Ça s'est passé un 5 avril 2007 :

L'effondrement du Dolomieu et l'éruption du siècle racontés en 78 photos


Publié / Actualisé
C'était il y a dix ans. Le 5 avril 2007, au quatrième jour d'éruption du Piton de la Fournaise, le cratère Dolomieu s'effondre. La "figure" du volcan change. Définitivement. C'est l'une des conséquences principales de cette colère volcanique où 220 millions de mètres cubes de lave sont expulsés des entrailles de la terre. Le phénomène est qualifié aujourd'hui encore d'"éruption du siècle". Ce qui ne lui rend pas totalement hommage. Car pour Nicolas Villeneuve, volcanologue à l'Observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise, c'est en fait "la plus grande éruption jamais observée par l'homme à La Réunion". À travers 78 images à couper le souffle choisies parmi les milliers d'images réalisées par notre photographe au cours de l'éruption, Imaz Press vous propose de revivre ce moment majeur de l'histoire du Piton de la Fournaise.
C'était il y a dix ans. Le 5 avril 2007, au quatrième jour d'éruption du Piton de la Fournaise, le cratère Dolomieu s'effondre. La "figure" du volcan change. Définitivement. C'est l'une des conséquences principales de cette colère volcanique où 220 millions de mètres cubes de lave sont expulsés des entrailles de la terre. Le phénomène est qualifié aujourd'hui encore d'"éruption du siècle". Ce qui ne lui rend pas totalement hommage. Car pour Nicolas Villeneuve, volcanologue à l'Observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise, c'est en fait "la plus grande éruption jamais observée par l'homme à La Réunion". À travers 78 images à couper le souffle choisies parmi les milliers d'images réalisées par notre photographe au cours de l'éruption, Imaz Press vous propose de revivre ce moment majeur de l'histoire du Piton de la Fournaise.

Le Dolomieu s'effondre

Quelques jours après le début de l'éruption, la face du volcan change complètement après un effondrement gigantesque. Le 5 et le 6 avril, environ 90 millions de mètres cubes de roches s'effondrent et la configuration du cratère est totalement modifiée. D'autres effondrements, moins conséquents, sont constatés dans les quinze jours qui suivent le premier événement. "Le 5 avril au matin, vous auriez pu marcher à l'intérieur du Dolomieu", se souvient Nicolas Villeneuve. 48 heures plus tard, il s'était effondré de 350 mètres environ. Là encore, c'est une première: jamais un effondrement aussi important n'avait été observé par l'homme, au Piton de la Fournaise.  

Des fontaines de plus de 200 mètres de hauteur

Même si, comme 97% des éruptions du Piton de la Fournaise, l'épisode de 2007 s'est produit dans l'enclos, sa localisation n'en est pas moins inédite. Selon les travaux des scientifiques, la quasi-totalité des éruptions a lieu en partie haute du volcan, au dessus de 1800 mètres, alors qu'en 2007, l'éruption a lieu à "seulement" 550 mètres d'altitude. 

"En moyenne une éruption dure une vingtaine de jours et produit 8 millions de mètres cubes de lave, rappelle Nicolas Villeneuve. L'éruption de 2007, elle, a produit 220 millions de mètres cubes de lave". De plus, au vu de la localisation de la coulée, la lave est très vite arrivée à la mer. Les scientifiques estiment que le débit aurait atteint 200 mètres cubes par seconde, alors que lors des dernières éruptions, il était en moyenne de 17 mètres cubes par seconde.

Autre fait marquant, l'évent crachait des cendres, visibles encore plusieurs mois plus tard sur le toit des maisons du Tremblet, et des fontaines de plus de 200 mètres de hauteur, "bien supérieures à la hauteur du rempart", remarque Nicolas Villeneuve. Certes, on est loin des fontaines de l'Etna, qui dépassent les 500 mètres, mais "généralement, les fontaines de lave observées à La Fournaise sont de l'ordre d'une vingtaine à une cinquantaine de mètres de haut", selon le scientifique.

Il pleut du jus de citon et du sable

La rencontre entre la lave et l'océan indien déclenche des réactions chimiques en chaîne. Ainsi, la lave brûlante - 1200 degrés environ - entre en contact avec une eau à une vingtaine de degrés. Résultats, la table des élements s'affole : dioxyde de carbone, dioxyde de souffre, acide chloridrique et sulfurique..."On a un panache de vapeur d'eau qui monte, qui est acide", détaille Nicolas Villeneuve. La zone est alors arrosée par des pluies très acides: "le PH relevé est de deux, ce qui est équivalent à du jus de citron", compare le scientifique. 

A l'époque, les habitants du Tremblet, qui ont été évacués, "prennent des pluies acides, qui peuvent eventuellement picoter la peau", avec du sable en prime, ils ont du mal à respirer, "et quand ils se tournent vers les nuages ils voient des grands éclairs. On serait 200 ans en arrière, on comprendrait que certains prient les dieux et croient en la fin du monde". 

Les scientifiques trouveront également la trace du panache de dioxyde de souffre jusqu'à 10 000 mètres d'altitude, là où circulent les avions, et jusqu'en Australie. 

La route, coupée pendant sept mois, n'a toujours pas "refroidi"

Autre conséquence de cette éruption hors norme: la coulée traverse la RN2. L'axe, emprunté quotidiennement par 3000 véhicules, est coupé sur un kilomètre et demi. A l'endroit choisi par les spécialistes pour refaire la route, plus de soixante-dix mètres de lave sont entassés et les tunnels de lave font plusieurs mètres de haut. Bonus: à chaque pluie, "la route est recouverte par un épais brouillard, lié à la vaporisation de l'eau", raconte Nicolas Villeneuve.

"Cette route est toujours sur une coulée qui par endroit est encore chaude, même dix ans après, insiste le scientifique. On pense qu'il faudra plus de 25 ans pour qu'elle refroidisse complètement. Il y a 5 ans, les modélisations physiques montraient un coeur encore liquide."

La rencontre de la lave et de l'océan fait émerger des poissons étranges

La lave est arrivée très vite à la mer. Les scienfiques établieront que la coulée de lave est descendue jusqu'à 800 mètres de profondeur. Le 7 avril, la surface maximale de la plateforme nouvellement créée sur le mer était de 50 hectares. Néanmoins, "une grande partie de ces banquettes, très instables, va disparaitre rapidement, emportées par la houle", nuance Nicolas Villeneuve.

Grâce à des images satellites, les scientiques ont pu observer que sur plus de 140 kilomètres carrés, la température de l'océan en surface avait grimpé de trois degrés, rapporte Nicolas Villeneuve. Du coup, certains poissons ont cuit sur place. Dans la journée du 8 avril 2007, les scientifiques en repêchent des centaines, très étranges, probablement issus des grandes profondeurs (lire notre reportage datant du 9 avril 2007)

 

La Cité du Volcan célèbre les dix ans de l'éruption de 2007, samedi 8 avril :

L'équipe scientifique de la Cité du Volcan propose une grande journée thématique le 8 avril 2017. Ces projections et conférences auront lieu dans l'auditorium de la Cité du Volcan. L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Retrouvez le programme détaillé

ch/mb/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Mary, Posté
Un cauchemar cette époque pour nous habitant du tremblet. On en souffre encore après 10 ans, nous étions les oubliés du monde et on en a beaucoup souffert. A l'heure actuelle je ne peux même plus voir le volcan en photo tellement j'ai été traumatisée. Spectacle pour les uns et cauchemar pour les autres.😭😭😭