1.8 million de m3 de lave émis lors de la dernière éruption (actualisé) :

Le Piton de la Fournaise a tremblé 1275 fois en octobre


Publié / Actualisé
Comme tous les mois, l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) partage le bulletin mensuel de l'activité du volcan. En octobre 2019, celui-ci a tremblé 1275 fois. Le mois a aussi été marqué par une éruption du 25 au 27 octobre. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Comme tous les mois, l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) partage le bulletin mensuel de l'activité du volcan. En octobre 2019, celui-ci a tremblé 1275 fois. Le mois a aussi été marqué par une éruption du 25 au 27 octobre. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Sismicité

Au mois d’octobre 2019, l’OVPF a enregistré au niveau du massif du Piton de la Fournaise au total :

  • 1265 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux;
  • 10 séismes profonds(> à 2 km de profondeur);
  • 234 effondrements (dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué et sur la coulée mise en place entre le 25 et le 27 octobre).

L’activité volcano-tectonique sous le sommet du Piton de la Fournaise en octobre2019 aura été principalement marquée par deux crises sismiques. La première crise sismique s’est déroulée le 21 octobre et a duré environ 40 minutes (207 séismes enregistrés le 21 octobre); cette crise fut accompagnée de déformation signifiant un départ de magma depuis le réservoir magmatique superficiel qui a ensuite avorté sous la zone sommitale.

La seconde crise sismique s’est déroulée le 25 octobre et a précédé l’éruption du 25-27 octobre 2019 (827 séismes enregistrés le 25 octobre). Lors de cette crise sismique les séismes étaient localisés sous la bordure sud-est du sommet, sous le flanc est du volcan et au niveau de la zone où les fissures éruptives se sont ouvertes après environ 10h25 de crise sismique.

Durant les 14 jours précédant l’éruption, du 11 au 25 octobre, une augmentation progressive de la sismicité a été enregistrée sous la zone  sommitale,  passant de 6 séismes  volcano-tectoniques  superficiels le 11 octobre à un  maximum de 32 et 19 séismes volcano-tectoniques superficiels les 17 et 20 octobre. Suite à la première crise sismique, la sismicité a continué à un niveau similaire avec respectivement 10, 24 et 24 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés les 22, 23 et 24 octobre.

Déformation

Après un arrêt observé depuis début septembre, l’inflation (gonflement) de l’édifice a repris aux alentours du 11 octobre 2019. La crise sismique du 21 octobre fut accompagnée de déformation signifiant un départ de magma depuis le réservoir qui a ensuite avorté sous la zone sommitale. En cumulé entre le 11 et le 24 octobre une élongation d’environ 3cm max. de la zone sommitale a été enregistrée.

Cette phase d’inflation est liée à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel localisé à 1,5-2km de profondeur sous le sommet, et précéda l’éruption du 25-27 octobre. L’injection du dike conduisant à l’éruption fut accompagnée de déformations rapides, de l’ordre de la dizaine de cm max. sur le réseau permanent de stations GPS. Suite à la fin de l’éruption du 25-27 octobre, l’inflation (gonflement) de l’édifice a repris aussitôt

Les signaux précurseurs

A long terme : l’éruption du 25-27 octobre 2019 a été précédée par 14joursd’inflation (gonflement) de l’édifice témoignant de la mise sous pression du réservoir magmatique  superficiel (localisé  aux  alentours  de  1,5-2  km sous la surface) et d’une augmentation de la sismicité. Cette phase de pressurisation a été précédée par des évidences de recharges magmatiques profondes avec une augmentation  des teneurs en CO2dans les émissions de la zone sommitale jusqu’au 27 septembre.

A court terme : le 25octobre 2019, à 04h15heure locale (00h15heure TU), une crise sismique, témoin de la rupture du toit du réservoir magmatique superficiel (sous la pression à l’intérieur) et de la propagation finale du magma vers la surface, est enregistrée. Au total, ce sont 827 séismes volcano-tectoniques superficiels  (<  2  km  de  profondeur)  qui  ont  été  enregistrés le 25 octobre. 

Cette crise fut accompagnée par des déformations rapides du sol. Rapidement, après moins d’une heure de crise sismique la localisation de la sismicité et de la source de pression en profondeur à l’origine des déformations rapides ont montré une propagation vers le flanc est du volcan

L’éruption

Le trémor, synonyme d’arrivée du magma proche de la surface, est apparu vers 10h40 heure TU (14h40heure locale) le 25 octobre. L’activité éruptive fut caractérisée par l’ouverture de deux fissures sur le flanc sud sud-est du volcan (à l’intérieur de l’Enclos Fouqué), à 1060 m et 990 m d’altitude. La première fissure éruptive (à 1060 m) n’a été active que très peu de temps, lors du survol effectué 2h30 après son ouverture, elle n’était plus active et l’activité se focalisait sur la fissure localisée à 990 m d’altitude

Du fait des pentes importantes  dans  le  secteur (pente  maximale  de 44%), les coulées ont  atteint  rapidement le bas des "Grandes Pentes", mais une fois arrivée sur la zone de replat, environ 1,5-2 km en aval du secteur du "Piton Tremblet", les coulées ont fortement ralenti, et le front de la coulée n’a pas beaucoup progressé le dernier jour de l’éruption du fait des faibles débits

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via les plateformes HOTVOLC (OPGC -université d'Auvergne) et MIROVA (université  de  Turin),  étaient  compris entre 7et  27 m3/sec, moyenné à 14 m3/sec sur l’ensemble de l’éruption. Ce débit moyen est considéré comme une valeur minimum, car la couverture nuageuse au niveau du site éruptif lors de l’éruption a pu atténuer les signaux perceptibles par les satellites. En raison de la localisation du site éruptif à basse altitude, un risque non négligeable que les coulées de lave atteignent la route était présent.

Les trajets de coulées de lave ont été modélisés en utilisant le modèle DOWNFLOWGO (LMV-Université Clermont Auvergne), et ont été communiqué à l'Etat-Major de Zone et de Protection Civile de l'Océan Indien lors de la gestion de crise. Compte tenu du débit d'épanchement moyen estimé pendant l’éruption de14m3/s, cette  simulation estimait que la coulée devait s’arrêter à environ quelques centaines de mètres de la route.

L’éruption s’est arrêtée le 27 octobre 2019 vers 16h30 heure locale après 1h de " gaz piston " ou " bouffées de trémor ". Environ 1.8 millions de m3 de coulées de lave ont été émis lors de cette éruption. Les coulées associées au site éruptif à 990m d’altitude ont parcouru 3,6 km, et le front de coulée s’est arrêtée à environ 230 m de la route nationale 2

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