Du combat guerrier à l'exception culturelle :

Moringue : l'art de représenter La Réunion


Publié / Actualisé
Ce dimanche 29 juin 2014, le centre Zélindor de Sainte-Suzanne a vibré sous les pas et rythmes de moringue. Venus du Port, de Saint-André ou de Saint-Paul, des jeunes moringueurs âgés de 7 à 15 ans participaient à leur premier tournoi. Au-delà de l'enjeu sportif, cette compétition est importante pour continuer à transmettre cette part importante de la culture réunionnaise. (photo archives Image-Reunion.re)
Ce dimanche 29 juin 2014, le centre Zélindor de Sainte-Suzanne a vibré sous les pas et rythmes de moringue. Venus du Port, de Saint-André ou de Saint-Paul, des jeunes moringueurs âgés de 7 à 15 ans participaient à leur premier tournoi. Au-delà de l'enjeu sportif, cette compétition est importante pour continuer à transmettre cette part importante de la culture réunionnaise. (photo archives Image-Reunion.re)

A Sainte-Suzanne, c’est devenu une habitude. Régulièrement, le quartier de la Marine vibre au son du roulèr. La musique vient du centre de moringue et de boxe française, inauguré il y a quelques années. Ce dimanche, le centre Zélindor accueille une compétition de jeune moringueurs. Le nom de Zélindor a été donné à cet endroit en hommage à un esclave malgache qui avait tenté de libérer ses frères. Un choix judicieux lorsque l’on sait que le moringue a été importé à La Réunion par les personnes réduits en esclavage des champs de canne.

Depuis, l’esclave a été aboli, et le moringue a bien changé. Aujourd’hui, les jeunes ne pratiquent plus un combat guerrier qui peut s’avérer dangereux, mais plutôt un art mêlant mouvements de danse, coups de pieds, roulades et autres saltos. Jean-Yves Mitra, président du comité moringue et ancien pratiquant de boxe française, en sait quelque chose : "le moringue est différent des sports de combat. Il n’y a pas de coups forts, ni de KO. Ce qui compte, c’est le jeu d’adresse, c’est de toucher sans faire mal."

A l’instar du maloya, le moringue a longtemps été banni par les autorités réunionnaises. A présent, les adeptes sont de plus en plus nombreux et la tradition toujours respectée. Ce dimanche, les jeunes moringueurs répètent encore les mêmes gestes : caresser la terre, provoquer l’adversaire et combattre au rythme du roulèr. Une pratique qui permet de mettre en lèr la culture réunionnaise, mais surtout de la transmettre aux futures générations.

"Que ce soit le moringue ou le maloya, il faut que la jeunesse s’approprie ces traditions péi. C’est très important de connaître son histoire et sa culture. Aujourd’hui, les jeunes partent travailler et étudier en Europe : c’est bien. Mais, il ne faut également emporter sa culture afin de l’échanger avec les autres.", résume Jean-Yves Mitra.

"En ce moment, tout le monde regarde la coupe du monde, mais c’est important de ne pas oublier ses racines", ajoute le président du comité moringue. La compétition organisée ce dimanche à Sainte-Suzanne est ainsi un moyen de préserver la pratique ce sport de combat autrefois interdit. Le but : faire en sorte que le centre Zélindor de la Marine vibre encore et toujours au rythme du roulèr lors du mondial 2098.

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