De curieux volatiles dans le ciel de Saint-Leu :

Du parapente pour donner des ailes au handicap


Publié / Actualisé
Plusieurs pilotes porteurs de handicap sillonnent les airs de Saint-Leu depuis quelques jours grâce au club-école de parapente Liberté Condition'ailes, qui les forme au vol en autonomie. Assis dans leurs fauteuils, les participants découvrent les merveilles de l'île depuis le ciel (Photos et vidéos : Patrick Fouché)
Plusieurs pilotes porteurs de handicap sillonnent les airs de Saint-Leu depuis quelques jours grâce au club-école de parapente Liberté Condition'ailes, qui les forme au vol en autonomie. Assis dans leurs fauteuils, les participants découvrent les merveilles de l'île depuis le ciel (Photos et vidéos : Patrick Fouché)

"Donner des ailes" n'est pas un don uniquement réservé à une certaine boisson énergisante bien connue. Avec son club école associatif Liberté Condition'ailes, Patrick Fouché propose bénévolement une formation de pilotes aux personnes porteurses de handicap et valides désirant prendre de la hauteur en parapente.

Moniteur depuis 2017, Patrick Fouché a lancé son club-école en 2019 afin de former les valides comme les "handis" au pilotage en parapente. "Le but est de faire des stages mixtes. On propose des tarifs avantageux aux valides et en contrepartie, on leur demande de nous aider pour pousser les fauteuils ou les monter dans les minibus", explique-t-il.

- Autonomes en quelques jours seulement -

Chaque stage, qui dure généralement une semaine, se veut une véritable petite colonie de vacances, lors de laquelle les participants sont en total immersion 24/24h, 7/7j. Depuis le déconfinement de mai, l'école a ainsi pu en organiser sept, représentant près de 170 décollages.

Sur les conseils avisés de Patrick Fouché, les élèves n'ont besoin que d'environ trois jours de stage pour pouvoir se lancer seuls dans le vide. "Ils peuvent être autonomes en quelques jours seulement. C'est même plus facile pour les "handis" car ils doivent uniquement se préoccuper de leurs bras et l'atterrissage est plus simple en fauteuil", ajoute-il.

L'une des conditions obligatoires pour la pratique du parapente en fauteuil demeure en effet l'usage des bras, permettant au pilote de se diriger dans les airs. Mais une fois en l'air, "tout le monde est égal" pour Patrick Fouché. Guider un élève handi comprend néanmoins quelques spécificités.

"En tant que moniteur, on doit s'adapter à chaque handicap. Par exemple, un élève ayant subi un traumatisme crânien peut parfois mettre quelques secondes à suivre une instruction de vol. Le rapport de confiance est très important. Le poids des fauteuils génère aussi plus d'inertie dans les virages donc il faut être dans l'anticipation", précise-t-il.

- Des émotions inoubliables -

Chaque vol reste un moment rempli d'émotion pour les participants, qui y trouvent un sentiment de liberté dans les airs. Lorsqu'ils goûtent au parapente, les élèves handis de Patrick n'ont bien souvent qu'une idée en tête : refaire un stage. Seulement 17 % des valides sollicitent de nouveau le club-école après une première expérience en parapente alors que chez les handis, ce chiffre monte à 90 %.

Moniteur bénévole passionné, Patrick Fouché trouve son bonheur à travers les réactions de ses élèves, qui une fois atterris, le délectent de sourires indélébiles. "Ils accumulent une énorme charge émotionnelle pendant le vol et lorsqu'ils atterrissent, ils relâchent tout. Ils arrivent à de grands gaillards de 90 kilos de se poser en pleurs sur la terre ferme. C'est une belle récompense pour moi", se félicite-t-il.

Précurseur dans la formation d'élèves handicapés pour le vol en parapente, Patrick Fouché, qui a fait des recherches de son côté, présente son club-école comme un cas "unique en Europe, et peut-être même dans le monde". Victime de son succès, il en arrive même aujourd'hui à refuser des demandes.

Atterrie sur l'île depuis le 28 octobre, la compagnie aérienne Liberté Condition'ailes compte quatre pilotes handis, deux moniteurs et quatre bénévoles. Leur venue, qui constitue un premier séjour en dehors de la Métropole pour le club, fut grandement facilitée par William Bitard, président de la Ligue de vol libre de La Réunion. "Nous tenions à remercier William, grâce à qui nous pouvons utiliser un parapente biplace, un fauteuil de vol et un minibus", souligne Patrick Fouché.

S'élançant depuis les hauteurs de Saint-Leu, l'équipage a apprécier la beauté des paysages réunionnais. "Cela change de nos Pyrénées ! J'ai eu la chance de voler un peu partout de mon côté et certains vols m'ont un peu fait penser à Tenerife en Espagne. Le cadre est grandiose", raconte ainsi Patrich Fouché, des étoiles dans les yeux et des sourires plein la tête.

vl/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

1 Commentaire(s)

Saint-Paul Handisports, Posté
Excellent ! Dommage que l'information ne soient pas diffusée plus largement avant. Il y a certainement des "locaux" intéressés.