de différentes bavures policières et d’opérations de maintien de l’ordre qui tournent mal qui sont à l'origine d'une telle mesure ? Le tout en sachant que cette médiatisation abouti parfois à des condamnations judiciaires.

Est-ce de cela qu'ont peur le gouvernement et une partie des forces de l'ordre. Si tel est le cas, ne leur faut-il pas plutôt respecter les lois, plutôt que pourchasser ceux montrant les bavures ?

Très clairement, notre démocratie va mal. Le peu de mobilisation des électeurs en est la criante illustration. Non content d’avoir réussi à démobiliser les électeurs, le gouvernement d’Emmanuel Macron veut désormais purement et simplement les faire taire en prenant des mesures coercitives ne manquera pas de penser une bonne partie de l'opinion publique.

Nicolas Sarkozy, qui fut un des chantres de la politique sécuritaire du pays, n’a pas osé prendre de telles mesures en termes de restriction des libertés. Son fils spirituel, Gérald Darmanin, aura réussi l’exploit d’aller beaucoup plus loin, et de menacer durablement et gravement notre démocratie en écorchant ouvertement la liberté d’expression et le droit d’informer, dira aussi cette même partie de l'opinion publique.

C'est aussi cette partie de l'opinion publique qui se lève et manifeste pour dire non au liberticide. C'est tout à son honneur et finalement à l'honneur de cette France dire des libertés..

mb/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

18 Commentaire(s)

Bilimbis, Posté
Tant que la Justice se contentera de "punir" les malfaiteurs par de simples peines de "prison avec sursis" (c'est-a-dire RIEN), et qu'a peine appréhendés les malfaiteurs recommencent, et en plus, se retournent contre ceux qui sont venus les empêcher de commettre leurs crimes, alors il me semble que cette loi, à une raison d'être.Maintenant, arrivera un moment ou les FDO en auront marre et lorsque vous les appellerez, ils n'interviendront plus... ça vous laissera le temps de filmer votre agression et de l'envoyer sur les réseaux sociaux post-mortem... sérieusement, vous ne voyez pas l'absurdité de tout ça ??
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
À Alain : les italiens aussi ....
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
La France a accueilli a une époque où il fallait la reconstruire .
Maintenant les temps on changé et nous avons les travailleurs pauvres, les chÃ'meurs, les ado sans avenir .. c est dur .
Des gens reçoivent des retraités de misère, les agriculteurs ont des fins de mois plus que délicates .., les invalides reçoivent une pension misérable.
Je pense profondément qu' il faut aider d abord notre peuple ...
Nous ne pouvons pas porter toute la misère du monde sur nos épaules , même si mon cÅ"ur est dans la compassion pour ces pauvres gens
Alain, Posté
A Mayaqui: question ridicule. Je suis contre les violences sexuelles, dois je accueillir les victimes chez moi? je suis contre les discriminations envers les handicapés, dois je les accueillir chez moi? Pourquoi cette question stupide est sans cesse posée que lorsqu'il s'agit de migrants?L'Allemagne a acceullie1 million de migrants et se porte toujours mieux que la France. Et puis oui, je pourrai en accueillir une famille chez moi, pourquoi pas, mais ça ne changerai pas le problème global d'un peuple français majoritairement égoïste, voire raciste.La cinquième puissance mondiale a les moyens d'être humaine. un demi million d'espagnols sont venus en France et ont participé au développement de ce pays, idem pour les portugais polonais et maghrébins.
Bertel 974, depuis son mobile, Posté
"porter atteinte à leur intégrité physique et psychique"? ah bon? parce qu'ils ont du psychisme ?
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Non , Je ne suis pas de mauvaise foi ; oui cette loi est autoritaire ; oui ce gouvernement n est pas ma tasse de thé
Mais croyez vous que nos enfants arriveront à vivre dans ce pays où des individus appliquent leur propre loi , avec les débordements que l'on connaît ?
7AC, Posté
A Alain :Oui la méthode est excessive, la violence n'est pas la solution, par contre comment feriez-vous, vous ?Les accueillir à la maison ?
Alfred, Posté
Mayaqui ; les fdp sont déjà protégés par la loi il s'agit ici d'une loi liberticide, ouvrez les yeux vous qui ne vivez pas dans le pays des bisounours, votre commentaire est incroyable de mauvaise foi et on comprend mieux pourquoi ce gouvernement à la dérive réussit ce tour de force de faire passer ce type de loi autoritaire et digne d'une dictature si elle est cautionnée par des gens comme vous ! être passible de 1 an de prison et 45 000â"¬ d'amende juste pour avoir voulu filmer, car c'est cela cette loi, l'intention de porter attente à l'intégrité physique et psychique suffira à être condamné, réveillez vous !
Tristan, Posté
Merci ipr de faire vivre la diversité journalistique sur le ti rocher.Marre de zinfos 1000 collines, comme dirait l'autre...
Alain, Posté
Mayaqui, Caillou, Léona, 7AC et Almuba, c'est cpour vous, cadeau, vous allez adorer voir vos "héros":http://www.ipreunion.com/france-monde/reportage/2020/11/24/un-nouveau-camp-de-migrants-au-c-ur-de-paris-aussitot-violemment-demantele,127585.html
Alain, Posté
Il suffit de voir nos "gardiens de la paix" décomplexés bouffer du migrant hier à Paris pour voir où va notre pays "des droits de l'homme"... Les Mayaqui et compagnie, Zinfos mille collines c'est pas ici, retournez y!
MÃ'véLang, Posté
Le gouvernement et les forces de l'ordre veulent tout simplement avoir le droit de tuer les opposants sans craintes de procès comme ils le font au Mali
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Les forces de l'ordre sont agresses dans leur vie privée , lynchage d un policier et son épouse dernièrement , agression d un couple de policiers en 2018, agression d'enfant de policier ...... oui ils ont peur et c'est logique .

Mais pas mal de drÃ'les d'oiseaux ont peur de la loi sécurité globale surtout !!!

Les agressions et dégradations n en finissent plus ; notre week end de petit village, ou l'on se croyait à l'abri, a été sans dessus dessous a cause d actes de vandalisme et violence ; bagarre à la machette pour une histoire de chicha, plaques tombales cassées au milieu des bouteilles de bière sur un tombeau, feu dans le cabanon d'un papy bien tranquille, voitures rayées et vitres cassées ...... et au milieu de tout ça .... un énorme feu d artifice qui a fait peur à tous dans la moitié du village , en plein confinement .....
(et pas loin, le fusil sorti au supermarché a cause d'une obligation de port de masque par agent de sécurité ! ).

Il a fallu l intervention du maire, de la PM, de la gendarmerie de la ville proche pour venir à bout de ces nuits de folie ....
Nous ne sommes plus au pays des bisounours .......

Alors, les innocents ne craignent pas la loi sur la sécurité globale , franchement non !!! ils la réclament ! On a trop laissé le laxisme s installer ! Et les associations l'ont bien aidé....................Les temps ont changé .....
Caillou, Posté
Si chaque être humain journaliste ou représentant de la Loi fait son métier justement en respectant la Loi il n'y a pas de polémique si on a toujours en mémoire que seul celui qui ne fait rien ne se trompe jamais. ...
Leona, Posté
Ils ont peur des journalistes d'extrême gauche comme vous et vos articles qui déstabilisent notre société. L'état de droit existe
Eve, Posté
Bonjour,Appel des journalistes :retrait des articles 21, 22 et 24 du nouveau schéma de maintien de l'ordre de la loi liberticide "sécurité globale":Tous devant la préfecture et les sous préfectures ce soir 18h !!!
7AC, Posté
Tout simplement que les forces de l'ordre se font agresser quand ils sont en civil, car reconnus suite aux vidéos.Il y a déjà eu plusieurs agressions de ce genre.
Almuba, Posté
Atteinte à la liberté de quoi ?De casser, de brÃ"ler ?