Les maires contre le maintien de la course :

Grand Raid : l'annulation en ligne de mire


Publié / Actualisé
Lors d'une ultime réunion, ce mercredi 9 septembre 2020, entre les élus locaux, la préfecture et le président du comité d'organisation Robert Chicaud, les maires des communes traversées par le trail se sont prononcés pour une annulation du Grand Raid 2020. Après plusieurs semaines de tergiversations et de multiples réunions entre les divers protagonistes, la décision du préfet Jacques Billant sur la tenue de l'événement devrait intervenir avant la fin de la semaine. Compte tenu de la position des maires, le maintien de la Diagonale des fous et des trois autres courses du Grand Raid semble fortement compromis (Photo rb/www.ipreunion.com)
Lors d'une ultime réunion, ce mercredi 9 septembre 2020, entre les élus locaux, la préfecture et le président du comité d'organisation Robert Chicaud, les maires des communes traversées par le trail se sont prononcés pour une annulation du Grand Raid 2020. Après plusieurs semaines de tergiversations et de multiples réunions entre les divers protagonistes, la décision du préfet Jacques Billant sur la tenue de l'événement devrait intervenir avant la fin de la semaine. Compte tenu de la position des maires, le maintien de la Diagonale des fous et des trois autres courses du Grand Raid semble fortement compromis (Photo rb/www.ipreunion.com)

Robert Chicaud a rencontré les maires des communes partenaires, ce mercredi soir 9 septembre 2020, afin de leur présenter les propositions de l’organisation pour le protocole sanitaire de l’événement. Les maires se sont, eux, prononcés sur leurs capacités à respecter et faire respecter ce protocole.

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Dans les conditions actuelles, une majorité d’élus s’est dite pour l’annulation du Grand Raid. "Il y a eu quasiment une unanimité des maires pour demander à reporter le Grand Raid et ne pas maintenir l'édition 2020", a indiqué Robert Chicaud au sortir de la réunion.

"On est quelque peu surpris quand même, nous n'étions pas préparés à cette éventualité, nous avons essayé d'expliquer que c'est une position peut-être excessive", a jugé le président du Grand Raid. "Le Covid ce n'est pas la fin du monde, on peut adapter au sport nature. Le sentiment que j'ai eu, c'est que la décision était prise de la part de tous ces maires, on peut regretter qu'on ne m'en ait pas fait part avant."

Face aux arguments présentés de part et d’autres, le préfet Jacques Billant doit rendre sa décision finale d’ici la fin de la semaine.

- Les élus fidèles à leur position -

La posture des maires est somme toute logique, au vu de l’aggravation des conditions sanitaires de La Réunion depuis l’identification du premier foyer contagion Covid-19 le 11 août dernier. Petit à petit, les communes traversées par le Grand Raid avaient imposé des restrictions à leurs administrés pour limiter la propagation du coronavirus.

Saint-Denis, où avait été découvert le premier cluster, avait d’abord reporté la rentrée scolaire pour 14 établissements de la ville, puis interdit, dès le 16 août,  les rassemblements de plus de 10 personnes et suspendu l’ensemble des rencontres sportives et culturelles, dès le 16 août.

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Quelques jours plus tard, la préfecture avait emboîté le pas en généralisant les mesures à l’ensemble de l’île jusqu’au 13 septembre. L'obligation du port du masque a été étendue à plusieurs zones extérieures à forte fréquentation de l’île. Le préfet avait surtout annoncé l’interdiction des rassemblements de loisirs de plus de 10 personnes sur tous les espaces publics de l’île ainsi que l’interdiction de la pratique des sport collectifs et de contact sur l’ensemble du territoire.

Un ensemble de restrictions qui n’a pas eu d’effet immédiat, puisque la situation sanitaire n’a cessé de se dégrader depuis, jusqu’à atteindre un nombre record de 116 nouvelles contaminations en 24 heures et dépassé la barre de 2.000 contaminations sur l’île.

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Ce mardi 8 septembre, les mesures restrictives en vigueur depuis le 21 août ont ainsi été prolongées par Jacques Billant, "au moins jusqu'à la fin du mois de septembre". L'annonce a été faite à l'issue d'une longue réunion de plus de quatre heures entre le représentant de l'Etat et les maires de l'île. Le préfet a par ailleurs indiqué que "le pic épidémique est attendu pour le mois de décembre", précisant que cette annonce avait été faite au cours de la réunion par Martine Ladoucette, directrice de l'Agence régionale de santé.

Dans un tel contexte le maintien du Grand Raid avait été remis en doute par plusieurs élus dont les communes sont des points de passage de la course.

La maire de La Possession Vanessa Miranville s’était dite “très réservée sur l'organisation de cette course. Pour tenir les conditions sanitaires, nous aurons à faire face à un important surcoût financier. Actuellement, l'organisation du Grand Raid coûte 100.000 euros à la commune. Il faudra en ajouter 40.000 de plus. Il nous faut donc réfléchir à la décision qui sera prise."

Le maire de Cilaos Jacques Técher avait, lui, fait part d'un avis encore plus tranché. "Cilaos a toujours été un partenaire important du Grand Raid, mais il n’est pas possible pour notre commune d’organiser cette manifestation, compte tenu des conditions sanitaires actuelles."

Une inquiétude remontée jusqu’aux athlètes eux-mêmes. La quintuple vainqueure et figure emblématique du Grand Raid Marcelle Puy, s’est déclarée contre la tenue de l’épreuve, à Réunion La 1ère, et indiqué qu’elle n’y participerait pas s’il était maintenu. 

- Un maintien serait difficile à justifier -

Robert Chicaud et le comité d’organisation du Grand Raid font preuve d’une obstination compréhensible pour que leur événement ait lieu.

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D’abord par respect et dévouement envers les athlètes qui s’entraînent avec acharnement depuis plusieurs semaines. Ensuite parce que le Grand Raid est devenu un événement à résonance internationale, bien au-delà des frontières de La Réunion. Enfin parce que face à la même conjoncture sanitaire, d’autres manifestations, comme le salon du mariage ou le Congrès des entrepreneurs péi, ont pu se tenir.

Mais, entre les plus de 6.000 participants attendus, les bénévoles, l’encadrement et le public, la jauge des personnes rassemblées par l’événement serait plusieurs centaines de fois supérieure à la limite de 10 personnes imposée par la préfecture. Des milliers de personnes déambuleraient sur et en marge des sentiers de huit communes de La Réunion (Saint-Pierre, Saint-Joseph, Le Tampon, Cilaos, Salazie, Saint-Paul, La Possession et Saint-Denis).

Un maintien de la course par la préfecture serait à la limite de l’hypocrisie, au vu des mesures imposées au reste de la population.

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Il faudrait justifier le rassemblement de milliers de concurrents, dont certains extérieurs à La Réunion et qui n’auront aucune obligation de soumettre à un test de dépistage sept jours après leur arrivée sur l’île. Il faudrait justifier que du public se retrouve les bords des routes et sentiers, alors que Jacques Billant a indiqué un renforcement des contrôles après les événements festifs privés.

Robert Chicaud lui-même déclarait à Imaz Press qu’il n’envisageait pas un Grand Raid sans public. "Comment voulez-vous dans une ville comme Saint-Pierre, au bord de mer, que la liberté d’aller et venir soit bafouée ?", interrogeait le président du comité d’organisation.

La maire de Saint-Denis Ericka Bareigts appelait, ce lundi, à ce que les arguments sportifs et économiques n’effacent pas l’argument sanitaire dans la réflexion du préfet. Dans le scénario catastrophe où, suite au Grand Raid, un cluster se développait à Mafate ou à Cilaos, ou ailleurs encore dans l’île… Là aussi, il faudrait justifier

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Ti traileur péï, Posté
Allez annulez tout! le virus sera content ou du moins ceux qui l'ont créer pour effrayer la populasse fragile psychologiquement je trouve cela attroce de manipuler les plus fragiles à ce point c'est du complotisme pur et le virus est toujours là et il sera la encore et encore l'année prochaine dans 5 ansâ?|.il fera partie des moeurs et de notre quotidien aussi longtemps que la grippe ou d'autres maladies existeront ouvrez les yeux les gars !Yen a pour un bout de temps comme cela vous voulez arrêter de vivre c'est votre choix pas le mien!Les gens ne se frottent pas a moi comme ça perso mais ceux qui croient que dans un monde parfait le grand raid aura lieu en 2021 comme en 2019 ou précédemment vous rêvez les yeux ouvertsâ?|on est bien dans LE MONDE D'APRES que vous le vouliez ou non!VIVE LE GRAND RAID et mr le préfet ne vous méprenez pas cet honnête sport saura faire ce qu'il faut si il doit se maintenir
Firo, Posté
Si vous voulez être logiques alors il faut interdire TOUS les déplacements entre la métropole et La Réunion afin que l'on puisse récupérer le prix de nos tickets d'avion achetés en février ! Les Réunionnais ne veulent pas de nous, soit, mais alors il faut l'assumer financièrement. Si je récupère l'argent investi alors je ne viendrai pas (ni plus jamais d'ailleurs)
Boussole64, Posté
Au-delà des ultras qui se sont bien passés et de l'acceptation par tous des règles fixées, comment considérer qu'on puisse autoriser le Tour de France avec un départ de Nice (zone rouge), une traversée de tout l'hexagone de plus de 5000 personnes avec des spectateurs amassés sur le bord des routes et ne pas être capable de faire le Grand Raid.Il est quasiment certains que la plupart des coureurs feront néanmoins le déplacement et au final que fait un traileur à la Réunion : il va sur les chemins voir le parcours qu'il aurait dû faire. Donc l'annulation ne réglera pas grand chose et surtout pas l'inquiétude des mafatais.
Guiome56, Posté
Ici plusieurs ultra ont repris, bilan 0 contamination. Maintenant annuler ok j ai demandé à bourbon voyage le report ou remboursement de mon package : refus. Alors il s agit de 3000 euros pour moi et ma famille et deux ans à mettre de coté l argent donc il est clair que je viendrai quand même. Malgres qu on ressente de l hostilite pour les vacanciers. Alors imazpress vous avez été efficace pour dénigrer le raid cette année peut-être vous pouvez étudier le cas de ces voyages que l on ne peut annuler (Vous devriez mieux nous lire, vous verrez que nous limitons à donner des informations factuelles. Bonne journée - Webmaster)
Maillot, Posté
je pense qu'il faut écouter nos élus locaux qui ne veulent l'annuler . la loi leur donne le dernier mots et le préfet doit les suivre . Comme il s'agit d'une course impliquant des gens de nombreux pays je pense qu'il faudrait avoir l'avis de l'organisation mondiale de la santé ( OMS) pour décider ou non de son maintien car ceux qui nous viennent de l'étranger risque de rentrer chez eux en emportant le virus . L'annulation de la manifestation devrait aussi être prise en charge par les assurances comme un cas de force majeure .
7AC, Posté
Vraiment borné le gars, on dirait qu'il ne veut tout simplement pas rembourser ses clients !