[PHOTOS/VIDÉOS] Handisports :

Deux athlètes réunionnais de retour sur l'île pour s'entraîner


Publié / Actualisé
Dimitri Pavadé et Ronan Pallier, athlètes handisports spécialistes du saut au longueur, sont en stage sur leurs terres d'origines du 4 au 13 novembre 2020. A moins d'un an des Jeux Paralympiques de Tokyo, ils profitent du climat de l'île pour s'entraîner dans des conditions optimales. (Photos rb/www.ipreunion.com)
Dimitri Pavadé et Ronan Pallier, athlètes handisports spécialistes du saut au longueur, sont en stage sur leurs terres d'origines du 4 au 13 novembre 2020. A moins d'un an des Jeux Paralympiques de Tokyo, ils profitent du climat de l'île pour s'entraîner dans des conditions optimales. (Photos rb/www.ipreunion.com)

C'est une première ! Pour la première fois, une délégation de sportifs handisports tricolores a posé ses valises à La Réunion pour un stage de préparation. A l'origine de cette venue, le Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de La Réunion a ainsi collaboré avec l'Institut Régional du Sport de l'Océan Indien (IRSOI) afin de rendre possible ce séjour inédit.

Directeur Sportif de cette délégation, Julien Héricourt explique que leur présence va également leur permettre de "travailler au plus près des acteurs locaux et faire émerger des jeunes à fort potentiel en vue des Jeux de 2024." Il ajoute : "avec cette première venue, on en est peut-être qu'aux prémices de quelques chose de plus grand. Pourquoi pas revenir ici pour préparer les Jeux Paralympiques de 2024 ?"

• Dimitri Pavadé, ou l'homme qui brûle les étapes

Originaire de La Possession, Dimitri Pavadé, du haut de ses 31 ans, enchaîne les performances incroyables depuis quelques mois. Amputé de son tibia droit depuis 2007 suite à un accident de travail, il commence à concourir avec une prothèse à haut niveau en 2016. Deux années lui suffisent alors pour intégrer l'équipe de France handisport d'athlétisme.

Depuis, Dimitri est inarrêtable. En 2019 lors des Mondiaux de Doha tout d'abord, il s'adjuge la médaille d'argent et devient recordman de France de sa catégorie avec un saut  à 7,25 mètres. Non rassasié, il explose ce record en juillet de la même année en s'envolant à 7,39 mètres lors des championnats de France à Albi.

Avec de telles performances, il est sélectionné par la suite pour disputer les Jeux Paralympiques de Tokyo. Reportés en raison de la crise sanitaire, ces derniers sont aujourd'hui fixés du 24 août au 5 septembre 2021. D'ici là, Dimitri Pavadé aura tout le temps nécessaire pour repousser une nouvelle fois ses limites. Heureux d'être de retour sur son île, il a souhaité laisser un petit message aux Réunionnais... Regardez :

• L'incroyable destin de Ronan Pallier

L'unique partenaire de Dimitri Pavadé dans la délégation tricolore se nomme Ronan Pallier. Évoluant pour sa part dans la catégorie des malvoyants, il vient de fêter ses 50 ans, et en paraît pourtant quinze de moins. "Il a une hygiène de vie incroyable", confie Julien Héricourt.

"Incroyable", c'est l'adjectif qui qualifie le mieux la vie de Ronan. Natif des hauteurs de Sainte-Marie, il est abandonné alors âgé d'à peine 3 ans. Il retrouve cependant une famille à plusieurs milliers de kilomètres de son île, en Bretagne, où les Pallier l'adopte. Né Jimmy Maximin, il change d'identité et devient Ronan Pallier.

Très vite, il montre des facultés dans la pratique sportive. Adolescent, il intègre même le centre de formation du club de football du Brest Armorique FC dans les années 90. Il s'oriente par la suite vers l'athlétisme, sur les conseils de sa mère d'adoption. "Ma maman m'a toujours dit que j'étais fait pour l'athlétisme, et il faut toujours écouter sa maman", confie-t-il. Son destin bascule quelques années plus tard, à l'aube de ses 30 ans.

Un matin, Ronan se réveille, et se rend compte que son champ de vision est fortement diminué. "J'ai directement contacté les services de secours. J'ai pris un livre, mais je ne parvenais à lire aucun mot sur les pages", raconte-il. Le verdict du corps médical sera sans appel : Ronan est atteint d'une rétinite pigmentaire, une maladie génétique dégénérative de l'œil se caractérisant par une perte et graduelle de la vision, évoluant généralement vers la cécité.

Aujourd'hui, seules 12 personnes porteuses de cette maladie au niveau des deux yeux sont recensées dans le monde. "L'angle de vision d'un judas de porte est de 5°. Le mien est actuellement de seulement un degré", confie-t-il.

Cette épreuve n'enlève pas à Ronan son goût pour le sport et l'athlétisme. En 2003 il se lance ainsi dans les compétitions handisports et disputent ses premiers Jeux Paralympiques à Athènes en 2004. Quatre ans plus tard, il décroche une médaille olympique en s'adjugeant le bronze sur 4x100 à Pékin. Dernièrement, à Berlin, il a de nouveau enrichi son palmarès en étant sacré vice-champion d'Europe de saut en longueur, sa discipline de prédilection, en atteignant les 6,16 mètres.

Pour Tokyo, il partage la même ambition que son compatriote Dimitri Pavade. "J'ai terminé quatrième aux derniers Mondiaux. J'ai deux Chinois et un Américain à éliminer. On se tient tous en 12 centimètres", explique-t-il. Décrocher un titre olympique à plus de 50 ans, tel pourrait être la destinée de Ronan Pallier.

vl/www.ipeunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

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