Les îles Maldives se sont désistées :

Des Jeux des îles en 2023 : rien n'est moins sûr...


Publié / Actualisé
Les Jeux des îles n'auront pas lieu aux Maldives en 2023. Ainsi en a décidé le Conseil International des Jeux (CIJ) lors d'une réunion en visioconférence, ce mardi 20 octobre 2020, avec les représentants des pays membres : Madagascar, Maurice, Comores, Mayotte, Seychelles, Maldives et La Réunion. Le ministre des Sports des Maldives a indiqué aux autres membres du Conseil que le pays ne serait pas en mesure d'organiser les Jeux des îles en 2023. Si Madagascar s'est déjà porté candidat pour accueillir la prochaine édition, ses capacités logistiques et financières posent question, alors le sud du pays traverse une grave crise humanitaire en plus de la crise sanitaire. Idem pour les autres îles fortement affectées par les conséquences de la Covid. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Les Jeux des îles n'auront pas lieu aux Maldives en 2023. Ainsi en a décidé le Conseil International des Jeux (CIJ) lors d'une réunion en visioconférence, ce mardi 20 octobre 2020, avec les représentants des pays membres : Madagascar, Maurice, Comores, Mayotte, Seychelles, Maldives et La Réunion. Le ministre des Sports des Maldives a indiqué aux autres membres du Conseil que le pays ne serait pas en mesure d'organiser les Jeux des îles en 2023. Si Madagascar s'est déjà porté candidat pour accueillir la prochaine édition, ses capacités logistiques et financières posent question, alors le sud du pays traverse une grave crise humanitaire en plus de la crise sanitaire. Idem pour les autres îles fortement affectées par les conséquences de la Covid. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Les Maldives n'organiseront pas les Jeux des îles 2023, après que leur ministre des Sports a indiqué aux autres membres du Conseil International des Jeux (CIJ) que le pays ne serait pas en capacité d’accueillir les meilleurs athlètes de la zone océan Indien. 

Les Maldives avaient obtenu l’organisation des Jeux, au lendemain de la conclusion de la précédente édition, en 2019. Il s'agissait alors d’une première organisation pour le pays, candidat face à Madagascar et aux Comores.

La polémique est rapidement née après cette attribution des Jeux à l’archipel, où s'applique la charia, et qui est régulièrement critiqué pour son non-respect des droits de l'Homme. Quelques années plus tôt, en 2014, les Maldives avaient notamment décidé du rétablissement de la peine de mort, même pour les mineurs.

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Une décision contraire au droit international qui avait déclenché plusieurs mouvements de protestation à travers le monde et poussé l’association touristique des Îles Vanille à acter le retrait du pays de son sein.

- Madagascar, candidat aux pieds d’argile -

Dans l’incapacité de tenir le budget et les délais pour la prochaine édition des jeux, les Maldives ont donc proposé une organisation en 2025. “Le ministre des Sports des Maldives nous a fait une présentation de la situation préoccupante du pays dûe à la crise Covid”, a indiqué le CIJ dans un communiqué, précisant que "Madagascar s'est d'ores et déjà porté candidat à l'organisation en 2023".

Le président du Comité national olympique malgache a proposé d’organiser les Jeux en 2023 sur la Grande île. Pour ce faire, une nouvelle réunion en visio sera programmée le mois prochain entre les îles membres du CIJ, avant une autre réunion en présentiel à Madagascar, en février prochain.

Déjà volontaire pour accueillir ces mêmes Jeux en 2019, Madagascar avait vu sa candidature déclinée, notamment en raison du manque apparent de moyens et d'infrastuctures pour un tel événement. Deux drames avaient notemment entaché leur souhait d'orgniser la compétition sportive : le premier, un mouvement de foule faisant un mort et plusieurs blessés avant un match de football entre Madagascar et le Sénégal en 2018 ; le second, similaire, une bousculade provoquant la mort de 16 personnes lors d'un concert donné à l'occasion de la fête nationale en 2019.

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Au-delà de la question de la sécurité des délégations et du public, la tenue d'un événement sportif de l'ampleur des Jeux des îles posait alors une question éthique. Comment justifier la dépense de milles et de cents dans pour une compétition de deux semaines, alors que des personnes meurent littéralement de faim ? La question est encore plus d'actualité en 2020, alors que le sud de Madagascar est en proie à l'une des crises humanitaires les plus graves de l'histoire du pays

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- Quid des alternatives -

Seulement à l’inverse de 2019, les volontaires ne se presseraient à la porte du CIJ s’il venait une nouvelle fois à décliner la candidature malgache. À l’image des Maldives, tous les pays membres du Conseil font face aux conséquences économiques liées à la crise du coronavirus.

Entre Maurice, les Comores, Mayotte, les Seychelles et La Réunion, notre département paraît le mieux armé en termes de finances et d’infrastructures pour organiser l’événement, mais en 2019, le simple déplacement des athlètes et accompagnants pour les Jeux à Maurice s’était avéré compliqué. La participation de La Réunion n'avait d'ailleurs été confirmée qu'un an avant le départ programmé pour Maurice, grâce à un financement tripartite de l'Etat, la Région et le Département à hauteur de 600.000 euros.

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Les subventions allouées à la préparation des athlètes avaient également été réduites de 30% par rapport aux Jeux de 2015, preuve de la tension financière à laquelle était confronté le département. Une situaition déjà difficile préalable à la crise du coronavirus, qui a affecté les collectivités, les institutions et les associations sportives.

Autant d'éléments qui expliquent qu'une organisation des Jeux par La Réunion n'est, à ce jour, même pas envisagée. Si aucun des sept membres du CIJ n'était logisitquement ou éthiquement apte à recevoir les autres délégations, accompagnants, familles et médias, c'est la tenue des Jeux en 2023 qui serait entièrement compromise. 

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Alain, Posté
Décidemment, l'histoire des Maldives s'est bloquée en 2014 avec les decisions du dictateurt de l'époque...Que faut il faire pour qu'enfin on reconnaisse le retour de la démocratie dans ce pays (les Maldives) en 2018?Tout n'est pas encore parfait mais en France non plus....Pétain est mort et Abdulla Yameen est en prison depuis le 28 novembre 2019....