Dans un rapport du BRGM et de l'Observatoire volcanologique :

Les pires scénarios d'éruption envisagés


Publié / Actualisé
Le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publiait un rapport en février 2015 sur l'évaluation du risque volcanique et la prise en compte dans la gestion de crise. Le BRGM détaillait 15 scénarios élaborés avec leurs résultats. La première phase de ce projet, composée de deux études, comportait également une étude réalisée par l'Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise sur l'amélioration de l'aléa volcanique. Nous avons choisi d'en publier quelques uns afin de vous rendre compte de potentiels dégâts attendus. (Photo d'archives)
Le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publiait un rapport en février 2015 sur l'évaluation du risque volcanique et la prise en compte dans la gestion de crise. Le BRGM détaillait 15 scénarios élaborés avec leurs résultats. La première phase de ce projet, composée de deux études, comportait également une étude réalisée par l'Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise sur l'amélioration de l'aléa volcanique. Nous avons choisi d'en publier quelques uns afin de vous rendre compte de potentiels dégâts attendus. (Photo d'archives)

 

Cette publication de 2015 se concentre en particulier sur huit communes potentiellement les plus impactées par les aléas volcaniques. Saint-Pierre, Petite-Île, Saint-Joseph, Saint-Philippe, Sainte-Rose, Saint-Benoît, la Plaine des Palmistes et le Tampon.

Le BRGM recensait plusieurs enjeux de vulnérabilité. Voici quelques unes des différentes hypothèses retenues.

Lire aussi : Et si une éruption démarrait à La Plaine des Cafres

Au Tampon
 

Durée du scénario : 3 jours

Phase 1 : Ouverture de fissures dans la zone du Vingt-Troisième sur une longueur totale de l’ordre de 1.5km, projections de lave formant des petites fontaines d’une hauteur d’une quarantaine de mètres. L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes. À la fin de l’éruption, deux cônes de scories d’une dizaine de mètres de hauteur se sont formés.

Un volume de lave d’environ 4Mm3 s’est écoulé. Dans un périmètre de plusieurs centaines de mètres autour des fissures, les émissions de gaz et les dépôts de cendres sont importants. La plupart des toits en tôle en mauvais état et quelques toits en tôle en état moyen se sont effondrés blessant une dizaine de personnes. Le réseau d’eau potable est coupé en différent points. L’alimentation de tout le quartier est perturbée.

Deux réservoirs d’eau sont impactés. Une soixantaine de maisons est détruite par la coulée. Une dizaine de personnes est impliquée par les effondrements de toits en tôles. Plus de 100 personnes sont déplacées. La RN3 est totalement coupée au niveau du Dix-Septième. Les accès doivent se faire par les routes secondaires. Le réseau d'eau est coupé sur la trajectoire de la coulée et 1 réservoir d’eau est détruit. Tous les habitants du secteur sont privés d’eau potable. De nombreux incendies se déclenchent autour et au front de la coulée.

Saint-Pierre

Durée du scénario : 30 heures

Le choix de la zone correspond à une forte densité de cônes éruptifs, c’est-à-dire une zone où la probabilité d’occurrence d’un événement est plus probable que sur le reste du territoire de la commune. Par ailleurs la zone choisie est une zone à enjeu. Il s’agit du secteur de Piton Mont-Vert / Mont-Vert Les Bas.

Phase 1 : ouverture de fissures dans la zone du Piton de Mont-Vert sur une longueur totale de l’ordre de 2km. Des projections de lave forment des petites fontaines d’une hauteur d’une quarantaine de mètres. L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes (Phase 2). Après quelques heures, deux cônes de scories d’une vingtaine de mètres de hauteur se sont formés.

La lave s’écoule depuis les fissures. Au bout de 6h, la coulée principale a progressé jusqu’à Mont-Vert les Bas, impactant une cinquantaine de maisons sur son passage. Une partie du Piton Mont-Vert traversé par les fissures éruptives s’effondre, ensevelissant les maisons situées à proximité. Au bout de 30h, la coulée de Mont Vert a atteint le haut de la Ravine des Cafres les Hauts. Par ailleurs une coulée dans la ravine a atteint la mer 9h après le début des écoulements.

Au total 1.6 Mm3 de lave se sont écoulés après 30 heures. L’école de Mont Vert est isolée, les accès par la route sont coupés des deux côtés par des coulées. La mairie annexe est impactée par les coulées et isolée. Le collège Emilien-Adam-de-Villiers a été fortement impacté par la coulée. Ses ouvertures étant très vulnérables aux poussées latérales de type coulées de lave (vitres simples sans protection).

L’école primaire de Mont-Vert les Bas isolée (RD29 coupée par deux coulées de lave). 150 élèves évacués. Le collège Emilien Adam de Villiers évacué. Une centaine de maison directement impactées par les écoulements de lave détruites ou fortement endommagées et toutes évacuées. - 300 personnes sans logement. La mairie annexe évacuée, impactée par une coulée.

Saint-Joseph

Durée du scénario : 9 jours

La ville saint-joséphoise est concernée par différents scénarios. Nous choisissons de vous présenter le principal d’entre eux dans une zone à enjeu. Dans le secteur en amont de Langevin.  Phase 1 : Ouverture de fissures dans la zone située en amont du Piton Langevin sur une longueur totale de l’ordre de 3km. Des projections de lave forment des petites fontaines d’une hauteur d’une quarantaine de mètres.

L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes (Phase 2). Phase 3 : après quelques heures, trois cônes de scories une vingtaine de mètres de hauteur se sont formés au niveau des fissures. Un volume de lave d’environ 13Mm3 s’est écoulé sur une épaisseur d’environ 5m. 200 à 300 maisons sont impactées par les coulées. Les accès à Langevin sont totalement coupés par des coulées.

Une dizaine de personnes impliquées par les effondrements de toits en tôles. Plusieurs centaines de personnes sont déplacées et sans logement. Une cinquantaine de personne est bloquée à Langevin sans possibilité d’être évacué par voie terrestre. Toute la population de Langevin est impactée par les cendres en suspend dans l’air. De nombreuses crises d’asthmes sont répertoriées.

La RN2 est totalement coupée de part et d’autre de Langevin et au niveau du Plateau. Le réseau d’eau est coupé en plusieurs points sur la trajectoire de la coulée. Le trafic est totalement interrompu sur l’aérodrome de Saint-Pierre impacté par le panache de cendres.

Saint-Philippe

Durée du scénario : 25 jours

Le secteur retenu est celui situé en amont de Saint-Philippe, au nord du Piton Mare d’Arzule. Une zone à enjeu. Phase 1 : ouverture de fissures dans la zone située en amont du Piton Mare d’Arzule sur une longueur totale de l’ordre de 3km. Des projections de lave forment des grandes fontaines d’une hauteur d’une centaine de mètres. L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes (Phase 2).

Phase 3 : après quelques heures/jours, un cône de scories une vingtaine de mètres de hauteur s’est formé au niveau des fissures. Un volume de lave d’environ 32Mm3 s’est écoulé sur une épaisseur d’environ 5m. Les coulées ont atteint la mer au niveau de la Pointe de la Mare d’Arzule. Un panache de vapeur et d’acides de plusieurs kms se produit à l’interaction explosive de type phréatomagmatique entre la lave et la mer.

Un cône de scorie s’est formé à cette interface. L’interaction explosive lave-mer représente une source supplémentaire de cendres et de lappillis en plus de ce qui étaient émis au niveau des fissures éruptives. Une trentaine de maisons sont impactées par les coulées. Les accès à Saint-Philippe sont totalement coupés par des coulées : la RN2 est coupée de part est d’autre de Saint-Philippe.

Plusieurs centaines de personnes ont été évacuées. Une cinquantaine de personne est bloquée à Saint-Philippe sans possibilité d’être évacué par voie terrestre. Les habitants des Sables Blancs craignent l’arrivée de nouvelles coulées qui pourraient les impacter. Toute la population de Saint-Philippe est impactée par les cendres en suspens dans l’air. De nombreuses crises d’asthmes sont répertoriées. La caserne de pompier et la gendarmerie sont détruites par les coulées.

Piton de la Fournaise

Durée du scénario : 3 semaines

Le choix de la zone correspond à une forte densité de cônes éruptifs, c’est-à-dire une zone où la probabilité d’occurrence d’un événement est plus probable que sur le reste du territoire de la commune. Pas de présence humaine permanente dans la zone. Phase 1 : ouverture de fissures dans la Plaine des Osmondes au Nord du Piton de Crac et au travers du rempart à l’Ouest du Piton de Jouvacourt sur une longueur totale de l’ordre de 2.5km.

Des projections de lave forment des petites fontaines d’une hauteur d’une quarantaine de mètres. L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes (Phase 2). Les émissions de cendres durent environ 1 semaine, soit des pressions qui depassent 22.4kPa. Des petites quantités de cendres fines sont ramenées par le vent jusqu’à la Plaine des Palmistes.

Phase 3 : après quelques heures, un cône de scories d’une vingtaine de mètres de hauteur s’est formé au niveau des fissures. Un volume de lave d’environ 23Mm3 s’est écoulé sur une épaisseur d’environ 5m, atteignant la mer en aval. Les coulées ont atteint la mer. Un panache de vapeur et d’acides de plusieurs km se produit à l’interaction explosive de type phréatomagmatique entre la lave et la mer.

Un cône de scorie s’est formé à cette interface. L’interaction explosive lave-mer peut représenter une source supplémentaire de cendres et de lapillis en plus de ceux qui étaient émis au niveau des fissures éruptives. La population afflue autour des différents accès au volcan et à la coulée : Pas de Bellecombe, Grand Brulé/ Route des Laves par Sainte-Rose et par Saint-Philippe.

On dénombre d’importants embouteillages qui empêchent les forces de l’ordre et les secours d’atteindre normalement les zones impactées par les coulées. Certains habitants de la Plaine des Palmistes et les touristes présents au Pas de Bellecombe se plaignent de gènes occasionnés par les cendres dans l’air. La route RN2 est totalement coupée par la coulée sur 1.5km.

Sainte-Rose

Durée : 15 jours

La zone choisie est une zone à enjeu. Il s’agit du secteur situé en amont de Sainte-Rose, vers Piton Galets.  Phase 1 : ouverture de fissures dans la zone située en amont de Sainte-Rose, vers le Piton Galets sur une longueur totale de l’ordre de 3.6km. Des projections de lave forment des petites fontaines d’une hauteur d’une quarantaine de mètres. L’activité initiale caractérisée par les fontaines est suivie par des explosions stromboliennes (Phase 2).

Phase 3 : après quelques heures, deux cônes de scories une vingtaine de mètres de hauteur se sont formés au niveau des fissures. Un volume de lave d’environ 20Mm3 s’est écoulé sur une épaisseur d’environ 5m. Le centre-ville est évacué et en grand partie détruit par les coulées. Environ 300 personnes sont sans-abris. Tout le centre de Sainte-Rose est fortement impacté par les retombées de pluie acide et cendre émises par l’interaction de la lave et de la mer. La caserne des pompiers et la gendarmerie sont détruites par la coulée.

ts/www.ipreunion.com

   

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