Violences conjugales :

Avec la plateforme Mémo de vie, les victimes peuvent "garder une trace"


Publié / Actualisé
Sous l'égide du gouvernement, la fédération France Victimes a lancé en début de semaine, la plateforme Mémo de vie. Son objectif est de permettre aux victimes de violences conjugales de sauvegarder en ligne tous les éléments qui pourraient être nécessaires pour un dépôt de plainte et une enquête. Les victimes auront également accès à des informations et des contacts correspondants à leurs besoins. (photo d'illustration rb / www.ipreunion.com)
Sous l'égide du gouvernement, la fédération France Victimes a lancé en début de semaine, la plateforme Mémo de vie. Son objectif est de permettre aux victimes de violences conjugales de sauvegarder en ligne tous les éléments qui pourraient être nécessaires pour un dépôt de plainte et une enquête. Les victimes auront également accès à des informations et des contacts correspondants à leurs besoins. (photo d'illustration rb / www.ipreunion.com)

L’objectif de France Victimes est ambitieux : aider à terme près de 20.000 personnes victimes de violences conjugales. La plateforme Mémo de vie permet de se créer un espace personnel sécurisé, comme une sorte de journal intime. Les victimes peuvent y témoigner, y consigner leurs sentiments, raconter ce qu’elles n’osent pas dire à voix haute. Dans la rubrique "Mes documents", elles pourront également stocker de manière sécurisée, cryptée et horodatée toutes les informations qui pourraient dépeindre leur situation : photos, témoignages des agressions, rapports médicaux, vidéos, audios… Ces éléments clés pourraient faciliter un éventuel dépôt de plainte et une enquête.

Sur la plateforme, l’utilisateur-rice peut également indiquer un contact à joindre en cas d’urgence et feuilleter une bibliothèque pour s’informer sur différentes thématiques comme le droit, la santé ou y lire d’autres témoignages. Une échelle graduée de " très bon " à " danger " lui permet aussi d’évaluer sa propre situation.

Mémo de Vie s'adresse également aux proches qui sont des témoins souvent impuissants. La plateforme les aide à garder une trace de ce à quoi ils assistent ou de ce que la victime leur rapporte. Elle leur fournit les clefs pour l'aider, l'épauler et l'orienter vers les bons interlocuteurs et les bonnes démarches.

- Aider les victimes à réaliser –

Mémo de vie est disponible et utilisable sans connexion sur tous les supports. Elle prend la forme d’une web-application et ne nécessite pas de téléchargement : elle n’apparaitra donc pas sur l’écran d’accueil. Les démarches en cas de violences conjugales peuvent souvent freiner les victimes. Une telle plateforme, par sa simplicité d’utilisation, leur permet alors de s’approprier le processus de dénonciation. Si la personne qui a créé le compte l’autorise, les professionnels peuvent également avoir accès à la totalité du dossier, ce qui peut faciliter leur travail.

Mémo de vie peut aussi permettre aux victimes de réaliser ce qu’elles sont en train de vivre. Faire l’effort de compiler les preuves, les revoir, écrire ce qu’elles ressentent… Ces actions peuvent leur faire prendre le recul nécessaire pour oser changer de vie.

Les développeurs web ont également pensé à glisser un bouton d’urgence " Vite je quitte " sur chaque page. A tout moment, lorsque leur vie les rattrapent, les utilisatrices ou utilisateurs peuvent quitter la plateforme et être renvoyés sur le site de Météo-France. Le compte est également automatiquement déconnecté après trois minutes d’inactivité.

- Une initiative citoyenne sous l’égide du gouvernement –

Mémo de vie est née d’une consultation citoyenne lancée par Make.org entre le novembre 2017 et février 2018. La population était appelée à partager leurs idées pour lutter contre les violences conjugales : parmi les 4.300 proposées, plusieurs ont été retenues dont la création de la plateforme.

Ce lancement est une phase d’expérimentation "grandeur nature" de six mois lancée en lien avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, la ministre déléguée à l’Egalité Elisabeth Moreno et la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté Marlène Schiappa. Un déploiement "à grande échelle" est ensuite prévu courant 2021.

En 2019 en France, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit 25 de plus que l’année précédente, selon les derniers chiffres officiels. A La Réunion, selon une récente enquête publiée le 25 novembre, près d’une femme en couple sur six serait victime de violences conjugales.

vc / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Bilimbis, Posté
En tant qu'ex-victime, je peux dire qu'il est urgent de trouver un moyen de prendre ses personnes en charge.Monter un dossier en ligne pour qu'elles puissent le consulter depuis leur tombe???Les victimes ont rarement la possibilité d'aller surfer sur Internet (parce que leur bourreau surveille tous leurs faits et gestes).
Mon Ange, depuis son mobile, Posté
Pourquoi?
les coups n'en laissent pas assez ?