Du bruit, toujours du bruit :

La Réunion, île intense... et bruyante


Publié / Actualisé
Des scooters en pleine nuit, des chiens qui aboient, des voisins qui font la fête jusqu'au petit matin... les sources de nuisances sonores sont nombreuses sur l'île, de jour comme de nuit. Gendarmerie et police sont appelées tous les soirs pour tapage nocturne, et se mobilisent parfois au détriment d'autres interventions plus urgentes. Cette pollution sonore fatigue beaucoup de riverains.
Des scooters en pleine nuit, des chiens qui aboient, des voisins qui font la fête jusqu'au petit matin... les sources de nuisances sonores sont nombreuses sur l'île, de jour comme de nuit. Gendarmerie et police sont appelées tous les soirs pour tapage nocturne, et se mobilisent parfois au détriment d'autres interventions plus urgentes. Cette pollution sonore fatigue beaucoup de riverains.

Catherine vit sur Saint-Leu depuis 5 ans, avec son mari et ses deux enfants. Pourtant la famille prépare déjà ses bagages : dans deux mois ils rentreront en métropole. "On part en grande partie à cause du bruit", nous explique Catherine. Depuis un an, "c’est l’enfer" nous dit-elle : des fêtes sauvages jusqu’à 6h du matin, environ 3 fois par semaine.

Premier problème : les rondavelles. Catherine ne remet pas en question les deux rondas situés aux extrémités, qui selon elle, ont respecté les règles : "les gérants ont mené les tests demandés concernant l’impact du bruit sur le voisinage, et à 21h30 les concerts sont finis". Elle s’attaque par contre à la ronda située au centre : "nous n’avons jamais eu les résultats des tests sonores, on doute même qu’ils aient jamais été faits", nous confie-t-elle. Résultat : de la musique à fond toute la nuit, et tous les dimanches soirs, veille d’école pour ses enfants.

Mais la présence de cette ronda est loin d’être le seul problème. Ce que vise surtout cette riveraine, ce sont bien les fêtes sauvages organisées sur la plage. La maison de Catherine se trouve dans une rue perpendiculaire, située entre le front de mer et la rue principale de Saint-Leu. Elle est donc impactée de plein fouet par les sonos installées sur le sable. "Ce sont toujours les mêmes", explique cette habitante. "Des jeunes de 20 ans environ, qui branchent leurs sonos sur les prises du marché".

Elle et son mari ont déjà essayé de régler le problème par eux-mêmes, en allant à la rencontre de ces groupes de fêtards. "L’alcool les rend agressifs et on nous a toujours envoyés balader, sans jamais baisser la musique malgré nos demandes insistantes". Ses voisins sont dans le même cas : plusieurs d’entre eux ont tenté d’intervenir, sans succès. En attendant, ses deux enfants, en primaire et en collège, se réveillent en pleine nuit, et ont "des cernes en partant à l’école."

La gendarmerie est surchargée d'appels

Comme la plupart des riverains souffrant du tapage nocturne, Catherine a appelé les autorités plusieurs fois : "On a tout tenté : la gendarmerie, la police, la mairie. Parfois ils interviennent, parfois non." La gendarmerie nous le confirme : les appels pour nuisances sonores, c’est tous les soirs, qu’il s’agisse d’ailleurs de fêtes sur le sable ou de musique trop forte chez les voisins. En 2018, la gendarmerie liste 2 286 interventions sur toute l’île pour des questions de tapage nocturne. Une moyenne donc de 190 interventions par mois ! "Un chiffre énorme", nous dit-on.

En effet, une brigade sur quatre en moyenne intervient pour des questions de musique trop forte ou de cris en pleine nuit : des problèmes liés au bruit. "Pendant ce temps-là, cela nous détourne de notre mission première de service public", se désole-t-on à la gendarmerie. La plupart du temps il s’agit de problèmes de voisinage. Quant aux gens qui se plaignent souvent de ne voir aucune intervention, malgré des appels répétés, c’est tout simplement car la gendarmerie priorise d’autres interventions : violences, cambriolages, accidents, etc. "C’est une vraie problématique pour nous", nous explique-t-on, et les effectifs pour intervenir partout ne sont pas suffisants.

En immeuble : les bailleurs sont abonnés absents

Mais le bruit continue et les riverains comme Catherine sont excédés. Erick Fontaine, administrateur de la CNL (Confédération nationale du logement) à La Réunion, le voit bien dans certaines résidences. "Ce n’est pas qu’une question de respect : c’est une question d’aménagement. Beaucoup d’immeubles ne sont pas adaptés et les êtres humains ne sont pas faits pour vivre en cage. Cela entraîne forcément des nuisances sonores et des tensions entre voisins".

Dans les parties communes : des apéritifs, des barbecues… des moments conviviaux mais qui peuvent vite se transformer en cauchemar pour les voisins. "On observe de plus en plus de plaintes", ajoute Erick Fontaine. Musique à fond, cris, hurlements… le problème ne fait qu’augmenter. Le coeur de cette problématique venant selon lui des bailleurs, qui construisent "de vrais ghettos" et se délestent de toute responsabilité en cas de problème.

Il donne notamment l’exemple d’un immeuble à La Possession : 2 000 personnes sont réparties sur 5 immeubles seulement. "Les locataires m’appellent régulièrement pour me dire qu’ils n’en peuvent plus", explique-t-il. Or, les bailleurs ne mettent souvent rien en oeuvre pour régler ce problème de nuisance sonore. "Quand je les appelle, ils me répondent qu’il faut 3 plaintes de locataires avant d’envisager une intervention, mais c’est faux, aucun texte de loi ne le spécifie." Selon lui il en va de la responsabilité du bailleur : il se doit d’intervenir tout de suite. "Il arrive que certains bailleurs ne répondent pas du tout".

Résultat des courses : les locataires finissent par fuir leur logement. "Pourtant c'est important de leur dire qu'il y a des textes de loi, ils peuvent attaquer le bailleur en justice en cas d'inaction", rappelle Erick Fontaine.

mm/www.ipreunion.com

   

15 Commentaire(s)

Julien, Posté
l'enfer, c'est les autres, et on est tous l'autre de quelqu'un... VERBALISATIONS !!!!!!! la semaine dernière, nous sommes allez au " calme " camper en forêt, résultat des comptes, nous avons été littéralement entouré par deux campement transformé en boite de nuit , a 1700 m d'altitude dans un parc regional !! mais on va t on ? !!! C'est inadmissible. les gens n'en ont rien a faire de ce qui se passe en dehors de leur petit entourage, les autres, quoi ? hein ? qui ? bref, ceci vient d'un manque d'education certain et maintenant il faut taper sur leurs doigts sinon ils ne comprendront jamais...
Que dire du voisin qui passe s debrouissalleuse un dimanche matin a 8 heures, de toute façon avec 2 gendarmes pour un secteur qui va de l'étang salé a Saint Paul... que voulez vous faire .... bref bon " WE 3, la mon voisin comme tous les dimanches nous empêchent de prendre gentiment le petit déjeuner sous notre varangue car il tond....
Ticok, Posté
vous n avez pas eu , chère Catherine, l'idée de déménager ailleurs sur l'île ou à St Leu ???
Ticok, Posté
Oui tout ce bruit est réel par contre :
Il va falloir vous mettre au courant de la loi car le terme tapage nocturne n'existe plus depuis longtemps. On parle de nuisance sonore sans différencier jour ou nuit et c est important.
Yabeleso, Posté
L'éducation n'existe pas chez nous, les enfants roi deviennent des adultes irresponsables et des sauvages ...
Piton des neiges, Posté
Les personnes qui ont 1 minimum d'éducation subissent tout ça .Les autres rien à foutre ! Aucun respect.
Moustic pli for, depuis son mobile, Posté
aucune notion de respect pour qui ont été tétanisé par divers bruits épouvantable.
Citoyen56, depuis son mobile, Posté
Ce problème de nuisance est récurrent à la Reunion. Mais contrairement à ce que dit M. Fontaine la promiscuité n'explique pas tout, le problème majeur étant un minimum d'éducation et de respect de l'autre
J'habite près de l'église de la Trinite à Montgaillard . Chaque jours de la srmzine je suis ennuyé par le bruit de véhicules au pot D'échappemt modifié, aux multiples aboiements de chiens. Et le week-end ce sont les bruits de musique de personnes pique- niquant et par des animations au skate park ou dans le parc de la Trinité. Comment est il possible que les autorités municipales ou policières acceptent ses nuisances sonores sans reagir? Il me semble que la tranquillité et la sécurités des citoyens est le coeur même des missions de police et gendarmerie.
Comme d'autres je vais quitter la Réunion pour de multiples raisons dont celle la. La vie quotidienne à la Réunion est bien différente de celle des cartes postales.
Feuilsonge, Posté
La question des bailleurs sociaux représente une réelle problématique. En revanche, la question de la villr se pose.
Piton des neiges, Posté
Vrai.Je confirme aucun respect .Le buit,les chiens qui aboient sans arrêt ect...il y a quand même des gens respectueux .Mais ils sont tellement rare
Oui mais, Posté
Et que dire du voisin maniaque qui passe la débroussailleuse et le souffleur tous les 3 jours. Il existe pourtant du matos à batterie maintenant. Même les mairies s'y mettent lors du nettoyage des routes.
Une lectrice, Posté
C'est aussi une question d'education... j'habite dans un lotissement où il y avait du calme puis il y a eu la construction d'un immeuble, lorsque que les gens on a emménagé leurs enfants ont commencé a traîner et là les nuits sont devenu plus bruyantes qu'est-ce q'un Jeune de moins de 16ans fait dehors à 2h du mat ? Et lorsque tu demandes à ses jeunes de parler moins fort ils te disent qu'il ont rien à foutre ils parlent fort si ils Veulent... toi parents tu éduques ton gamin dans le respect mais pas dans la violence
Nostalgie, Posté
Oui, un des plus grands fléaux à la Réunion parmi la violence, l'alcool, la drogue, le sucre, les embouteillages, les incivilités: c'est le bruit quotidien de jour comme de nuit. La Réunion avec ce fléau se positionne au même niveau que les plus grandes villes de France et des États-Unis réunies. Il n'y a personne pour verbaliser: les voitures â?oeBoîtes de nuit? qui roulent sur nos routes jour et nuit, les motos et voitures avec des pots d'échappement assourdissant (vivement le tout électrique!), les jeunes qui se baladent dans les rues avec des enceintes à fond les volumes (le casque n'est qu'un habit de mode), les propriétaires de voiture équipée d'alarme défectueux qui se déclenche jour et nuit à cause d'une brindille qui est tombée sur la voiture, les gens qui hurlent depuis la rue devant les immeubles pour appeler leur famille ou ami qui se trouve dans ces immeubles (alors qu'il est plus simple d'utiliser un téléphone ou de sonner à la porte pour se parler?), les fêtes diurnes ou nocturnes bruyantes qui n'ont qu'un seul but faire un maximum de bruit pour nuire à la tranquillité du voisinage, pour faire leurs intéressants (qu'on parle d'eux dans le voisinage comme des stars), les conversations à très haute voix dans un rayon du supermarché ou au coin d'une rue en ville ou à table dans un restaurant où la pièce est exiguÃ", les gens qui claquent tellement fort leur porte quand ils rentrent chez eux que les vitres de tout l'immeuble en tremble (c'est peut être la faute à la mauvaise qualité des vitres?) Bref tout ça pour vous dire que notre île est polluée par le bruit et qui dit â?oebruit?, dit â?oestress?, qui dit â?oestress? dit maladie ou violence. Alors, moi j'ai choisi ni l'un ni l'autre, je préfère lutter contre le bruit et je veille à ne pas déranger ceux qui m'entourent.
Vrai, Posté
Excellent article. Dans les résidences des bailleurs sociaux c'est pire. Vraiment c horrible. Du lundi au dimanche de jour comme de nuit c la fête, la sono à fond avec les appartements qui tremblent. Il n'existe aucun respect, aucune courtoisie. Les locataires vivent un véritable cauchemars. N'ayant pas la possibilité de déménager c'est l enfer pour les locataires. Et bien-sÃ"r le bailleur ne fait rien en cas de plainte.

Gecko, Posté
Et que dire des soirées électro très régulières à la pointe au sel. Grosses basses assurées pour tous habitants de Piton et ce jusqu'à 10 heures du matin.
Les maisons tremblent.
GERVAIS, depuis son mobile, Posté
Un article sur Catherine.
J'habite le même endroit à part le dimanche soir rien de bien grave.
Illustration : Kwa Films

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