Piton de la Fournaise :

Volcan : un mois d'éruption et des niveaux toujours aussi élevés


Publié / Actualisé
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Après un mois d'éruption, la préfecture a décidé ce vendredi 25 septembre 2015 de faire un point de situation. "Le niveau de l'ensemble des indicateurs mesurés [...] reste élevé et constant", indiquent les services de l'Etat qui rappellent les consignes de sécurité à suivre suite au décès survenu cette semaine. De son côté, l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise est revenu sur les différentes phases de l'éruption. Nous publions ci-dessous le dernier bulletin de l'OVPF dans son intégralité.
Après un mois d'éruption, la préfecture a décidé ce vendredi 25 septembre 2015 de faire un point de situation. "Le niveau de l'ensemble des indicateurs mesurés [...] reste élevé et constant", indiquent les services de l'Etat qui rappellent les consignes de sécurité à suivre suite au décès survenu cette semaine. De son côté, l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise est revenu sur les différentes phases de l'éruption. Nous publions ci-dessous le dernier bulletin de l'OVPF dans son intégralité.

"Depuis les trois derniers bulletins en date du 14, 17 et 20 septembre, la situation est stabilisée dans son ensemble qu’il s’agisse de la sismicité, des déformations et des flux de gaz. L’ensemble des indicateurs reste cependant à des niveaux élevés comme cela a été précisé dans les derniers bulletins.

Si l’on souhaite établir un bilan depuis le 24 aout 2015. De façon synthétique 5 phases peuvent être distingués.

Le premier correspond au pic maximum d’activité enregistré lors de l’ouverture des fissures suivi d’une baisse du dégazage et de la hauteur des fontaines.

Suivent 17 jours constituants trois ensembles de variations de l’activité sur des périodes de 3 à 8 jours. Ces variations peuvent être liées à une intensification du phénomène éruptif (dégazage, fontaines et débit de lave). Nous observons également que la croissance du cône et que la fermeture des fissures (donc de la dimension du système d’alimentation) engendrent une concentration de l’activité et une augmentation de la vibration du sol (tremor volcanique).

Depuis le 14 septembre, la tendance générale est constante. Cependant il est important de noter l’existence de pics qui représentent des variations rapides à la hausse ou à la baisse.

Sur la seconde figure, l’échelle verticale est augmentée sur la période éruptive.

Ces deux courbes illustrent le fait que depuis le début de l’éruption, la déformation enregistrée n’a pas montré de déflation significative comme c’est le habituellement cas après l’ouverture des fissures. Ces figures illustrent la déformation sommitale mais il en est de même à la base du cône sommital et à distance de ce dernier.

Ces mesures montrent que l’édifice est maintenu sous pression depuis le début du phénomène. Dans le détail, il est important de noter que depuis le 10 septembre, l’édifice est même en inflation.

Le débit de lave, enregistré par satellite, a été très important dans les premières heures de l’éruption (60 m3s-1). Depuis, il s’est stabilisé entre 5 et 10 m3s-1. Dans le détail nous notons deux temps une tendance à la baisse entre le 28 aout et le 7 septembre puis une tendance à l’augmentation depuis le 7 septembre. A noter que ces augmentations de débit sont précédées à plus ou moins long terme d’un pic de CO2 (Figure 2 b et c) qui est un gaz libéré en profondeur.

Les mesures de déformation, de flux de gaz, de sismicité et de débit tendent à montrer qu’un flux (gaz et/ou magma) profond affecte l'éruption actuelle.

Sur le site éruptif :

  • Les fontaines sont beaucoup moins fréquentes et moins hautes,
  • Le cône éruptif atteint maintenant une trentaine de mètres de haut environ,
  • De nombreuses coulées de lave se mettent en place après circulation plus ou moins longues dans les tunnels. Dans la nuit du 22 au 23 septembre, un long bras de coulée s’est mis en place à l’ouest du champ de lave édifié depuis le 24 aout (Figure 4). En résumé, les coulées s’installent suivant deux directions préférentielles : vers le rempart sud (3 bras depuis le 24 août dont le plus long est de l’ordre de 3 Km) et vers l’est où la coulée la plus longue est inférieure à 3 km,
  • Depuis le vendredi 18 septembre, un panache blanc est très visible au dessus des deux bouches encore en activité. Cette couleur est liée à une forte teneur en vapeur d’eau du panache. Cette eau est contenue dans le sol et dans l’atmosphère. Elle est se vaporise au contact de régions chaudes. Pour l’heure la vaporisation est passive (elle n’a pas engendré d’explosion). Comme évoué dans le précédant bulletin certaines éruptions de la Fournaise ont connu par le passé une activité explosive locale de type phréato-magmatique."
   

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