[PHOTOS-VIDÉOS] Piton de la Fournaise (actualisé) :

Et si une éruption démarrait à La Plaine des Cafres


Publié / Actualisé
En raison du risque imminent d'éruption majeure du volcan Agung sur l'île indonésienne de Bali, des dizaines de milliers d'habitants fuient leurs maisons. Une situation similaire peut-elle se produire à La Réunion ? Aline Peltier, la directrice de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), répond à cette interrogation. Selon la scientifique, le pire scénario serait la formation d'un site éruptif à La Plaine des Cafres avec des coulées pouvant concerner les villes du Tampon et de Saint-Pierre. (Photos d'archives des éruptions de 2002 et 2007)
En raison du risque imminent d'éruption majeure du volcan Agung sur l'île indonésienne de Bali, des dizaines de milliers d'habitants fuient leurs maisons. Une situation similaire peut-elle se produire à La Réunion ? Aline Peltier, la directrice de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), répond à cette interrogation. Selon la scientifique, le pire scénario serait la formation d'un site éruptif à La Plaine des Cafres avec des coulées pouvant concerner les villes du Tampon et de Saint-Pierre. (Photos d'archives des éruptions de 2002 et 2007)

 

Des zones plus exposées

Aline Peltier insiste sur le risque permanent en cas de réveil de la Fournaise. Trois zones plus exposées aux éruptions hors-enclos avec une menace directe pour la population existent. On les qualifie de "préférentielles". Elles se situent au nord de l’enclos Fouqué, vers Bois Blanc et Piton Sainte-Rose. Au Sud au Tremblet et à Saint-Philippe et aussi dans la région des Plaines.

Le pire scénario imaginable

"On sait que parfois cela peut sortir de ces trois secteurs préférentiels. Imaginons le pire scénario avec une éruption qui s’ouvre dans la région des Plaines, du côté de la Plaine des Cafres. En-dessous, il y a Le Tampon et Saint-Pierre avec des coulées qui peuvent descendre. Cela peut aussi être le cas du côté de Saint-Benoît. Et si on veut être catastrophiste, le Piton des Neiges n’est pas éteint", détaille la scientifique, contactée par téléphone depuis l’Observatoire.

Lire aussi : Bali: des milliers d'habitants fuient la menace du volcan Agung

Un secteur très actif au plan volcanologique se trouve entre les Plaines et la route du volcan. Des éruptions peuvent toujours avoir lieu. La dernière éruption dans ce secteur date de moins de 300 ans.

"Cette troisième zone de rift est une zone préférentielle d’injection du magma qui peut être réactivée. Il y a toujours un risque pour la population quand on habite sur une île volcanique et un volcan actif. Que l’on soit randonneur sur le volcan ou un habitant de Saint-Philippe", ajoute la scientifique.

Les différences avec le volcan indonésien

Les archipels des volcans indonésiens ne possèdent pas le même mécanisme volcanique que le Piton de la Fournaise ou des Neiges.

"En Indonésie, il s’agit d’une zone de subduction avec des mécanismes explosifs et des magmas plus visqueux et des pressions importantes, ce qui aboutit à du volcanisme beaucoup plus explosif qu’à La Réunion", explique Aline Peltier. La Réunion a un volcan de type effusif avec un volcanisme de points chauds comme dans les îles d’Hawaï.

Des éruptions de type "explosif"

Des éruptions explosives étaient observées dans l'île mais cela reste extrêmement rare. "On a eu dans le passé récent au XIXème siècle des éruptions avec une petite explosivité au niveau du cratère Dolomieu par exemple avec des projections de blocs de plusieurs mètres de diamètre autour du cratère comme en 1860 et des cendres étaient observées jusqu’au large de Saint-Benoît comme en 1860", lance la scientifique.

Les écrits historiques montrent que les cendres étaient retombées à plus de 20 kilomètres de l’éruption. On doit d’ailleurs certainement la formation de l’enclos Fouqué à une grosse éruption qui a sûrement généré un tsunami lors de l'arrivée d'un grand volume de matériel en mer ayant pu avoir un impact sur les côtes réunionnaises.

Kan le volkan i désot la mer

Depuis 2000, cinq coulées atteignaient la route et donc la mer. Au XXème siècle, on en comptait 7 et 14 au XIXème siècle. Au cours des 200 dernières années, 7 éruptions avaient lieu hors de l’enclos. Le 14 janvier 2002, la coulée se jetait dans la mer pendant deux jours au niveau du lieu dit la Vierge au Parasol à Sainte-Rose. De quoi déclencher l’évacuation des habitants de Bois Blanc dans le cadre du dispositif de sécurité déployé à l’époque.

Lire aussi : Brusque arrêt de l'activité

Le 6 avril 2007 le village du Tremblet à Saint-Philippe était évacué après une fausse alerte. Des témoins signalaient la présence d’une lueur rouge à moins de 100 kilomètres des premières habitations. La majeure partie de la population regagnait dans la journée leur maison.

L’un des volcans les plus actifs au monde

L’OVPF publiait un rapport en février 2012 concernant l’évaluation de l’aléa volcanique à La Réunion. D’après la publication, notre Piton de la Fournaise constitue l’un des volcans les plus actifs au monde. Entre 1900 et 2010, on recense 136 éruptions dont 3 hors-enclos (1977, 1986 et 1998).

12 coupaient la route nationale dont 10 finissaient par atteindre la mer. 71 % des éruptions se produisent sur le flanc est. 17 % se déroulent exclusivement dans le Dolomieu dont seulement 13 % débutent par des fissures dans cette zone, progressant ensuite vers le flanc du cône sommital.

Pour rappel, le Piton de la Fournaise entrait en éruption à deux reprises cette année 2017. En janvier et en juillet derniers. Retrouvez tous nos reportages en cliquant sur ce lien ici. Vous pourrez aussi visionner à nouveau les images tournées par Imaz Press Réunion le jour de l'éruption, le 14 juillet.

— Imaz Press Réunion (@Ipreunion) 14 juillet 2017


 

Un feu d'artifices observé pour le jour de la fête nationale du 14 juillet. L'éruption démarrait à 0 h 50. Regardez cette série de vidéos.

ts/www.ipreunion.com

   

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