Avec des mesures électriques jusqu'à 900 mètres de profondeur :

Après la Sicile, La Réunion - Le Piton de la Fournaise passé au radar


Publié / Actualisé
Du 2 au 21 mai 2017, une mission d'envergure de tomographie électrique prendra ses quartiers sur le Piton de la Fournaise. Après une première expérimentation sur l'Etna, en Sicile, c'est au tour de La Réunion de passer sous le radar de ce protocole qui plongera jusqu'à 900 mètres de profondeur. L'objectif : mettre en images la structure superficielle de l'édifice pour mieux comprendre les risques associés à un potentiel glissement. Chaque année, le flanc est du volcan a tendance à glisser de deux centimètres.
Du 2 au 21 mai 2017, une mission d'envergure de tomographie électrique prendra ses quartiers sur le Piton de la Fournaise. Après une première expérimentation sur l'Etna, en Sicile, c'est au tour de La Réunion de passer sous le radar de ce protocole qui plongera jusqu'à 900 mètres de profondeur. L'objectif : mettre en images la structure superficielle de l'édifice pour mieux comprendre les risques associés à un potentiel glissement. Chaque année, le flanc est du volcan a tendance à glisser de deux centimètres.

Explorer le volcan en allant jusqu'à 900 mètres de profondeur, c'est le pari d'une mission menée par l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, en collaboration avec l'université et une société privée. Ce projet a pour but de mettre en images haute résolution la structure interne du volcan et d'observer son agencement jusqu'à un kilomètre sous nos pieds. C'est la première fois que le protocole sera testé en France : il a été expérimenté une seule fois sur l'Etna, en Sicile, durant l'année 2015.

Le défi sera exacerbé par la nature du terrain réunionnais. Pentu et recouvert de coulées, il rend le cheminement beaucoup plus délicat. "Ce que l'on veut étudier en priorité, c'est le glissement du flanc est. Donc on va être un peu hors des sentiers battus, un vrai challenge pour nos équipes" indique Aline Peltier, directrice de l'observatoire volcanologique. La mission, qui va s'étaler sur une vingtaine de jours, se divisera en deux parties : le terrain et le traitement. Sur le terrain, les scientifiques devront étendre des câbles sur une grande partie de l'édifice pour permettre une imagerie en 2D via des électrodes espacés de 60 mètres. Du courant y sera injecté et récupéré. Les lignes, qui traverseront les profondeurs du volcan, témoigneront de la résistance de la roche.

- Une technique pour comprendre l'instabilité du flanc est -

À terme, cette technique permettra de "comprendre l'instabilité sous le flanc est du volcan". Le Piton de la Fournaise est ouvert sur la mer avec la structure même de l'enclos Fourqué. Ce flanc a tendance à "glisser de deux centimètres par an". L'observatoire tentera donc de déterminer si ce glissement en profondeur provient d'une déstabilisation profonde de la strucutre. "C'est de première importe pour comprendre les risques associé à un potentiel glissement, comme cela s'est déjà produit par le passé, il y a 4500 ans" rappelle la directrice. Un risque qui serait bien souvent "ignoré" dans un contexte de "volcanisme insulaire", comme c'est le cas sur l'île.

En parallèle, le Piton de la Fournaise continue sa phase de réalimentation en magma, à plusieurs kilomètres de profondeur. Si une éruption potentielle ne peut être prévue, l'observatoire rappelle qu'il n'y a toujours aucun signe que ce magma ait quitté la chambre magmatique. Tout en soulignant qu'un réveil du volcan peut parfois se révéler inattendu. La dernière éruption date du 31 janvier 2017. Le spectacle avait duré près d'un mois avant que le volcan ne se rendorme le 27 février. Imaz Press vous invite à (re)visionner ses survols d'un spectacle tout feu tout flamme. Retrouvez ici l'ensemble de nos reportages sur le Piton de la Fournaise.

mp/www.ipreunion.com

 

   

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