Pitié pour l'environnement (actualisé) :

Dépôts sauvages : koman la makoteri lé for don !


Publié / Actualisé
145 cas de dengue en une semaine. C'est le dernier chiffre publié par l'agence régionale de santé. On ne veut pas être alarmiste mais là, il va peut-être falloir commencer à s'inquiéter. On a passé le stade de l'anecdotique pour arriver à celui de l'épidémique. Le moustique tigre sévit actuellement dans 16 communes de l'île. Autorités, collectivités, intercommunalités emploient les grands moyens pour enrayer la propagation de la maladie. Mais que fait la population ? Pendant que certains enlèvent les coupelles et autres récipients du jardin, d'autres, beaucoup moins consciencieux, pour ne pas dire complètement je-m'en-foutistes en rajoutent. Dépôts sauvages à gogo aux quatre coins de l'île. Pourquoi s'embêter à aller à la déchèterie quand on peut tout abandonner en pleine nature ? Du tricycle de la petite dernière à la voiture familiale en passant par le frigo qui ne refroidit plus, les makotes ne se refusent rien, ils déversent leurs déchets où bon leur semble.
145 cas de dengue en une semaine. C'est le dernier chiffre publié par l'agence régionale de santé. On ne veut pas être alarmiste mais là, il va peut-être falloir commencer à s'inquiéter. On a passé le stade de l'anecdotique pour arriver à celui de l'épidémique. Le moustique tigre sévit actuellement dans 16 communes de l'île. Autorités, collectivités, intercommunalités emploient les grands moyens pour enrayer la propagation de la maladie. Mais que fait la population ? Pendant que certains enlèvent les coupelles et autres récipients du jardin, d'autres, beaucoup moins consciencieux, pour ne pas dire complètement je-m'en-foutistes en rajoutent. Dépôts sauvages à gogo aux quatre coins de l'île. Pourquoi s'embêter à aller à la déchèterie quand on peut tout abandonner en pleine nature ? Du tricycle de la petite dernière à la voiture familiale en passant par le frigo qui ne refroidit plus, les makotes ne se refusent rien, ils déversent leurs déchets où bon leur semble.

Les autres, ils n’en ont clairement rien à faire. La dengue, pareil. La nature, pareil. Bref, ces gens-là ne pensent qu’à eux et à rien d’autre. Difficile de les qualifier sans jugement de valeur. Les termes " imbéciles " et " mal-élevés " sont ceux qui viennent très vite en tête. Mais le mot en créole qui définit le mieux ces sagouins, c’est sans doute " makotes ".

Sans vergogne et en catimini, parce que ce ne sont pas les plus courageux bien sûr, ils déposent leurs déchets, leurs ordures, leurs immondices dans des lieux publics. Machine à laver, carcasses de véhicule, parpaings, vêtements, tôle… Tout, tout, tout, ils n’ont pas de limite. Tant pis pour la pollution visuelle, tant pis pour la pollution des sols, tant pis pour tout car seule leur flemmardise compte. Combien de temps faudra-t-il pour que leurs détritus se décomposent dans la nature ? Ils n’en ont cure. Pour avoir un ordre d’idée, une canette de soda mettra entre 10 et 100 ans à se désagréger, une bouteille en plastique entre 100 et 1.000 ans.

Fainéants et insolents, ces odieux personnages n’ont aucun scrupule à dévisager les plus beaux paysages de l’île avec leurs saletés. C’est comme cela qu’un tas de déchets s’est retrouvé sur la route du Volcan, que le lit de la rivière Saint-Etienne est devenu une décharge à ciel ouvert et certains bassins, cascades, aires de pique-nique des hauts-lieux de rassemblement de makotes. Et évidemment, quand il y en a un, il y en a dix disait l’autre, il suffit qu’un sagouin laisse quelques déchets pour que le lendemain, on en retrouve une montagne.

À croire que certains n’ont pas retenu les enseignements de l’épidémie de chikungunya qui avait secoué l’île il y a une quinzaine d’années. Ces saletés sont de véritables nids à moustiques. Ce sont peut-être eux, les patients zéro de l’épidémie.

- Les vrais défenseurs de l’environnement, ce sont eux, ces bénévoles, ces activistes -

Alors que font les pouvoirs publics ? " Ce qu’ils peuvent " répondront-ils sans doute car pour eux, le combat contre la dengue ne se fait pas à armes égales. Opérations de démoustication, sensibilisation auprès de la population, mobilisation des équipe de l’ARS, des pompiers, des effectifs du RSMA…. Pourtant le virus prolifère toujours, même plus. La plus grande crainte des autorités : un scénario du même genre que celui du chikungunya.

Malgré leur bonne foi, on peut tout de même douter de la volonté de certains à venir à bout du phénomène. Car de l’argent, il y en a mais tout dépend la manière dont il est employé. Dans le cas du tas d’ordures sur le bas côté de la route du Volcan, signalé à plusieurs reprises à l’intercommunalité en charge du ramassage des déchets, il faudra plus d’un mois pour faire place nette.

Alors l’opinion publique s’offusque, pointe du doigt ces makotes, les traitant de tous les noms, les rendant responsables de tous les maux. Mais à quoi bon ? C’est mal, ça oui, on le sait déjà. Et après ? Qu’est-ce qu’on fait pour changer cela ? C’est bien beau de s’offenser et d’implorer tous les saints mais plutôt qu’être spectateur ne faudrait-il pas devenir acteur ?

Car oui, les vrais défenseurs de l’environnement, ce sont eux. Ces bénévoles, ces activistes qui chaque week-end arpentent les sentiers, les sites touristiques, parfois même les endroits les plus reculés de l’îles pour ramasser et effacer la bêtise humaine. Et ils ne s’en vantent pas. Finalement, ceux qui font le plus de bruit font le moins d’effort. Et si plutôt que de s’offusquer bien installé dans votre canapé, vous chaussiez vos plus belles chaussures de randonnée ?

fh/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

LouisP, Posté
Eh bien non, je ne chausserai pas mes chaussures de randonnée (j'en ai pas). Non je ne ramasserai pas la taye des autres, je ne suis pas leur esclave. Si les élus menaient une vraie politique zéro tolérance dépôts sauvages avec fortes amendes, ou travaux d'intérêt général eh bien ça se calmerait mais voilà... on ne fait rien.
Après néna les donneurs de leçons. Vous ramassez ? Très bien. Mettez donc 2 carcasses auto dans votre poche gauche, la machine à laver dans celle de droite, la batterie sous le bras et le bidon d'huile de vidange sous l'autre... ah zut, na plus de place pour prendre le sachet surprise vous savez celui qui pue...
Dans le mur, Posté
Arrêter de parler d'année de dégradation d'une bouteille en plastique, plus grave elle se décompose en milliards de microparticules de polymères .
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