Nouvelle étude sur les éruptions volcaniques :

Savoir où va sortir la lave, ce n'est pas de la voyance, c'est de la science


Publié / Actualisé
Une nouvelle étude vient d'être publiée dans une revue scientifique américaine. Elle porte sur les éruptions volcaniques et les méthodes mises en place pour anticiper le lieu précis où la lave perce le sol. Imaginez... Flanc nord, flanc sud, ou à l'intérieur de l'enclos Fouqué ? Quand les séismes reprendront au Piton de la Fournaise, on pourrait un jour savoir où aura lieu exactement l'éruption. La science n'en finit pas de progresser, ça fait rêver. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Une nouvelle étude vient d'être publiée dans une revue scientifique américaine. Elle porte sur les éruptions volcaniques et les méthodes mises en place pour anticiper le lieu précis où la lave perce le sol. Imaginez... Flanc nord, flanc sud, ou à l'intérieur de l'enclos Fouqué ? Quand les séismes reprendront au Piton de la Fournaise, on pourrait un jour savoir où aura lieu exactement l'éruption. La science n'en finit pas de progresser, ça fait rêver. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les scientifiques pourraient bien, d'ici peu de temps, prédire avec précision les lieux des prochaines éruptions volcaniques. Une méthode "tout à fait applicable au Piton de la Fournaise" nous explique Aline Peltier, directrice de l'Observatoire volcanologique (OVPF). "Essayer d'anticiper au mieux l'endroit où perce la lave, c'est une méthode déjà bien connue de l'Observatoire, mais ici les chercheurs ont avancé sur les modèles de prédiction."

A la tête de l'étude, on trouve Eleonora Rivalta, qu'Aline Peltier connaît bien puisqu'elle est venue sur l'île il y a deux ans pour étudier le Piton de la Fournaise. Les chercheurs se sont basés sur les données récoltées en Italie, notamment à Naples et en Sicile pour établir leurs prédictions sur les volcans.

Mieux suivre la trajectoire du magma

Ces modèles, ce sont en fait des sortes de "schémas" qui, en se basant sur les éruptions précédentes, permettent de prédire où se dirige le magma, à la fois par déduction et en "suivant" la lave dès que les premiers signes d'éruption sont perceptibles.

Et comme le magma est "feignant" nous dit Aline Peltier, il va "là où c'est le plus simple". L'étude le dit : il choisit un chemin où la résistance est moindre. Ce sont donc les roches les moins compressées dans ce cas qui constituent la voie la plus accessible.

"On a ce qu'on appelle dans le jargon des "champs de résistance", ce sont les pressions dans le sol qui créent des ouvertures et font couler la lave plus loin" ajoute Aline Peltier. Jusqu'ici certains géologues estimaient qu'une nouvelle éruption avait de grandes chances d'avoir lieu au même endroit qu'une précédente éruption. Ici les chercheurs se penchent plutôt sur la thèse de l'alternance.

"Effectivement il y a la théorie de l'alternance", confirme Aline Peltier. "Souvent quand une éruption a lieu sur le flanc Nord, l'éruption suivante aura lieu de l'autre côté sur le flanc Sud. Tout simplement parce que la zone fracturée, où a eu lieu l'éruption, favorise la propagation du magma." Ainsi la lave "fuit ensuite à travers le paysage comme une limace" comme l'explique l'étude.

La lave ne perce pas la surface deux fois au même endroit

Les chercheurs estiment que l'endroit précis où la lave en fusion passe à la surface ne se fait pas deux fois au même endroit. Ils ont établi une carte qui permet de tracer les différents chemins possibles pour le magma. Une méthode utile pour les pays menacés par les éruptions volcaniques.

A La Réunion, la population n'est pas exposée de la même façon. Autre réserve de la directrice de l'OVPF : "à chaque éruption, il y a une marge d'erreur, et il y en aura toujours". D'autant plus que l'étude a été faite "sur des sites éruptifs très espacés dans le temps". A La Réunion au contraire, les éruptions sont assez rapprochées. "Même si ce genre d'étude marche pour n'importe quel volcan, parce que le magma évolue de la même façon, il ne faut pas oublier que le Piton de la Fournaise a une fréquence beaucoup plus grande et des éruptions de faible volume" ajoute Aline Peltier.

Mais dans tous les cas, la directrice de l'OVPF applaudit l'étude qui "permet d'avancer dans la prédiction des lieux des éruptions".

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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