Lorsqu'ils bravent l'interdit préfectoral (actualisé) :

Crise requins : ressenti ou réalité, les surfeurs affirment être plus verbalisés


Publié / Actualisé
Depuis quelques semaines, la colère gronde dans la communauté de surfeurs de l'île. Sur des photos qu'ils partagent de mur en mur, on aperçoit des gendarmes qui, selon eux, verbalisent à tour de bras des surfeurs. Ces verbalisations auraient lieu en application de l'arrêté préfectoral interdisant notamment le surf et bodyboard hors des zones surveillées en raison de la crise requin. Pour les accrocs de la vague, l'État aurait changé de politique passant de la prévention à la répression. Les surfeurs dénoncent une intensification des contrôles, plus précisément de la verbalisation. Ressenti ou réalité ? Côté gendarmerie, le discours reste reste inchangé depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction : la priorité est de veiller à la sécurité des personnes (Photo rb/www.ipreunion.com)
Depuis quelques semaines, la colère gronde dans la communauté de surfeurs de l'île. Sur des photos qu'ils partagent de mur en mur, on aperçoit des gendarmes qui, selon eux, verbalisent à tour de bras des surfeurs. Ces verbalisations auraient lieu en application de l'arrêté préfectoral interdisant notamment le surf et bodyboard hors des zones surveillées en raison de la crise requin. Pour les accrocs de la vague, l'État aurait changé de politique passant de la prévention à la répression. Les surfeurs dénoncent une intensification des contrôles, plus précisément de la verbalisation. Ressenti ou réalité ? Côté gendarmerie, le discours reste reste inchangé depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction : la priorité est de veiller à la sécurité des personnes (Photo rb/www.ipreunion.com)

Une recrudescence des contrôles ?

Contacté par Imaz Press, l’un des piliers de la communauté du surf à La Réunion a requis l'anonymat. Bien informé des actualités dans le milieu, il lui est difficile de parler d’une intensification des contrôles. Certes, des signalements lui sont régulièrement remontés mais le surfeur n’est pas catégorique "je ne peux pas dire que les surfeurs sont plus verbalisés que d’habitude."

Toutefois, cet aficionado affirme qu’il n’est pas toujours aisé d’avoir des informations sur le sujet "les surfeurs n’aiment pas beaucoup dire où et quand ils se mettent à l’eau, ils ont peur de la vague de répression qui pourrait suivre, donc on peut dire que le sujet est tabou dans la communauté" explique-t-il.

Un arrêté préfectoral qui n'a rien de temporaire 

Car ces contrôles, peu importe leur nombre, résultent de cette crise requin qui s’enlise depuis 2011. Faute de solution pérenne, l’État a décidé - via un arrêté préfectoral renouvelé chaque année depuis 2013 - d’interdire les activités nautiques. Mais la passion, toujours forte, pousse les surfeurs à braver cet interdit.

Un sentiment d’injustice s’est installé dans la communauté de surfeurs de l’île "ils se sentent doublement victimes, l’océan leur est fermé et en plus, quand ils osent s’y aventurer, ils sont verbalisés" détaille notre surfeur.

Lire aussi : aller à l'eau où on veut, c'est toujours pas pour maintenant

"La verbalisation n’est pas automatique"

Ceux qui sont chargés de faire respecter cet arrêté préfectoral, ce sont les forces de l'ordre, les gendarmes de la brigade nautique notamment. L’adjudant Benjamin Dumont rappelle la mission première de cette brigade nautique "veiller à la sécurité des personnes". Le commandant adjoint de la brigade d’ajouter "nous sommes vraiment sur de la prévention, la verbalisation n’est ni automatique ni systématique, nous cherchons avant tout à ce que les surfeurs ne mettent pas leur vie en danger, qu’ils sortent de l’eau. "

La plupart du temps, les agents de la brigade nautique sont alertés par des témoins ou les maîtres nageurs sauveteurs que des surfeurs prennent la vague. Faire respecter l’arrêté préfectoral, réussir à installer le dialogue avec les usagers de la mer est important "nous avons deux types d’embarcations, nous n’allons pas au contact direct avec les surfeurs, tout se passe à distance, pour ne pas exposer le bateau en fonction des conditions de mer mais aussi pour ne pas mettre en difficulté les surfeurs ni les pousser à se retrouver dans des zones à risque" explique l’adjudant Dumont.

Quant à la verbalisation... l'adjudant botte en touche lorsqu’on lui demande quels sont les comportements qui poussent les militaires à verbaliser "c’est vraiment à l’appréciation des agents, comme lors d’un contrôle routier."

Tout de même plus compliqué à jauger… Les récidivistes sont-ils plus susceptibles de recevoir l’amende de 38 euros ? L’adjudant Dumont évite la question. Il précise "il y a deux types de surfeurs, ceux qui ne veulent pas prendre de risque, dès que nous les abordons, ils respectent la consigne et sortent de l’eau, les autres sont des irréductibles, le dialogue est plus difficile. Parfois lorsque nous intervenons depuis les berges, certains surfeurs refusent de sortir de l’eau de peur d’être verbalisés, ce n’est pas non plus le bon comportement, nous voulons juste que ces surfeurs soient en sécurité et respectent l’arrêté préfectoral" finit-il.

Quant à la fréquence de ces contrôles, l’adjudant Dumont affirme qu’ils ne se sont pas intensifiés. Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté, les gendarmes arpentent les spots les plus connus et fréquentés par les surfeurs "nous rayonnons de Saint-Gilles à Saint-Pierre, très régulièrement."

La verbalisation à domicile, une légende urbaine 

Certains surfeurs affirment que les gendarmes les retrouvent chez eux pour les verbaliser, l’adjudant Dumont est consterné "ce serait difficile d’arriver à identifier les surfeurs et ensuite se rendre chez eux pour les verbaliser…"

Qui a tort, qui a raison ? 

Difficile de démêler le vrai du faux, le soir de l’attaque qui avait coûté la vie à Kim Mahbouli à Saint-Leu, le sous-préfet de Saint-Paul, Olivier Tainturier affirmait que la politique de l’État était anglée sur la prévention plus que la répression "la verbalisation des surfeurs peut être contre-productive, puisque les surfeurs, lorsqu’ils voient les gendarmes ont tendance à rester dans l’eau. On maintient une pression sur eux. Les gendarmes ont verbalisé 11 surfeurs depuis le début de l’année."

Le 9 mai dernier, on comptabilisait donc 11 surfeurs verbalisés. Aujourd’hui, impossible d’avoir un chiffre, il semblerait que la préfecture ne souhaite pas s’étendre sur le sujet. Cela permettrait pourtant de savoir si ce que dénonce la communauté de surfeur est basé sur un ressenti ou s’il y a bien une intensification de la verbalisation. Mais comme souvent depuis le début de cette crise requin, les services de l’État ont du mal à communiquer sur le sujet, ce qui laisse la place à bon nombre d’hypothèses… 

fh/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Ne pas raconter n importe quoi, Posté
Avec le nombre de tués sur les routes les gendarmes seraient plus utiles à sauver des vies: Un pompier decédé en intervention à saint andre en debut 2019, zero pompiers, zero sauveteur decedés par requin.
Paul Mc Watson, depuis son mobile, Posté
C'est juste, quand tous les indicateurs sont au rouge, il ne viendrait pas à un individu normal de se mettre à l'eau. Alors dans ce cas la verbalisation s'impose. C'est mieux que les pompiers pour ramener des cadavres, quand ce ne sont pas les secouristes qui se font mordre...
Ladi lafé, Posté
il semblerait qu'a l'etang salé il y ait effectivement des gendarmes fraichement arrivés, qui ne connaissent ni la mer, ni la realité du monde réel et qui auraient a se prendre pour des sherifs. Il faudrait aussi que leur hierarchie leur apprenne à décoder l'arreté préfectoral car les bougs n'y ont pas compris toutes les definitions.
Un tres bon rendement, Posté
c'est de la verbalisation facile qui permet d'arrondir les statistiques nécessaires pour la notation et la prime au mérite.
La vérité si je mens !, Posté
Par ici la monnaie , le travail des gens d'arme , sachant que l'état lé au ki , alors tous les moyens sont bons pour taper dans la poche du citoyen lambda !!! Dans les quartiers chauds , on ne voit jamais ces gens d'arme ... La peur ?